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Focus

Paris Musées ou la culture de l'économie circulaire

Mise à jour le 15/02/2021
Dès sa création en 2013, Paris Musées a intégré les principes de l'économie circulaire. L'institution municipale, qui gère 14 musées parisiens, réemploie du mobilier ou des éléments de scénographie dans plusieurs expositions. Une boîte à outils à destination de tous les acteurs culturels a aussi été créée pour les aider à optimiser cette démarche éco-responsable et à mieux assurer la logistique.
Réutiliser la même scénographie pour plusieurs expositions est désormais une démarche courante au sein de Paris Musées, qui l'inscrit dans le cahier des charges de ses scénographes.
C'est la Maison de Victor Hugo (4e) qui a été pionnière en la matière : en 2017, la scénographie d'Alexis Patras pour l’exposition « La Folie en tête » a été réutilisée pour les expositions « Caricatures à la une » (2018) et « Portrait d’une maison » (2019).
Du côté du Petit Palais, la démarche a été indiquée dès la phase d’appel d’offre dans le cahier des charges du scénographe, ici l'Atelier Maciej Fiszer, qui a dû penser réemploi pour les expositions « Zorn » (automne 2017), « Les Hollandais à Paris » (printemps 2018) et « Impressionnistes à Londres » (automne 2018). A voir dans ce diaporama.
Par ailleurs, comme toute démarche d'éco-responsabilité, les efforts consentis pour atteindre les objectifs doivent être collectifs. D'où la création d'un livret opérationnel à destination du monde culturel, fruit du travail que la Ville de Paris a mené avec les acteurs des réseaux culturels et les acteurs de l’économie circulaire. Un vade-mecum pour aider les lieux à s’engager dans une démarche de transition.

Des matériaux nobles et pérennes

Une démarche sur le réemploi du mobilier, vitrines, socles et sur certains éléments de scénographie est aussi très développée, même si elle demande de bonnes capacités de stockage. Elle permet de construire moins, en utilisant parfois des matières nobles comme le chêne, versus le panneau de bois MDF, également appelé medium.
Construire avec des matériaux nobles représente un coût plus élevé pour l’établissement mais permet d’envisager une réutilisation pérenne, alors que le médium ne pourra être réutilisé que pour 4 ou 5 expositions maximum.
A titre d'exemple, au musée Galliera, le mobilier muséographique en médium des expositions « Anatomie d’une collection » (2016) et « Dalida » (printemps 2017) a été réutilisé pour l’exposition « Fortuny » (automne 2017).
De même, les vitrines en merisier de l’exposition Baudelaire au musée de la Vie romantique en 2016 ont été utilisées pour d’autres expositions au sein du musée (« Redouté » en 2017) ou à la Maison de Victor Hugo en 2017 pour « Victor Hugo et l’Espagne" ou « Folies en tête ».
Le musée d'Art moderne (MAM) a quant à lui pensé réemploi pour son exposition « Les flammes, l'art vivant de la céramique » en récupérant un grand nombre de vitrines en laiton du musée, mais aussi des vitrines et des socles de ses expositions précédentes comme « Hubert Duprat », « Victor Brauner » et « Les contes étranges de Niels Hansen Jacobsen » ainsi que des vitrines du musée Zadkine.
On peut aussi noter que depuis 2019, le Petit Palais dispose de cimaises réutilisables et démontables qui serviront pour les expositions des grandes galeries comme « L'Age d'or de la peinture danoise » (septembre 2020- janvier 2021), « Ilia Repine » (automne 2021) et les expositions prévues en 2022 et 2023.

La loi amendée pour favoriser le réemploi

Jusqu'au 20 février 2020, la loi empêchait les collectivités territoriales de céder gratuitement les biens de scénographie dont ils n'avaient plus l'usage. Seuls l’Etat et ses établissements publics avaient la possibilité de céder des biens de scénographie à titre gracieux, au profit de toute personne agissant à des fins non commerciales dans le domaine culturel ou dans celui du développement durable.
Mais en février 2020, l'article L. 3212-3 du code général de la propriété des personnes publiques est amendé comme suit : « Les collectivités territoriales, leurs groupements et leurs établissements publics peuvent également céder gratuitement les biens de scénographie dont ils n'ont plus l'usage, aux mêmes conditions que celles fixées pour l'Etat au 7° de l'article L. 3212-2 du présent code. »

Un travail collaboratif

Si la crise actuelle ne facilite pas la généralisation de cette démarche d'éco-responsabilité, les efforts se poursuivent et différentes pistes sont explorées pour optimiser une logistique importante, en termes de transports comme de stockage notamment.
Des réflexions sont ainsi menées pour offrir la possibilité de louer des caisses de stockage ou encore pour la création d'une réserve de stockage pour le mobilier scénographique.

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