Vivre dans le nord de Montmartre : transformations d’un quartier parisien depuis 1880
Focus
Mise à jour le 26/05/2026
Cette thèse retrace l’histoire sociale et urbaine d’un micro-quartier du XVIIIe arrondissement de Paris depuis la fin du XIXe siècle. À partir d’une enquête mêlant archives, statistiques et entretiens, elle analyse la manière dont l’habitat, les transformations urbaines et les représentations sociales ont contribué à façonner un espace à la fois populaire, mixte et progressivement embourgeoisé.
Infos clés
Dispositif : Cifre
Chercheur-se : Pierre JOFFRE
Période : 2019 - 2022
Statut : thèse soutenue
Direction : Direction du Logement et de l'Habitat
Thématique : histoire urbaine, mixité sociale, logement
Chercheur-se : Pierre JOFFRE
Période : 2019 - 2022
Statut : thèse soutenue
Direction : Direction du Logement et de l'Habitat
Thématique : histoire urbaine, mixité sociale, logement
Présentation
Cette recherche s’intéresse à un micro-quartier situé au nord-ouest de la butte Montmartre, dans le XVIIIe arrondissement de Paris.
À partir d’une énigme urbaine — la présence d’immeubles bourgeois dans un arrondissement historiquement populaire — la thèse analyse les relations entre habitat, espace urbain et hiérarchies sociales depuis les années 1880 jusqu’à aujourd’hui.
La recherche montre comment :
- la forme des immeubles ;
- la qualité des logements ;
- les politiques urbaines ;
- les marchés immobiliers ;
- et les stratégies des propriétaires
participent à la production des inégalités sociales dans l’espace urbain.
Elle s’intéresse également :
- aux transformations du peuplement ;
- aux représentations du quartier ;
- et aux manières dont les habitants perçoivent la “mixité sociale” et leur environnement urbain.
En croisant histoire urbaine et sociologie, la thèse met ainsi en lumière les mécanismes d’embourgeoisement progressif d’un quartier parisien et les tensions sociales qui l’accompagnent.
Méthodologie
La recherche combine :
- travail d’archives ;
- analyses statistiques ;
- enquête sociologique ;
- et observations de terrain.
L’étude s’appuie notamment sur :
- des archives foncières et immobilières ;
- des recensements de population ;
- des données sur le logement social ;
- des cartes historiques ;
- et des entretiens réalisés auprès d’habitants du quartier.
L’enquête adopte une approche socio-historique sur le temps long afin de suivre :
- les évolutions du bâti ;
- les transformations du marché immobilier ;
- les dynamiques de peuplement ;
- et les changements de perception du quartier.
La thèse mobilise également des outils de cartographie et d’analyse spatiale afin d’étudier les différenciations sociales à l’échelle des rues, des immeubles et des micro-secteurs du quartier.
Résultats
Un quartier populaire marqué par des formes urbaines bourgeoises
La recherche montre que certains secteurs du XVIIIe arrondissement présentent depuis le début du XXe siècle une architecture et un habitat proches des quartiers bourgeois de l’ouest parisien.
Cette singularité s’explique notamment par :
Cette singularité s’explique notamment par :
- des opérations immobilières spécifiques ;
- l’action de grandes familles propriétaires ;
- et la construction d’immeubles de qualité destinés aux classes moyennes et supérieures.
La “mixité sociale” repose aussi sur la différenciation des logements
La thèse montre que la coexistence de groupes sociaux différents dans le quartier a longtemps été permise par une forte différenciation de l’habitat :
- qualité variable des immeubles ;
- hiérarchies internes aux bâtiments ;
- tailles de logements ;
- ou encore localisation dans le quartier.
Le “haut” et le “bas” du quartier structurent durablement les représentations sociales des habitants.
Le quartier connaît un embourgeoisement progressif
Les résultats mettent en évidence une montée progressive des catégories sociales supérieures à partir de la seconde moitié du XXe siècle.
Cette évolution s’accompagne :
Cette évolution s’accompagne :
- d’une hausse des prix immobiliers ;
- d’une homogénéisation sociale progressive ;
- et de nouvelles stratégies résidentielles des classes supérieures.
Le quartier conserve toutefois certaines formes de diversité sociale.
Les représentations du quartier jouent un rôle important
La recherche souligne que les habitants construisent des représentations très fines du quartier et de ses hiérarchies internes.
Les perceptions de :
Les perceptions de :
- la “bonne” rue ;
- du “bon XVIIIe” ;
- ou des espaces jugés plus populaires
participent à la production de distinctions sociales et symboliques à l’échelle locale.
L’espace urbain influence les relations sociales
La thèse montre enfin que :
- la matérialité des immeubles ;
- les usages de l’espace public ;
- et les politiques de logement
influencent fortement les relations sociales et les rapports à la mixité dans le quartier.
Les stratégies d’appropriation de l’espace par certaines fractions des classes supérieures apparaissent notamment dans :
- les immeubles ;
- les copropriétés ;
- les usages scolaires ;
- ou encore les représentations du voisinage.
Apports pour la Ville
Cette recherche apporte des connaissances utiles sur :
- les dynamiques de mixité sociale ;
- les transformations du logement parisien ;
- les processus d’embourgeoisement ;
- et les effets sociaux des politiques urbaines.
Les travaux permettent notamment :
- de mieux comprendre les évolutions des quartiers populaires parisiens ;
- d’analyser les effets du marché immobilier ;
- et d’interroger les politiques de logement social et de mixité à l’échelle locale.
La thèse contribue également aux réflexions sur :
- les inégalités territoriales ;
- les usages de l’espace urbain ;
- et les transformations sociales de Paris.
Partenaires
- Directions du Logement et de l'Habitat (DLH) - Ville de Paris
- EHESS — École des hautes études en sciences sociales
- Centre de recherches historiques (CRH)
- CRESPPA-CSU — Cultures et sociétés urbaines
- ANRT
Consulter la thèse
Le dispositif Cifre
Cette recherche est menée dans le cadre du dispositif CIFRE (Convention industrielle de formation par la recherche), qui permet à un doctorant ou une doctorante de conduire une thèse en partenariat avec une structure publique ou privée.
À la Ville de Paris, ce dispositif favorise le développement de recherches en lien direct avec les politiques publiques parisiennes.
En savoir plus sur le dispositif Cifre
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