L’opéra n’a jamais cessé d’inventer (et de réinventer) son orchestre. À côté des pupitres traditionnels surgissent, au fil des siècles, des instruments inattendus - tels le serpent, l’ophicléide romantique, le tuba wagnérien, l’harmonica de verre, la tôle à tonnerre ou la machine à vent - qui élargissent l’horizon sonore et nourrissent l’imaginaire dramatique. Cette conférence propose d’explorer l’histoire de ces timbres rares, de leur apparition à leur disparition, et d’interroger leur fonction : pourquoi introduire un instrument insolite dans la fosse d’orchestre ? De la solennité antique aux tempêtes spectaculaires, du sacré au fantastique, l’orchestre devient alors un laboratoire, « une machine immense dont l’artiste doit connaître tous les ressorts », selon Berlioz.
À travers partitions, citations de compositeurs et extraits d’écoute, nous entrerons dans la fabrique de nouvelles sonorités. Une traversée sensible et documentée, à la rencontre d’un orchestre fantasmé - celui que l’opéra ne cesse de rêver.