3 questions à Blaise Lechevalier, nouveau directeur de la police municipale
Interview
Mise à jour le 07/07/2026
Commissaire de police depuis plus de vingt ans, Blaise Lechevalier a travaillé dans différentes communes franciliennes et au sein de l’administration centrale. Désormais à la tête de la direction de la Police municipale et de la Prévention de la Ville de Paris, il entend miser sur l’ultraproximité et développer des actions de partenariat. Son objectif : garantir encore plus de sécurité aux Parisiennes et aux Parisiens.
Comment abordez-vous ce nouveau défi à la tête de la police municipale ?
Paris, j’y suis né, j’y ai grandi et
j’y ai exercé comme chef du premier district (couvrant Paris Centre, le 8e, le 9e, le 16e et le 17e) entre 2020 et 2023, au moment où la police municipale
se mettait en place. J’ai pu constater la complémentarité qu’elle apportait à
la police nationale et sa plus-value. Les policiers nationaux traitent les
crimes et les délits les plus graves quand les policiers municipaux agissent
sur les incivilités plus locales, la tranquillité publique, le dialogue avec
les riverains, les commerçants ou les associations. C’est cette proximité qui
fait sa force.
J’avais envie, à ce moment de ma
carrière, de relever un nouveau défi et de porter une stratégie de sécurité à
une échelle plus large. Diriger la police municipale de Paris, la plus
importante de France, s’inscrit dans la continuité de mon parcours. Dans un
premier temps, je vais faire le tour de l’ensemble de nos interlocuteurs (préfecture
de Police, tribunal judiciaire de Paris, maires d’arrondissement, Éducation
nationale…), puis j’irai à la rencontre des femmes et des hommes qui composent
la direction de la Police municipale et de la Prévention (DPMP) pour dialoguer
avec eux et décliner la feuille de route du maire de Paris.
Le saviez-vous ?
La police municipale de Paris est présente sur Instagram : @police_municipale_paris
Quelles seront vos premières mesures ?
Nous allons expérimenter dès le
second semestre 2026 des kiosques de police municipale, fixes ou mobiles, dans
les quartiers confrontés à des problèmes de tranquillité. Nous commencerons par
un kiosque pilote à la porte de Clignancourt (18e). L’idée est que ces kiosques servent de points
d’ancrage dans l’espace public. Ils seront à la fois des lieux d’accueil,
d’information et de contact entre les agents de police et les habitants. Mais
ces kiosques ont également pour fonction, par leur implantation et l’identification
de la présence policière, d’empêcher les passages à l’acte, de dissuader les délinquants,
mais aussi de les interpeller lorsque c’est nécessaire.
L’objectif est de réduire le nombre d’accidents et de blessures, en combinant prévention, médiation, contrôle, rappel des règles et, si besoin, répression.
directeur de la police municipale
Renforcer la sécurité routière est
le deuxième point fort. Des brigades dédiées vont cibler les comportements
dangereux : la délinquance routière des voitures, mais aussi les infractions
commises par ces nouveaux vélos électriques débridés (les fatbikes) qui ne respectent pas la régulation. L’objectif est de réduire le nombre d’accidents et de blessures,
en combinant prévention, médiation, contrôle, rappel des règles et, si besoin,
répression, en mettant en œuvre les dispositions pénales.
Quel regard portez-vous sur le métier de policier municipal ?
Il est passionnant. Il exige le sens
du service public, l’envie d’être utile et le goût de l’action. Quand on est
policier municipal, aucune journée ne se ressemble : prévention,
médiation, sécurité routière, tranquillisation des quartiers lors de grands événements,
assistance aux personnes vulnérables, lutte contre les incivilités… Il existe
une grande variété de missions, que l’on soit patrouilleur à pied, à vélo, à moto, en voiture référent de
quartier, maraudeur, membre de la brigade cynophile, de l’unité
d’assistance aux sans-abri ou des divisions
d’appui…
À Paris, quand on exerce ce métier,
on rencontre des gens du monde entier et on fait face à des situations
incroyables… C’est vraiment une vie professionnelle enrichissante, avec la
satisfaction d’œuvrer pour améliorer le vivre-ensemble.
D’ailleurs, la Ville prévoit le
recrutement de 1 000 agents supplémentaires d’ici la fin de la mandature.
Les personnes qui s’engagent sont formées au sein de notre école de la sécurité et de la prévention pendant six mois. N’hésitez pas à passer le concours !
Les policiers sont au cœur de tous les grands événements de la capitale.
Crédit photo :
Bertrand Bajer / Ville de Paris
La police municipale de Paris mène une opération de contrôle des cyclistes.
Crédit photo :
© Julien Pleis - DPMP / Ville de Paris
Des policiers municipaux distribuent un violentomètre lors d’une campagne de lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
Crédit photo :
Laurine Beauchamp - pôle communication / DPMP - Ville de Paris
Comment joindre la police municipale ?
Vous êtes confronté à une incivilité ? Vous êtes victime de nuisances régulières ou persistantes ? La police municipale intervient 24 h/24, 7 j/7, au plus près des habitants. Elle est joignable au 3975 (24 h/24, 7 j/7, coût d’un appel local).
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