Ces lieux disparus qui font aussi l’histoire de Paris (3/4)
Série
Mise à jour le 09/02/2026
Sommaire
Certains monuments et lieux de la capitale – détruits, remplacés ou victimes de l’évolution des normes – ont disparu du paysage parisien. Dans ce troisième épisode, retour sur l’histoire de ces lieux étonnants, de l’hippodrome de Montmartre à l’observatoire du parc Montsouris.
Le Palais rose, ou l’extravagance mondaine des années 1900
Construit par Ernest Sanson, le Palais rose (16e) en 1951.
Crédit photo :
Roger-Viollet / Roger-Viollet
On y célébrait les plus fastueuses
soirées mondaines de la Belle Époque ! La demeure ? Un pastiche du
Grand Trianon du château de Versailles (Yvelines), avec des façades ornées de
pilastres en marbre rose, une centaine de pièces somptueuses, dont un grand
vestibule décoré de marbres polychromes, et surtout, un escalier d’honneur
monumental. L’adresse ? L’avenue du Bois-de-Boulogne, devenue l’avenue
Foch (16e) en 1929, connue pour ses nombreux hôtels particuliers. Le
propriétaire ? Le dandy Boni de Castellane, marié à l’héritière américaine
Anna Gould. Les fêtes ? Celles de la haute société parisienne :
jusqu’à 2 000 personnes par soirée entre 1902 et 1906 !
Boni de Castellane divorce de sa
femme en 1906 dans un climat de scandale et cette séparation entraîne sa chute
sociale et financière. Il quitte le Palais rose dont les meubles, boiseries et
tableaux sont mis aux enchères. Trop grand, trop cher à entretenir, le bâtiment
est rasé en 1969 pour faire place à un immeuble d’habitation moderne.
L’hippo-palace de Montmartre et ses Wild Wild Shows
Le cinéma Gaumont-Palace (18e), ancêtre de l’hippo-palace de Montmartre, en 1911.
Crédit photo :
Maurice-Louis Branger / Roger-Viollet
Aujourd’hui, on y trouve un magasin
de bricolage, à deux pas de la place de Clichy ; en 1900 y trônait un
« hippodrome », construit pour l’Exposition universelle de 1900, qui accueillait des spectacles équestres ou de dressage.
Derrière sa façade Belle Époque, la salle de spectacle comprenait 7 000 places, dont 5 000 assises, autour d’une vaste piste centrale de plus de
70 mètres de long, et un grand restaurant pouvant accueillir 2 000 convives.
En plus des numéros équestres, les
Parisiens y assistaient à des spectacles de cirque, à du patinage artistique ou
à des matchs de football. En 1905, l’hippodrome accueille le fameux Wild West Show, de Buffalo Bill, lors de sa tournée européenne.
La gestion financière du lieu est alors catastrophique et il doit fermer ses portes dès 1907.
En 1911, racheté par Gaumont, l’hippo-palace devient le Gaumont-Palace, qui se proclame « le plus grand cinéma du monde ». Il fermera en 1973.
La piscine Deligny, un bassin pas comme les autres
En 1785, on pouvait déjà se baigner
sur les bords de Seine : une structure flottante sur pilotis amarrée quai
Anatole-France (7e) permettait de se rafraîchir dans l’eau du fleuve ! En
1801, un maître‑nageur dénommé Deligny y fonde une école royale de natation, et donne son nom au lieu. La piscine devient alors un lieu
très prisé des Parisiens de tous les âges et de toutes les classes sociales.
Cent ans plus tard, en 1900, elle
accueille les épreuves de natation des Jeux olympiques de Paris. Au fil des décennies, elle est un haut lieu des loisirs
estivaux, on y organise des défilés de maillots de bain dans les années 1920 et
on y bronze en monokini dès 1960.
Après plus de deux siècles d’existence, le 8 juillet 1993, l’installation est gravement endommagée à la suite d’une collision avec une péniche : elle coule en moins de quarante minutes dans la Seine…
Le Palais du Bardo devenu observatoire
Le Palais du Bardo, construit au XVe siècle, a été la
résidence officielle des
beys de Tunis, famille régnante de l’époque ottomane.
Magnifique exemple d’architecture arabo‑andalouse, il combine cours
majestueuses, salons richement décorés et mosaïques précieuses.
En 1867, à l’occasion de l’Exposition universelle, une version réduite du palais est installée sur le Champ-de-Mars (7e) afin de servir de pavillon tunisien. Après l’exposition, la structure est rachetée par la Ville de Paris, démontée et remontée au parc Montsouris (14ᵉ), à son point culminant, en 1969. Le « Bardo » sert alors de station météorologique et d’observatoire astronomique. On y installe également un service de l’analyse de l’air de Paris.
Malheureusement, après avoir perdu progressivement sa fonction et souffert de dégradations, la reproduction est détruite par un incendie le 5 mars 1991.
Le Chat noir, cabaret avant-gardiste
Le cabaret du Chat noir (18e), estampe de 1885.
Crédit photo :
CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris
L’affiche du Chat noir, dessinée par Théophile Alexandre Steinlen en 1896, a popularisé le cabaret !
Crédit photo :
CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet – Histoire de Paris
La deuxième adresse du Chat noir, dans la rue Laval (9e).
Crédit photo :
Léon & Lévy / Roger-Viollet
C’est en 1881 que s’ouvre, au 84,
boulevard de Rochechouart (18e), l’un des cabarets les plus emblématiques du Montmartre
bohème. Composé de seulement deux petites pièces, mais mené d’une main de maître
par le farfelu Rodolphe Salis, il devient rapidement le cœur d’une vie
artistique libre et novatrice.
On y croise ainsi peintres, écrivains et musiciens – dont Erik Satie, Toulouse-Lautrec et Maupassant – qui s’y saoulent d’un mauvais vin dans un décor sommaire. C’est au Chat noir que l’on assiste à des revues de cabaret moderne et à des spectacles inédits d’ombres chinoises.
La première adresse ferme en 1885,
et le cabaret rouvre dans un lieu plus spacieux et doté d’un piano rue Laval (9e),
devenue la rue Victor-Massé. Avec le décès prématuré de Rodolphe Salis en 1897,
le célèbre cabaret perd son âme et ferme ses portes. Le bâtiment est détruit
dans les années qui suivent, remplacé par un immeuble d’habitation.
Une plaque commémorative signale aux passants de s’arrêter devant l’édifice qui fut consacré « aux muses et à la joie » !
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