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Vers Paris sans sida

Mise à jour le 01/12/2020
Faisons de Paris la ville de l’amour sans sida. Zéro nouvelle contamination par le VIH à partir de 2030, c’est l’objectif que s’est fixé Paris.
Les solutions efficaces pour se protéger et arrêter l’épidémie se sont diversifiées. Le sida se combat par la connaissance, par l’engagement de chacun·e et par la politique.

Comprendre l’épidémie de VIH

L'association « Vers Paris sans sida »

« Vers Paris sans sida » a été créée en septembre 2016 à l’initiative de la Ville de Paris. Cette association collecte des fonds publics et privés afin de promouvoir la santé sexuelle par l'innovation et la communication.
Aujourd'hui, une vérité scientifique est établie : une personne séropositive qui prend un traitement anti-vih dans le cadre d’un suivi médical régulier ne transmet pas le virus à ses partenaires sexuels. Les médicaments antirétroviraux sont efficaces et rendent le virus indétectable dans le sang et les liquides sexuels des personnes atteintes.

Lorsqu'il est indétectable, le virus est « intransmissible » même s’il n’a pas complètement disparu de l’organisme de la personne séropositive. Si toutes les personnes vivant avec le vih étaient diagnostiquées, sous traitement, et avaient des conditions de vie acceptables leur permettant de conserver cette charge virale indétectable, le virus responsable du sida se transmettrait de moins en moins jusqu’à atteindre zéro nouvelle contamination.
On estime qu’il suffirait d’atteindre les « 3x95 » pour faire baisser radicalement les contaminations :
  • 95% des personnes qui vivent avec le vih sont diagnostiquées
  • 95% des personnes diagnostiquées sont sous traitement
  • 95% des personnes sous traitement ont une charge virale indétectable
Un objectif que Paris doit atteindre d'ici 2030.

Une épidémie qui régresse, mais encore insuffisamment et de façon trop inégale

La mobilisation des dernières années a porté ses fruits : les nouveaux diagnostics à Paris sont passés de plus de près de 1 100 en 2015 à 900 en 2018, soit une baisse plus marquée qu’ailleurs dans l’hexagone. Mais cette tendance est inégale, puisqu’il a été observé une baisse importante chez les HSH - les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes, sans tenir compte du fait qu’ils se reconnaissent comme hétérosexuels, bisexuels ou homosexuels- nés en France (-22%) mais moindre chez les hommes hétérosexuels nés à l’étranger, une stabilité chez les femmes et même une hausse chez les HSH nés à l’étranger.
Il faut donc faire mieux, continuer à progresser et faire en sorte que tous et toutes bénéficient des apports des nouveaux outils.

Une épidémie discriminante

Nous ne sommes pas tous égaux face au risque du vih. À Paris comme dans le reste de la France, l’épidémie touche de façon disproportionnée certains groupes de la population, notamment les hommes homo ou bisexuels et les personnes nées dans un pays à forte prévalence, principalement d’Afrique subsaharienne ou des Caraïbes, et dont une proportion significative a été infectée en France.
En 2018, les hommes ayant des relations sexuelles entre hommes (HSH) représentent 47% des découvertes de séropositivité vih à Paris, et les personnes hétérosexuelles nées à l’étranger 36%.
Afrique Avenir mobilise les diasporas africaines
Afrique Avenir agit pour renforcer les capacités des Afro-caribéens de Paris à prendre soin de leur santé.
Les migrant·e·s, principalement originaires d’Afrique subsaharienne, représentent le deuxième groupe le plus touché par le vih à Paris, avec près de 40 % des nouvelles infections, dont près de la moitié a lieu après l’arrivée en France.

> consultez le site de l'association

Des traitements de plus en plus efficaces

Il n’existe pas à ce jour de traitement capable de guérir du vih, ni aucun vaccin scientifiquement valide pour s’en prémunir.
Cependant, depuis la première arrivée des trithérapies en 1996, les traitements antirétroviraux n’ont cessé de progresser en efficacité et en tolérance. Avec des combinaisons pouvant se réduire à un seul comprimé par jour, les traitements restaurent l’espérance de vie en bonne santé des personnes séropositives et empêchent la transmission du virus aux partenaires sexuels.
Pour cette raison, en France depuis 2013, il est recommandé aux médecins de proposer un traitement antirétroviral au plus vite après le diagnostic à toute personne séropositive. Plus le traitement est initié tôt après la contamination, moins le vih aura de temps pour s’installer dans l’organisme et plus l’espérance de vie en bonne santé sera élevée.
Plus tôt on connaît sa séropositivité, plus vite on est traité et plus rapidement vient le moment où le virus ne risque plus d’être transmis.
Enfin, depuis le 1er janvier 2016, la France est le premier pays à autoriser et à rembourser la prescription d’un traitement antirétroviral.
C’est ce que l’on appelle la PrEP ou Prophylaxie pré-exposition, une avancée majeure dans la lutte contre l’épidémie. L’accumulation des résultats depuis qu’elle est disponible démontre sa parfaite efficacité, notamment dans l’enquête Prévenir menée en Île-de-France.

Les solutions pour mettre fin au sida

Chaque Parisien, chaque Parisienne peut faire de Paris la ville de l’amour sans sida…

En luttant contre les discriminations

Chacun de nous peut contribuer à promouvoir une ville inclusive et solidaire pour les personnes vivant avec le vih et pour les populations qui sont le plus exposées à l’épidémie. Le respect, l’information et l’engagement sont les meilleurs moyens de lutter contre le sida.

En adoptant la bonne fréquence de dépistage

L’offre de dépistage publique et gratuite est importante à Paris avec 11 CeGIDD et de nombreuses associations impliquées dans le dépistage avec des actions très innovantes au plus près des populations.
Paris sans sida - dépistage
Ville de Paris
Une fois par an, tous les trois mois, plus souvent, après une situation à risque… les recommandations pour faire un test de dépistage du vih varient selon les sexualités, les milieux de vie, le degré d’exposition à l’épidémie, le nombre de partenaires ou l’assiduité à l’usage du préservatif.
Les moyens de se dépister pour le vih sont nombreux, chacun peut trouver celui qui lui convient :
  • Une prise de sang, avec ou sans prescription médicale dans un laboratoire d’analyses ou gratuitement dans un centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD), permet de connaître son statut sérologique de façon certaine dès 6 semaines après une situation à risque
  • Un test rapide d’orientation diagnostique (TROD) permet de connaître son statut sérologique en quelques minutes, avec une fiabilité certaine trois mois après une situation à risque : il peut être réalisé dans les associations de lutte contre le sida habilitées
  • Un autotest est un test rapide à réaliser chez soi, qui s’achète en pharmacie ou peut être obtenu gratuitement auprès de certaines associations de lutte contre le sida habilitées.
Paris sans sida auto-test
Ville de Paris

En trouvant le préservatif qui vous convient

Le préservatif est un moyen efficace de se protéger du vih et de toutes les autres infections sexuellement transmissibles (IST). Mais c'est aussi un moyen de contraception !
Paris sans sida - illustration
Ville de Paris
Il existe presque autant de préservatifs que de pratiques sexuelles : interne ou externe, en différentes matières, tailles, goûts, épaisseurs, textures… Ils s’achètent aussi bien en pharmacie qu’en supermarché, dans des distributeurs automatiques ou chez certains buralistes.
On en trouve gratuitement auprès de nombreuses associations, bars et boîtes de nuit.
La Ville de Paris achète et redistribue gratuitement chaque année plus d’1,5 million de préservatifs !

En prenant un traitement préventif

Si les traitements antirétroviraux empêchent le virus d’entrer et de se multiplier dans les cellules d’une personne séropositive, certains peuvent aussi être pris par une personne qui n’est pas infectée par le vih pour s’en protéger. C’est ce qu’on appelle la PrEP ou Prophylaxie pré-exposition.
Paris sans sida PrEP
Ville de Paris
La PrEP s’adresse aux personnes qui ne sont pas infectées par le vih, en particulier dans des groupes ou des situations de forte exposition.
Aujourd’hui, le médicament prescrit pour la PrEP est le Truvada® ou un de ses génériques, qui associe deux molécules antirétrovirales dans un même comprimé. Il doit être prescrit par un médecin spécialiste du vih dans un centre hospitalier ou dans un CeGIDD (centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic).
Bientôt, les médecins généralistes pourront aussi initier la PrEP. Elle doit être accompagnée d’un suivi régulier avec un dépistage complet du vih et des autres IST tous les trois mois. Elle est prise en charge à 100% par l’Assurance maladie.

À Paris, plus de 5700 personnes prenaient la PrEP mi-2020 et il reste de larges marges d’augmentation aussi bien chez les HSH que dans les populations les plus exposées pour améliorer la couverture préventive.

En réagissant rapidement après un risque de transmission

Paris sans sida - urgences
Ville de Paris
Le TPE, Traitement Post-Exposition, s’adresse à toute personne qui a été exposée au vih : il permet de diminuer le risque de contamination et doit être pris dès que possible après la situation à risque, si possible dans les 4 heures qui suivent le rapport et au plus tard sous 48 heures. Il est délivré 24h/24 dans les services d’urgences des hôpitaux et dans certains services hospitaliers parisiens en journée.

Engagements et dispositifs

La Ville de Paris est engagée de longue date dans la lutte contre l’épidémie. Elle soutient chaque année pour plus d’un million d’euros de subventions les actions de prévention, de dépistage et de soutien à l’insertion socio-économique des personnes vivant avec le vih menées par une vingtaine d’associations locales.
Dans le cadre de sa politique de prévention et d’accès aux soins, elle gère trois centres médico-sociaux habilités centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) et achète et redistribue gratuitement chaque année plus d’1,5 million de préservatifs.
La lutte contre le vih, est l’une des priorités de l’action internationale de la Ville de Paris, qui y consacre chaque année 1,7 M€. Lors du Conseil de Paris de juillet 2020, une enveloppe de subventions de 1,7 million d'euros a été votée. Ces subventions ont permis de soutenir des programmes portés par 17 associations françaises.

L’initiative des villes

Le 1er décembre 2014, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, Paris a lancé avec l’ONUSIDA et une vingtaine de grandes villes du monde l’initiative des villes pour mettre fin au sida d’ici 2030.
La Déclaration de Paris a depuis été signée par plus de 350 villes dans le monde !

Le rapport Lert

En mai 2015, la Maire de Paris a confié à l’épidémiologiste France Lert la mission d’élaborer des propositions d’organisation et d’actions pour permettre à Paris d’atteindre l’objectif 90-90-90 en 2020, et d’ici 2030 la fin de la transmission du VIH.
Remises le 1er février 2016 après six mois de concertation avec l’ensemble des acteurs locaux de la riposte à l’épidémie, les propositions de France Lert ont été adoptées à l’unanimité par le Conseil de Paris le 18 mai 2016, moins d’un an après le lancement du projet.

La gouvernance

Conformément aux recommandations du rapport Lert, la mise en œuvre du projet Vers Paris sans sida repose sur quatre piliers :
  1. Une politique ancrée dans la communauté, débattue régulièrement au sein d’un comité stratégique réunissant 50 acteurs locaux de la lutte contre le sida, présidé par la Ville et l’Agence régionale de santé d’Ile de France.
  2. Une politique qui reste sur la bonne trajectoire, grâce à un partenariat étroit avec l’ANRS (France REcherche Nord & sud Sida-hiv Hépatites), agence autonome de l’INSERM. Les équipes scientifiques de l’ANRS assurent la surveillance épidémiologique et comportementale à Paris à travers un tableau de bord d’indicateurs. L’Agence est notamment le promoteur de l’étude « PREVENIR » qui vise en effet à accompagner l’implémentation à grande échelle de la PrEP dans une approche globale de santé sexuelle, à Paris et en Île-de-France.
  3. Une coordination des acteurs institutionnels à l’échelle de la région. Paris travaille en lien étroit avec l’Agence régionale de santé, l’Assurance maladie, l’APHP et les COREVIH. Fin 2019, le département de Seine-Saint-Denis, avec lequel existe pour de nombreuses questions de santé une coopération étroite avec Paris, a rejoint l’association Vers Paris sans sida sur la base d’un même socle de principes, d’objectifs et de stratégie.
  4. La création d’une structure pour mobiliser des ressources financières dédiées au programme, en complément de celles investies par la Ville, sous la forme juridique d’une association loi 1901. Créée le 13 septembre 2016, cette association, « Vers Paris sans sida » a pour objet de collecter des fonds publics et privés afin de financer les actions proposées dans le cadre de la stratégie pour en finir avec l’épidémie de vih à Paris. Elle a vocation à financer toute action permettant d’atteindre l'objectif d’arrêt de la transmission du vih à Paris, en s’appuyant sur les recommandations du comité stratégique issu du rapport Lert, et a aussi pour objectif d'innover et de proposer avec d’autres acteurs parisiens de nouvelles interventions ou de nouveaux dispositifs.

Actions financées à ce jour

La stratégie parisienne, par son approche globale des causes de l’épidémie, par son volontarisme et par son pragmatisme, a d’emblée reçu le soutien de plusieurs financeurs. En 2019 et 2020, elle a reçu des fonds de Gilead Sciences, de ViiVHealthcare et aussi d’institutions publiques pour les recherches qui accompagnent ses projets (ANRS, Santé publique France, ATS Île-de-France) et pour ses campagnes de communication et son soutien aux innovations.
L’association « Vers Paris sans sida » soutient à ce jour :
  • une augmentation de 8 à 9% du dépistage avec l’offre ALSO, financée par l’assurance maladie en partenariat avec l’ARS, qui permet de se faire dépister sans frais, sans rendez-vous et sans ordonnance dans tous les laboratoires de Paris et des Alpes-Maritimes
  • en parallèle, une communication continue sur le dépistage par affichage et sur les réseaux sociaux pour soutenir le passage de l'intention à la réalisation du test
  • la capacité de dépistage communautaire des associations intervenant auprès des migrants et des populations afro-caribéennes dans les quartiers prioritaires : financement de l’activité de dépistage d’Afrique Avenir par bus équipés, d’Afrique Arc en Ciel associée à ESPOIR par l’organisation de soirées de voguing, et d’AREMEDIA associée au CeGIDD Fernand Widal à destination des réfugié·e·s en demande d’asile LGBT
  • le déploiement des autotests comme solution complémentaire favorisant le dépistage fréquent pour les personnes les plus exposées : en négociant un prix unique pour l’ensemble des associations et CeGIDD habilités à délivrer gratuitement des autotests, l’association Vers Paris sans sida leur a permis d’accroître de 50% les volumes subventionnés par la dotation ARS spécifique.
  • L’accès des personnes trans aux droits et aux services par la sensibilisation à l’accueil des transidentités des personnels de divers structures clés de la ville.
  • Une communication ciblée vers les HSH, par l’égérie de VPSS, le « Dr Naked », informant sur des pratiques safe, et par la série « Célébration » mettant en avant la bonne nouvelle de la charge virale indétectable, et vers les diasporas africaines par la série « Les Bonnes Nouvelles d’Alimata » qui informe sur la prévention combinée en mettant en avant la communication au sein de la communauté, représentée par la fréquentation d’un magasin de produits du quotidien et de sa patronne Alimata qui remplit une fonction médiatrice auprès de ses clients.
  • En 2020, l'association « Vers Paris sans sida » a mis en place, dans le contexte de la crise covid, une communication informant sur les services de santé sexuelle restés ouverts et les lignes de soutien psychologique et apporté une contribution, par des vidéos en 25 langues, au déploiement de l'information sur le covid, les gestes barrières et l'accès aux droits.
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