Ville de Paris

Le saviez-vous ?

Mais pourquoi ma rue s'appelle Tolbiac, Javel, Parmentier, Censier, etc. ?

Mise à jour le 19/05/2021
Place Denfert-Rochereau, rue de Tolbiac, avenue Parmentier, place des Fêtes… Des noms évocateurs aux oreilles des Parisiens. Mais savez-vous vraiment quelle est l’origine de ces appellations ? La raison est parfois cocasse, voire étonnante.
On croit les connaître, on les traverse sans même réfléchir à leurs noms. Certes, parfois, c’est une évidence. Ainsi en va-t-il de la place de la République ou de la place de la Nation. Pourtant, en y réfléchissant bien, certaines appellations de rues ou de places parisiennes demandent davantage de réflexion. Mais au fait, pourquoi la place des Fêtes porte-t-elle ce nom ? Et quid de la rue de Javel ou de la chaussée de la Muette ? Petit tour de Paris pour en savoir plus.

Une place d'Enfer ?

Commençons notre périple dans le 14e arrondissement, sur la place Denfert-Rochereau et son célèbre lion. Mais qui est Denfert-Rochereau ? Il s’agit d’Aristide Denfert-Rochereau, le vaillant colonel qui, dans le contexte de la guerre franco-prussienne de 1870-1871, organisa la défense de Belfort assiégée par 40 000 Prussiens. A la tête d’une garnison de 15 000 hommes, il ne s’est jamais rendu, résistant à un siège de 103 jours.
La place Denfert-Rochereau et le boulevard Raspail, 14e.

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Ce n’est que sur l’ordre express du gouvernement de la Défense national, dirigé par Adolphe Thiers, qu’il accepte de quitter librement Belfort avec ses hommes. Invaincu. Il sauve ainsi l’honneur d’une France humiliée par sa défaite face aux Allemands/Prussiens. C’est donc en son honneur que la place prend ce nom en 1879. Quant au lion, c’est une réplique au tiers de celui de Belfort, réalisé par Bartholdi, qui symbolise la résistance de la ville.
Place Denfert-Rochereau à l'angle des boulevards Arago et Saint-Jacques, 14e.

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L’histoire pourrait s’arrêter là. Mais, fait moins connu, avant de prendre le nom de Denfert-Rochereau, le lieu se dénommait… place d’Enfer. Un nom qui provient d’une ancienne barrière d’octroi, appelée « barrière d’enfer » - sans doute, selon certains historiens, car il devait exister une « porte en fer » - qui, à cet endroit, coupait le mur des Fermiers généraux entourant Paris à la fin du XVIIIe siècle. C’est donc un peu par facétie qu’il a été décidé de transformer la place « d’Enfer » en place « Denfert- Rochereau ».
La rue Denfert-Rochereau, 14e.

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Tolbiac, Censier : des universitaires ?

186, rue de Tolbiac, en arrière plan l'église Sainte-Anne de la Maison-Blanche, renommée Saint-Anne de la Butte-aux-Cailles, 13e.

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Si l'on continue vers l'est de Paris, on croisera la longue rue de Tolbiac dans le 13e arrondissement. Pour beaucoup de Parisiens, le nom Tolbiac est associé au centre universitaire qui s'y trouve. Mais l’origine de ce nom n'a aucun rapport avec la recherche ou l'enseignement… En fait, il s'agit d'un hommage rendu à une victoire remportée par Clovis en 496 contre les Alamans (une confédération de tribus germaniques), près de Cologne. En latin, la ville s’appelait Tolpiacum, francisé en… Tolbiac.
Immeuble rue Nationale, angles rue de Tolbiac et rue des Hautes formes, 13e.

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En se dirigeant vers le centre de Paris, dans le 5e, on trouve la rue Censier. Là aussi, l’appellation évoque plutôt le nom d’un centre universitaire, dépendant de la Sorbonne. Alors, Censier était-il un grand homme de la science ou des lettres? Pas du tout, le nom de cette rue tient en fait à une succession de dérivatifs. À l’origine, elle se dénommée rue « Sans-Chief », afin de signifier qu’il s’agissait d’un cul-de-sac. Cette appellation a évolué par altération du langage vers « rue Sancée ». Puis on est parvenu à « rue Censée » qui est devenu rue « Sensier » avant, enfin, de se stabiliser en rue « Censier ». Étonnant non ?
18, rue Censier, 5e.

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20-22, rue Censier, 5e.

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Parmentier, comme le hachis !

Traversons la Seine et nous voilà rive droite dans le 11e arrondissement… avenue Parmentier. Oui, Parmentier, comme le hachis du même nom ! Et pour cause, l’agronome Antoine Augustin Parmentier (1737-1813), père de la « patate », habitait non loin de là, rue du Chemin-Vert.
La Station de métro Parmentier sur la ligne 3, dans le 11e.

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En vérité, contrairement à ce qu’apprennent tous les enfants, Parmentier n’est pas "l’inventeur" de ce tubercule. Avant lui, Olivier de Serres - dont une rue porte le nom dans le 15e - cultivait déjà la pomme de terre, mais elle était réservée à la consommation animale. Parmentier, lui, a découvert les valeurs nutritives de cet aliment pour les humains. La patate permettait ainsi de nourrir à bas prix les garnisons entières des armées. Aussi, grâce à lui, en 1772, la faculté de médecine de Paris finit par déclarer la pomme de terre bonne à être consommée. L’homme par qui les frites sont arrivées méritait bien une avenue !
A l'angle de l'avenue Parmentier et de la rue Oberkampf. 11e.

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Un château d'eau en plein Paris ?

Dans le Xe arrondissement, un nom de rue un peu trompeur : Château-d'Eau ! En réalité… il n’y a jamais eu de château d’eau. En revanche, il est exact que la rue menait à une gigantesque fontaine installée sur l’emplacement actuel de la place de la République, qui s’appelait alors (jusqu'en 1879)… place du Château-d'Eau.
La Bourse du Travail et la rue du Château-d'Eau. 10e.

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La fontaine était circulaire. Composée d’un grand bassin au sein duquel, en hauteur, se trouvaient trois autres bassins dans lesquels huit lions en bronze lançaient de l’eau. Cette énorme fontaine a d’abord été déplacée en 1869 dans la cour d’entrée des abattoirs de la Villette (19e). C’est d’ailleurs pour cette raison que ce lieu s’appelle maintenant place de la Fontaine-aux-Lions. Pourtant, la fontaine n’y est plus car elle a connu un second déménagement en 1880 pour atterrir dans le 12e arrondissement, place Daumesnil, devenue place Felix-Eboué.

On bamboche place des Fêtes

Le Regard de la Lanterne au 213, rue de Belleville, 19e.

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Si l’on remonte vers le nord de la capitale, dans le 19e, on arrive sur la place des Fêtes. Pourquoi ce nom alors que le lieu n’a, a priori, rien de particulièrement festif ? Tout simplement car nous sommes là au cœur de ce qui était le village de Belleville avant son rattachement à Paris en 1859. C’est sur cet emplacement que l’ancienne commune organisait ses fêtes. Le nom exact de la place était d’ailleurs « place de la fête ». Jusqu’à la fin du XIXe siècle, l’endroit était encore assez festif avec des représentations de cirques.

De Villiers, comme le fondateur du Puy du fou ?

La place Prosper-Goubaux, le boulevard de Courcelles et l'avenue de Villiers, 17e.

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Dirigeons-nous maintenant plein ouest pour atteindre l’avenue de Villiers dans le 17e arrondissement. Est-ce à dire que le Vendéen bien connu, fondateur du Puy du Fou, aurait une avenue à son nom en plein Paris ?
Absolument pas. Cette artère a pris cette appellation car il s’agit de l’ancienne voie qui menait de Paris au village de Villiers-la-Garenne, implanté dans ce que l'on appelait alors la plaine des Sablons, en lisière de la foret de Rouvray, dont le bois de Boulogne est un vestige. Ce bourg a totalement disparu, il a été incorporé pour une partie à Neuilly-sur-Seine et pour une autre à Levallois.
L'avenue de Villiers, 17e.

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La Muette, un quartier de gens peu bavards ?

La chaussée de la Muette, 16e.

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Nous arrivons dans le très chic 16e arrondissement dans le quartier de la Muette et, plus particulièrement, sur la chaussée de la Muette. Ses habitants seraient-ils peu enclins à discuter ? Cela n’a rien à voir. Ce nom a une origine beaucoup plus singulière. Si la chaussée s’appelle ainsi, c’est qu’elle est située non loin du château de la Muette, qui était un relais de chasse sous l’Ancien Régime. Et on avait l’habitude de donner le nom de « muettes » aux maisons servant à conserver les mues de cerfs – les cerfs perdent leurs bois durant l’hiver – et à remiser les oiseaux de fauconnerie durant cette période. Or le château de la Muette était affecté à cette fonction.
L'ancienne gare de Passy et la chaussée de la Muette, 16e.

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Rue de Javel, y trouve-t-on l'eau du même nom ?

La rue de Javel en 1910 pendant et après la crue.

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Et pour finir ce petit tour de Paris, nous retraversons la Seine pour parvenir rue de Javel dans le 15e arrondissement. Oui, Javel, comme la fameuse eau désinfectante. Et il y a un rapport entre les deux. Cette rue était au XVe siècle un chemin qui, sur la plaine de Vaugirard, traversait le lieu-dit dénommé Javetz. Au fil des siècles, le village a pris le nom de Javelle, puis Javel.
C’est là qu’à la fin du XVIIIe siècle, Claude-Louis Bertholet (1748-1822), un chimiste savoyard, installa une manufacture, financée par le comte d’Artois (frère de Louis XVI), destinée à à la fabrication des acides et des sels minéraux. Bertholet utilisa en 1785 de l’eau de chlore pour ses vertus blanchissantes. Puis cette eau fut dissoute dans une solution de potasse : l’hypochlorite de potassium, appelée « la liqueur de Javel », puis ensuite « Eau de Javel », était née. En 1875, la « Fabrique d’Eau de Javel » employait 200 ouvriers. Puis elle disparut en 1889, remplacée par les « Aciéries de France » et, plus tard en 1915, par l’usine Citroën, jusqu’à sa fermeture en 1975. Aujourd'hui, les lieux ont laissé la place au parc André-Citroën.

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