Comment est mesurée la qualité de l’eau de la Seine ?

Le saviez-vous ?
Mise à jour le 23/04/2024
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Lors des Jeux de Paris 2024, différentes épreuves se dérouleront dans la Seine. Et dès 2025, ce sont tous les Parisiens qui pourront nager dans le fleuve avec la création de trois sites de baignade. Mais comment est vérifiée la qualité de l’eau pour permettre la sécurité des baigneurs ? Réponse dans cet article.
Pour rendre possible la baignade dans la Seine, le dispositif d’analyse de la qualité de l’eau a été renforcé dès la fin de l’année 2015. Complémentaire de la réalisation de nombreux aménagements urbains, il va permettre d’assurer la sécurité sanitaire de la baignade, pour les athlètes olympiques comme pour les Parisiennes et les Parisiens.

Lutter contre les rejets polluants, ennemi numéro 1 de la qualité de l’eau

Une directive européenne sur les eaux de baignade établit des normes microbiologiques basées sur la concentration de certaines bactéries dans l’eau, notamment la bactérie Escherichia coli (E. coli), et les entérocoques intestinaux. Ces bactéries proviennent de rejets polluants dans le fleuve (eaux usées, ruissellements agricoles ou urbains, etc.) qui sont la conséquence de la saturation des réseaux d’assainissement, à la suite de fortes pluies par exemple.
Pour ne pas qu’il déborde dans les rues, le trop-plein se déverse dans la Seine. C’est la raison pour laquelle des bassins de stockage ont été construits, comme celui d’Austerlitz avec sa capacité de 50 000 mètres cubes. Leur mission ? Retenir et stocker les surplus, qui seront épurés dans un second temps.
Ces rejets peuvent également provenir de péniches et d’établissements flottants qui ne sont pas raccordés au réseau d’assainissement parisien et déversent leurs eaux usées dans la Seine. Ce qui sera définitivement de l’histoire ancienne au début de l’été 2024, avec le raccordement de 100 % des péniches aux canalisations.
Un soleil tueur de bactéries
La dégradation des bactéries dans l’eau se fait en partie grâce aux UV du soleil. C’est donc beaucoup moins le cas entre octobre et avril ! La période hivernale est également celle où le débit du fleuve est le plus fort et où les précipitations sont les plus nombreuses : autant d’éléments qui ne favorisent pas la qualité de la Seine. Un cours d’eau qui ne sera jamais aussi propre qu’en plein été. Et ça tombe bien, on ne se baigne pas en hiver (en tout cas, pas à Paris).

Réaliser des prélèvements quotidiens sur les sites de baignade

Pour connaître la qualité de l’eau sur le site olympique, des prélèvements, réalisés chaque jour par des agents, seront envoyés dans des laboratoires. Ces mesures sont normées et les résultats mettent au moins vingt-quatre heures à tomber.
Impossible, dès lors, de connaître la qualité en temps réel de la Seine. C’est pourquoi cette méthode très fiable, mais lente, est complétée par une analyse de l’eau en amont des sites de baignade afin de détecter une contamination susceptible d’arriver dans la zone au cours des prochaines heures.

Détecter toute contamination en amont

Il est possible de connaître en quasi temps réel les évolutions de la qualité de l’eau (ce qui ne permet pas pour autant de définir la qualité exacte de l’eau comme entendu par la directive européenne). Grâce à une mesure de fluorescence, un indicateur indirect de la contamination bactériologique, la Ville de Paris, appuyée par Eau de Paris, utilise des appareils préleveurs et analyseurs capables de livrer un résultat en vingt minutes (contre une dizaine d’heures pour d’autres instruments).
Ce type de préleveur très sophistiqué nécessite une alimentation électrique et doit être installé dans un local fermé. Actuellement, on peut en trouver sur les jardins flottants de l’archipel des berges de Seine Niki-de-Saint-Phalle (7e) ou sur la barge du CROUS (13e).
D’ici les Jeux de Paris 2024, ils seront déplacés en amont de la capitale pour détecter une pollution le plus tôt possible, avant qu’elle n’arrive sur le site olympique. En complément de ce dispositif, 39 points en amont de Paris seront suivis via des mesures normées, afin de détecter toute vague de contamination.

Prévenir le moindre rejet polluant

Dans les mois précédant les Jeux de Paris 2024, une visite systématique du réseau d’assainissement sera effectuée de façon à s’assurer qu’aucune vanne permettant le rejet d’eaux usées n’est défectueuse. En complément, des sorties en bateau permettront de détecter les rejets d’eaux usées non repérés. En cas de problème détecté, une équipe d’agents sera capable d’intervenir immédiatement.

Réunir les acteurs mobilisés deux fois par jour

Lors de toute la période des Jeux olympiques et paralympiques 2024, les représentants de Paris 2024, de la Ville de Paris, des services de l’État et des gestionnaires des réseaux d’assainissement d’Île-de-France se réuniront chaque jour à 17 h. Ce sera l’occasion de consulter les derniers résultats disponibles et les tendances de qualité grâce au suivi des 39 points en amont permettant de détecter d’éventuelles contaminations.
Les gestionnaires des réseaux d’assainissement pourront partager leurs prévisions de rejets à court terme : elles permettent, en cas d’intempéries, de connaître la quantité d’eau qui peut être stockée dans les différents bassins et de quantifier les risques de rejets d’eaux usées dans la Seine. Toutes ces informations permettent d’avoir une estimation de la qualité de l’eau qui arrivera, le lendemain, sur le site de baignade.
Une seconde réunion sera organisée chaque nuit, à 3 h 30. Elle regroupera Paris 2024, la Ville de Paris, les services de l’État, le Comité international olympique (CIO) et les différentes fédérations sportives internationales. À ce moment, ces acteurs seront en possession des analyses envoyées en laboratoire vingt-quatre heures plus tôt. À partir de ces résultats, en ajoutant les prédictions de la veille et en mobilisant des experts médicaux et météorologiques, les fédérations donneront (ou non) leur feu vert pour la tenue des épreuves dans la Seine.
Un fleuve à la vie foisonnante
Dans les années 1970, trois espèces de poissons étaient dénombrées dans la Seine. Aujourd’hui, grâce à de gros efforts d’assainissement de l’eau, 32 espèces vivent dans le fleuve… Plus d’infos

Pourra-t-on se baigner dans la Seine après les Jeux ? La réponse dans le podcast « Enjeux »

Grâce aux Jeux, en 7 ans, on a réussi à avoir une qualité suffisante pour se baigner dans la Seine !

Paul Kennouche
RESPONSABLE DU CYCLE ET DE LA QUALITÉ DE L'EAU À LA VILLE DE PARIS

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