Paris et ses métiers insolites
Mise à jour le 24/06/2026
Scaphandrier sous les eaux des canaux, éclusier, conservateur de cimetière, égoutier, tailleur de pierre ou encore tapissière… Ces métiers de l’ombre font battre le cœur de la capitale au quotidien. Ce dossier part à leur rencontre.
Alain, médiateur canin
« ll n’y a pas de bon chien sans bon citoyen »
Depuis plus de vingt ans, Alain sillonne les rues de la capitale pour sensibiliser les propriétaires de chiens aux bonnes pratiques. Son portrait
Laurine, horlogère
« On peut passer des heures sur une seule panne. Démonter, remonter, redémonter… »
Dans un minuscule atelier du 10e arrondissement, Laurine et ses collègues restaurent le temps. Saviez-vous que la restauration d’une pendule prend en moyenne une à deux semaines ?Son portrait
Lucie, restauratrice en archéologie
« C’est touchant de manipuler tous ces objets qui ont 800, 1 000, 2 000 ans ! »
Sous microscope, scalpel à la main, Lucie dévoile délicatement les fibules romaines, les plaques de ceinture ou les bagues cachés sous des couches de corrosion.Son portrait
Bruno, conservateur-restaurateur de photographies
« On est en quelque sorte l’hôpital des photographies »
Avec ses cinq collègues, il veille sur plus de 16 millions de pièces – de daguerréotypes du XIXe siècle aux clichés d’artistes contemporains – conservées dans les musées municipaux, les archives et les bibliothèques parisiennes.Son portrait
Valentin, projectionniste itinérant
« Je permets aux tout-petits de vivre leurs premières émotions sur pellicule. »
Valentin s’est orienté vers ce métier discret, parfois un peu oublié, où se mêlent technique, histoire du cinéma et médiation. Avant de rejoindre la cinémathèque Robert-Lynen (17e), il a fait ses premières armes comme projectionniste dans des salles traditionnelles.Son portrait
Maxime, responsable du pôle biodiversité aquatique
« Certains poissons sont là depuis douze ans et sont plus vieux que les enfants ! »
Depuis dix ans, cet animateur de la direction des Affaires scolaires partage sa passion pour le monde aquatique aux enfants du 20e arrondissement. Comment ? Grâce à d’impressionnants aquariums… et d’innombrables anecdotes !Son portrait
Elisabeth, tapissière-garnisseuse
« On redonne vie aux assises des mairies »
Le métier de tapissier-garnisseur consiste à le remettre en état les chaises et les fauteuils : redonner du confort, réparer, regarnir. Le travail d’Élisabeth est entièrement manuel et nécessite un outillage particulier : tire-crin, carrelets, marteau de tapissier, pied-de-biche…Son portrait
L'équipe de scaphandriers
« Nos missions se déroulent sous l’eau, avec une visibilité quasi nulle »
Alexandre A., Alexandre S., Bertrand et Ludovic enfilent leurs scaphandres et plongent dans le canal Saint-Denis, le canal Saint-Martin et le canal de l’Ourcq. Leurs missions ? L’entretien des canaux et de leurs ouvrages d’art : prendre des cotes et des relevés sous l’eau, vérifier l’étanchéité des joints et des gonds des portes des écluses, réaliser des travaux de soudure ou d’électricité sous les ponts et les ponts tournants, exécuter des découpes à la lance thermique…Leur portrait
Arnaud, conservateur du patrimoine des cimetières
« Nous documentons tout, des statues aux plus modestes sépultures »
Crayon, carnet et appareil photo à la main, il parcourt chaque jour les cimetières parisiens pour inventorier leurs trésors. C'est aussi lui qui décide ce qui doit advenir des tombes abandonnées : doivent-elles être conservées, restaurées ou réaffectées ? Le conservateur est chaque jour au vert, entre Montmartre, Montparnasse, La Villette ou Ivry.Son portrait
Philippe, éclusier au canal de Saint-Denis
« Ici, c’est le Roissy des canaux : on active les mouvements des portes et des vannes, on gère les feux de navigation… »
Éclusier depuis 1991, Philippe connaît les moindres secrets du canal. Aujourd’hui, il dirige son centre de supervision, installé à l’écluse du pont de Flandre (19e). C’est là, à 10 mètres de hauteur, qu’il veille sur la bonne marche du canal avec son équipe d’éclusiers. Tous gèrent, depuis leurs écrans, les passages des bateaux et le fonctionnement des sept écluses.
Son portrait
Sylvain, égoutier
« Les égouts de Paris, ce n’est pas juste une rivière d’eaux sales. C’est un monde autonome, régulé, surveillé »
Cela fait vingt ans que Sylvain, chef d’équipe, arpente les 2 600 kilomètres de galeries souterraines qui serpentent sous la capitale. Leur mission ? Nettoyer les collecteurs, curer les sédiments pour éviter tout bouchon, sécuriser les bassins de désensablement et maintenir un réseau vieux de plus de cent cinquante ans en état de marche.Son portrait
Gauthier, tailleur de pierre
« Mon plaisir, c’est le côté bâtisseur. J’aime insérer les pierres dans la façade, créer du neuf ou redonner vie à l’ancien. »
À la croisée de l’ouvrier du bâtiment et de l’artiste, le tailleur de pierre façonne la matière brute – des pierres dures comme des pierres tendres – pour en faire des éléments de façade, de corniche ou même des fondations.
Chaque jour, Gauthier travaille en extérieur, souvent en hauteur, dans la poussière ou le froid, debout, à genoux, accroupi, il doit rester concentré de longues heures… et porte jusqu’à 7 kilos d’outils sur lui.Son portrait
Et les métiers disparus ?
Au XIXe et jusqu'au XXe siècle, les rues de Paris étaient des lieux de travail pour qui voulait gagner quelques sous. Chiffonniers, marchandes d'arlequin, tapeurs de vitres, étameurs… Malgré leur nom mystérieux ou poétique, leur réalité était plus prosaïque, entre dureté du travail et salaire minime.
Lire notre article sur les métiers oubliés du Paris d'autrefois
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