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L'histoire de l'Hôtel de Ville en sept dates marquantes

Mise à jour le 06/07/2020
Lieu de pouvoir qui abrite les bureaux du ou de la maire de Paris, emblématique de la capitale et de la République, l'Hôtel de Ville a vécu une histoire mouvementée, marquée par des incendies, des révoltes et des reconstructions. Retour sur sept dates qui ont changé l'histoire et Paris.

1357 : la Maison aux Piliers

L’histoire de l’Hôtel de Ville commence par l’acquisition d’une maison, située sur la place de Grève, au centre de Paris. Appelée « Maison aux Piliers », cette bâtisse est achetée par Etienne Marcel, prévôt des marchands, et devient le siège de la municipalité. À cette époque, le prévôt des marchands est un acteur important de la vie commerciale parisienne. Il est à la tête de la corporation des marchands de l’eau, ceux qui s’occupent d’approvisionner la ville de Paris par la Seine. L’association des marchands de l’eau est alors la plus influente et la plus puissante.
Etienne Marcel (1316-1358), marchand drapier et homme politique français, haranguant le peuple de Paris de la fenêtre de la Maison aux Piliers (emplacement de l'Hôtel de Ville).
Etienne Marcel (1316-1358), marchand drapier et homme politique français, haranguant le peuple de Paris de la fenêtre de la Maison aux Piliers (emplacement de l'Hôtel de Ville).
Gravure de Félix Thorigny. © Roger-Viollet

1533 : le nouvel Hôtel de Ville

Presque deux siècles plus tard, la « Maison aux Piliers » a bien vieilli et menace de s’écrouler. Décision est prise de la détruire pour la remplacer par un nouvel édifice, plus grand et représentatif du pouvoir de Paris. Les plans du bâtiment sont conçus par Pierre de Champiges et Dominique de Cortone, un architecte italien aussi connu sous le nom de Boccador. On peut d’ailleurs apercevoir sa statue sur la façade de l’Hôtel de Ville. Ce dernier a aussi participé à l’élaboration des plans du château de Chambord, à la demande de François Ier.
Statue du Boccador sur la façade de l'Hôtel de ville
Dominique de Cortone, le «Boccador», est présent sur la façade de l'Hôtel de Ville.
Marc Verhille / Ville de Paris
La première pierre de l’édifice est posée le 15 juillet 1533 par Pierre Viole, prévôt des marchands. Sur cette pierre figurait une plaque de cuivre sur laquelle on inscrivit la date et les noms des membres du conseil municipal. Les guerres de religion ralentissent la construction de l’Hôtel de Ville qui s’achève toutefois en 1628. Un dessin représentant l’édifice est conservé par le musée Carnavalet et disponible en ligne.

1652 : premier incendie à l’Hôtel de Ville

L’incendie que connut l’Hôtel de Ville en 1871 ne fut pas le seul de son histoire. En effet, deux siècles plus tôt, des troubles éclatent déjà à Paris et en France lors de la Fronde (1648-1653). Cette révolte amène des émeutiers à incendier les portes de l’Hôtel de Ville. Ils pénètrent ensuite dans le bâtiment pour y massacrer des membres de l’assemblée de ville, jugés trop proches du cardinal Mazarin.
En 1653, le calme revient à Paris. La fin de la Fronde marque le début de la monarchie absolue de Louis XIV, traumatisé par cet épisode de révolte durant son enfance, qui choisira de délocaliser la cour et sa résidence principale à Versailles.

1789 : élection du premier maire de Paris

Jean-Sylvain Bailly, mathématicien et astronome, est le premier maire de Paris. Après avoir été élu à l’Académie des sciences en 1763 puis à l’Académie française vingt ans plus tard, Bailly est désigné maire de Paris le 15 juillet 1789 après l’assassinat de Jacques de Flesselles, le dernier prévôt des marchands de Paris. En tant que maire de Paris, c’est lui qui remet la cocarde tricolore à Louis XVI, le 17 juillet 1789. Le blanc symbolise les Bourbons tandis que le rouge et le bleu sont les couleurs de Paris.
Jean Sylvain Bailly, premier maire de Paris, remet la cocarde tricolore à Louis XIV, tableau de Jean Paul Laurens conservé à l'Hôtel de Ville de Paris
Jean Sylvain Bailly, premier maire de Paris, remet la cocarde tricolore à Louis XVI, tableau de Jean Paul Laurens conservé à l'Hôtel de Ville de Paris
Anne Thomas / Ville de Paris
Quelques années plus tard, devenu très impopulaire après avoir fait tirer sur la foule, et après avoir défendu la monarchie, Jean-Sylvain Bailly sera jugé par le Tribunal révolutionnaire et condamné à mort en 1793 avant d'être guillotiné le 12 novembre de la même année.

1871 : destruction de l’Hôtel de Ville

La IIIe République vit ses premières heures depuis 1870. À Paris, la Commune a éclaté en mars 1871. Le 24 mai 1871, durant « la semaine sanglante », sentant la fin arriver, les Communards incendient l’Hôtel de Ville. Le bâtiment part en fumée - emportant avec lui le contenu de sa bibliothèque historique et l’état civil des Parisien·ne·s - à l’image de nombreux autres édifices parisiens, tels le palais de Justice, le palais des Tuileries et la gare de Lyon par exemple.
Réfugié au palais du Luxembourg, le conseil municipal décide de faire reconstruire l’Hôtel de Ville en 1873 et lance un concours à destination des architectes. Les gagnants sont Théodore Ballu et Edouard Deperthes qui proposent de refaire la façade de style renaissance à l’identique. Le projet est approuvé, les travaux commencent. Ils s’achèveront en 1882.
Le conseil municipal, porteur des valeurs de la IIIe République, veut faire du nouvel Hôtel de Ville la maison du peuple. L’édifice devient alors le bâtiment public le plus moderne qui soit. Il est relié à l’électricité et au téléphone et est pourvu d'ascenseurs. Le chauffage central, inventé par Eugène Viollet-le-Duc, fonctionne encore aujourd’hui.
Bâtiment conçu pour le peuple de Paris et symbole de la nouvelle république française, l’Hôtel de Ville regorge de références et de rappels à son caractère républicain. Les armoiries de la Ville se retrouvent ici et là dans le bâtiment, sur une poignée de porte, un radiateur ou une peinture au plafond. On observe également les lettres « R » et « F », pour République française, à de nombreux endroits.

1944 : discours de de Gaulle pour la Libération de Paris

Le 25 août 1944, Paris est libéré. Le général de Gaulle se rend à l’Hôtel de Ville en fin de journée et y prononce à cette occasion un discours mémorable.

Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré !

Général de Gaulle, 25 août 1944
Faire ce discours depuis l’Hôtel de Ville n’était pas un hasard. Le général choisit de s’adresser aux Parisiens et aux Parisiennes depuis ce lieu symbolique qui incarne le peuple et la République française. Il pose alors les bases du récit national autour de la Résistance et du rôle joué par la population française lors de la Libération.

1977 : élection au suffrage universel du maire de Paris

Jusqu'en 1977, la capitale eut un statut différent des autres villes françaises. En effet, aucun maire n'est élu à la tête de la ville, ce rôle revenant au préfet de la Seine qui était installé à l'Hôtel de Ville, où siégeait également le conseil municipal. Le préfet était alors nommé par le Gouvernement.
Mais depuis la loi du 31 décembre 1975, un vote au suffrage universel indirect permet d'élire démocratiquement le ou la maire de Paris. Le premier maire élu sera Jacques Chirac en 1977.

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