100.000e logement social : 18 ans d’actions pour l’accès au logement parisien

Ce jeudi 31 janvier 2019, à l'occasion de l'inauguration des logements sociaux du 45-47, avenue du Maréchal Fayolle, dans le 16e, la ville de Paris célèbre le financement du 100.000e logement social depuis 2001. L’occasion de revenir sur 18 ans d’engagement pour le logement social.


Premier poste de dépenses des Parisien·ne·s, le logement est la priorité de la Mairie de Paris. Cette volonté se traduit en un chiffre : 3 milliards d’euros d’investissement. Le logement constitue le premier budget de la mandature 2014-2020. Jamais dans son histoire, Paris n’aura consacré autant pour le logement.

Cette dynamique a été enclenchée dès 2001, sous l’impulsion de Bertrand Delanoë, puis poursuivie et amplifiée depuis 2014 par Anne Hidalgo. L’objectif ? Augmenter l’offre de logements à prix abordables dans Paris. Ainsi, chaque année, ce sont 10 000 nouveaux logements qui sont produits, dont plus de 7 000 logements publics.

Cette politique bénéficie aux plus modestes, aux familles de la classe moyenne, aux jeunes actifs et aux retraités, aux étudiants français et internationaux, mais aussi aux personnes en situation de handicap. C’est également un bénéfice pour la mixité sociale, identité de Paris, en stimulant les commerces de proximité et l’ensemble de la vie de quartier.

En investissant 3 milliards d’euros dans le logement, Paris choisit de soutenir l’emploi et l’économie française. Derrière la construction et la rénovation écologique, ce sont des femmes et des hommes des métiers du bâtiment, de la transition énergétique et de l’artisanat que Paris soutient.

Une politique forte pour développer l’offre de logements sociaux

Comme New York (68%) et Londres (52%), Paris est d’abord une ville de locataires : 60% des Parisien·ne·s louent leur appartement. 

À l’instar de toutes les métropoles dans le monde, les loyers parisiens ont connu une forte hausse. Entre 1995 et 2013, la progression a été de 79%. Les loyers sont évidemment plus bas dans le parc social (13 euros/m2, au maximum) que dans le parc privé (23 euros/m2, en moyenne) et les hausses annuelles plus faibles. Quand les loyers du privé augmentent de 33% en 10 ans, l’augmentation dans le parc social n’est pas supérieure à 2%.

Activer tous les outils législatifs et réglementaires pour élargir le parc social

Le 13 décembre 2000, le Parlement a adopté la loi SRU. Ce texte est le premier levier législatif permettant aux communes de développer le parc de logements sociaux, créant une obligation pour les communes les plus importantes de disposer d’au moins 20% de logements sociaux. Dès alors, à Paris, des objectifs ambitieux sont fixés dans chaque arrondissement. Puis, à partir de 2005, avec la signature entre l’État et le Département de Paris de la convention de délégation des aides à la pierre, Paris peut agréer elle-même les opérations de logement social et devient maîtresse de leur programmation.

Le Plan Local d’Urbanisme

En 2006, une étape décisive est franchie pour doter Paris de moyens forts permettant le développement du nombre de logements sociaux : la majorité municipale adopte un Plan Local d’Urbanisme (PLU) modifié, qui fixe des obligations strictes de réalisation de logement social et augmente la surface leur étant dédiée.

En mars 2014, la somme des logements livrés et de ceux en cours de construction atteint pratiquement l’objectif initial de la loi SRU, soit 20% de résidences principales en logement social. Le 18 janvier 2013, le Parlement a adopté la « loi Duflot 1 », qui revoit à la hausse les objectifs de la loi SRU : désormais, les communes doivent présenter 25% des résidences principales de leurs territoires en logement social. L’objectif devra être atteint à Paris à l’horizon 2025, cela correspond à la production de 7 000 à 7 500 nouveaux logements sociaux par an. Aujourd’hui, Paris possède un taux SRU de 23% des résidences principales si on intègre les opérations financées en cours de livraison.

La lutte contre l’insalubrité pour soutenir la production de logements sociaux

Dès 2001, Paris a fait de la lutte contre l’insalubrité une priorité de sa politique, avec une particularité forte. À la différence d’autres collectivités, les habitants concernés ont été relogés dans le parc social, et les immeubles ont été transformés en logements sociaux.

Entre 2001 et 2013, un premier plan parisien d’éradication de l’habitat indigne est mis en place, c’est le « Plan des 1030 immeubles ». Cela a représenté 20 000 logements réhabilités, et 4 800 ménages relogés.

En 2010, est créé l’Observatoire de la prévention de la dégradation des immeubles d’habitation à Paris. À ce jour, environ 1 000 immeubles ont fait l’objet d’une visite des services parisiens de l’habitat. Toujours en 2010, la Ville de Paris a aussi créé la Société de requalification des quartiers anciens (SOREQA), pour assurer les interventions foncières, les relogements et les travaux des immeubles voués à l’appropriation publique si la réhabilitation privée n’arrive pas à aboutir ou si l’immeuble est trop dégradé.

Depuis 2013, l’insalubrité se traite désormais à l’échelle des logements, et non plus seulement des immeubles. Ainsi, un formulaire-type créé en ligne permet aux Parisien·ne·s de signaler les situations. Les services de la Ville reçoivent entre 5 000 et 6 000 signalements par an.

La diversité des logements sociaux pour maintenir la diversité des Parisien·ne·s

Anne Hidalgo a engagé deux grands chantiers :

  • d’une part, assurer la diversité de catégories de logements sociaux,
  • d’autre part, mettre fin à l’opacité et à la trop longue attente pour l’attribution des logements.
Logement social et handicap

L’atteinte de 30% de la production en logements très sociaux témoigne de l’engagement fort de la Ville de Paris pour les plus précaires. Pour les personnes en situation de handicap, un tout nouveau programme de logement social est adapté aux personnes à mobilité réduite. 100% des logements sociaux construits à Paris seront accessibles aux personnes en situation de handicap. Lire l'article 

En ce qui concerne l’attribution des logements sociaux : la Ville a mis en place : la cotation et la participation des Parisien·ne·s aux commissions de désignation. Deux dispositifs pour améliorer la transparence.

Diversifier les types de logements sociaux pour s’adresser à tous les besoins

Au-delà de la construction de logements familiaux, les mécanismes de financement du logement social permettent également de développer des solutions de logement pour des publics spécifiques.

C’est le cas par exemple des résidences pour étudiants et chercheurs, cruciales pour maintenir l’attractivité des universités parisiennes. Ainsi, plus de 12 000 nouveaux logements étudiants et chercheurs ont été créés depuis 2001.

La collectivité parisienne a également permis la création de structures, comme des pensions de famille ou de résidences sociales pour les plus démunis (plus de 4 800 logements sur la période), des foyers de jeunes travailleurs (plus de 6 000 logements), des foyers pour personnes handicapées (plus de 1 000 logements) ou des résidences pour les personnes âgées ou dépendantes (plus de 2 000 logements). Près de 6 000 logements sociaux dignes ont par ailleurs été créés dans le cadre du plan de traitement des foyers de travailleurs migrants.

Le logement social pour homogénéiser la mixité de Paris : le rééquilibrage est-ouest

Il s’agit avant tout de développer le logement social au centre et à l’ouest de Paris, dans des arrondissements très peu dotés en logement social en 2001. Le taux SRU des arrondissements de l’ouest et du centre a ainsi connu une importante progression, les arrondissements de l’est voyant quant à eux leur parc social également s’agrandir.

Toujours dans un souci de mixité sociale, les répartitions des trois catégories de logements sociaux sont différenciées en fonction des arrondissements, pour prendre en compte la proportion de logements sociaux déjà présents dans le quartier.

Depuis 2014, la Ville de Paris a également développé une politique nouvelle, en utilisant l’appropriation publique, par préemption, d’appartement individuel au sein de bâtiments privés. Ainsi, depuis 2014, la Ville de Paris a préempté 208 logements, principalement dans les 11e, 17e et 18e arrondissements.

Le logement social respectueux de l’environnement

Depuis 2001, la Ville de Paris a fait le choix de s’engager aux côtés des architectes. C’est la raison pour laquelle la collectivité privilégie le recours au concours d’architectes pour garantir la qualité architecturale des bâtiments pour tous. Si le logement social doit contribuer à embellir Paris, il a aussi des exigences environnementales très fortes.

Dans le nouveau Plan Climat de Paris de 2018, le logement y prend sa part ! Les constructions neuves de logement social ont des objectifs ambitieux en matière d’économie d’énergie et de matériaux bio-sourcés : bâtiment à énergie positive et réduction carbone, neutralité carbone, amélioration des performances énergétiques du parc bâti.

De plus, au sein du nouveau Plan Climat Air Énergie, la Ville de Paris a retenu comme étant l’une de ses priorités la rénovation massive des bâtiments. L’objectif est d’atteindre une réduction de 35% des consommations d’énergie sur l’ensemble du parc social à l’horizon 2030 et de 50% à l’horizon 2050 par rapport à 2004 en prenant en compte l’ensemble des travaux réalisés.


Dernière mise à jour le vendredi 1er février 2019
Crédit photo : Emilie Chaix / Ville de Paris

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