La statue d’Alfred Dreyfus inaugurée le 12 juillet à Paris, 120 ans après sa réhabilitation
Mise à jour le 12/07/2026
Ce dimanche 12 juillet, date anniversaire de sa réhabilitation par la Cour de cassation en 1906, une statue du capitaine Dreyfus a été inaugurée devant l’ancien Palais de Justice, sur l’île de la Cité. Une place au nom de Lucie Dreyfus, son épouse et soutien inconditionnel, a également été inaugurée ce dimanche à Paris.
Quarante ans après sa création, la statue d’Alfred Dreyfus (1859-1935) trouve enfin la place qui lui revient. Haute de 4 mètres, la sculpture, qui trône désormais fièrement devant le Palais de Justice (Paris Centre), se distingue par un travail brut du bronze, dont la matière semble avoir été façonnée à la main et au couteau. Entre les mains du militaire, un sabre brisé, dressé vers le ciel. Ce détail constitue le cœur de l’œuvre : il évoque la dégradation publique infligée à Alfred Dreyfus en janvier 1895, après une condamnation fondée sur une erreur judiciaire. Sur son socle figure une phrase extraite d’une lettre adressée à son épouse durant sa détention : « Si tu veux que je vive, fais-moi rendre mon honneur. »
Réalisée entre 1985 et 1988 par le sculpteur Tim, la statue Hommage au capitaine Dreyfus avait été commandée par l’État dans le cadre d’un vaste programme destiné à rendre hommage à de grandes figures intellectuelles et historiques. Avant de rejoindre son nouvel écrin, sur l’île de la Cité, elle a connu plusieurs implantations. Alors qu’elle devait initialement être installée dans la cour de l’École militaire (7e) – là où le capitaine Dreyfus avait été publiquement dégradé –, elle a finalement élu domicile dans le jardin des Tuileries (Paris Centre), puis place Pierre-Lafue (6e). Pourquoi ? Parce que le projet s’est longtemps heurté à l’opposition des autorités… principalement militaires.
Installé sur le lieu de sa réhabilitation
Son déplacement devant le Palais de Justice, là où justice fut finalement rendue à Alfred Dreyfus le 12 juillet 1906 après douze années de combat, revêt donc un très fort symbole. La statue incarne ainsi les valeurs de liberté, d’égalité et de justice portées par la République.
La statue sera inaugurée le 12 juillet en présence d’Emmanuel Macron et d’Emmanuel Grégoire. En amont de la cérémonie officielle, le président de la République et le maire de Paris se rendront à la Cour de cassation pour découvrir des documents rarement présentés, dont la minute originale de l’arrêt de la Cour de cassation du 12 juillet 1906 établissant de manière définitive l’innocence du capitaine Dreyfus, un document détenu par les Archives de Paris (19e).
Par décision du président de la République en 2025, le 12 juillet est désormais une journée de commémoration nationale « pour Dreyfus, pour la victoire de la justice et de la vérité, contre la haine et l’antisémitisme ».
> 1899 : retour de l’île pour la révision de son procès obtenue après une intense mobilisation, dont celle d’Émile Zola qui publie « J’accuse… ! », dans le journal L’Aurore.
> 9 septembre 1899 : à nouveau déclaré coupable, Alfred Dreyfus est condamné par le Conseil de guerre à dix ans de détention. Dix jours plus tard, le président Émile Loubet signe sa grâce présidentielle.
> 12 juillet 1906 : la Cour de cassation annule le jugement. Alfred Dreyfus est réhabilité.
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