Lutte contre la spéculation et les logements inoccupés : comment Paris va s'engager
Actualité
Mise à jour le 14/04/2026
Sommaire
La Ville de Paris a présenté ses objectifs en matière de logement lors du Conseil de Paris du 14 avril. Lutte contre les logements inoccupés, contre les meublés touristiques permanents, création d'une brigade de protection du logement et pérennisation de l'encadrement des loyers font partie des principales mesures.
La France et l'Europe font face à une crise du logement d'une ampleur inédite. Et la capitale ne fait pas exception. Pour y répondre, la Ville de Paris a dévoilé, lors du Conseil de Paris réuni le mardi 14 avril, différents objectifs. Voici ce qu'il faut retenir des engagements annoncés par le nouveau maire, Emmanuel Grégoire.
Chiffres clés à Paris
- La part des logements sociaux a atteint 25 % (contre 13 % au début des années 2000)
- Objectif de 60 000 nouveaux logements sociaux construits durant la nouvelle mandature
- 320 000 demandeurs restent aujourd'hui en attente d'un logement social
- 300 000 logements vacants et résidences secondaires
- Objectif de 60 000 nouveaux logements sociaux construits durant la nouvelle mandature
- 320 000 demandeurs restent aujourd'hui en attente d'un logement social
- 300 000 logements vacants et résidences secondaires
Loger celles et ceux qui font vivre notre ville
Lutter contre les logements inoccupés
À Paris, des dizaines de milliers de logements sont inoccupés, occupés occasionnellement ou utilisés comme résidences secondaires, réduisant d'autant l'offre disponible pour les habitants permanents. Pour y remédier, la Ville a obtenu, dans le projet de loi de finances 2026, la création d'une taxe unique sur la vacance des locaux d'habitation (TLVH), dont le taux pourra être majoré dès 2027. L'objectif n'est pas fiscal : il s'agit surtout d'inciter les propriétaires à remettre leur bien sur le marché locatif.
Pour les accompagner, la Ville entend s'appuyer sur des dispositifs comme l'intermédiation locative sécurisée, les aides à la rénovation énergétique et mettre en place un guichet unique pour orienter les propriétaires vers les dispositifs de remise sur le marché les plus adaptés à leur situation.
En parallèle, la Ville de Paris poursuivra son intervention sur le marché immobilier à travers la préemption, l'acquisition publique ou les négociations amiables pour cibler les immeubles à forte vacance ou avec d'importants besoins de rénovation énergétique.
Pour freiner le développement des résidences secondaires, la Ville mettra en œuvre, dans son Plan Local d'Urbanisme bioclimatique (PLUb), les nouvelles possibilités offertes par la loi du 19 novembre 2024 afin de réserver la construction de nouveaux logements uniquement à l'habitat permanent.
Lutter contre les meublés de tourisme permanents
Paris mène, depuis plusieurs années, une politique offensive de régulation des meublés de tourisme. Avec la loi Echaniz-Le Meur votée en 2024, la transformation de logements en meublés touristiques est désormais soumise à des obligations de compensation très strictes et même interdite dans certaines zones grâce au PLUb.
La Ville souhaite mettre fin au phénomène de multiloueurs (exploitant plusieurs meublés de tourisme de manière permanente) et réserver la location touristique aux résidences principales, dans une limite de 90 jours par an au maximum.
En parallèle, la Ville incitera les copropriétés à s'emparer d'une nouvelle disposition, validée par le Conseil constitutionnel. Celle-ci permettra aux copropriétaires d'interdire (à la majorité des deux tiers) les meublés de tourisme dans les lots qui ne sont pas des résidences principales. Pour faire respecter la réglementation en vigueur, une équipe d'une trentaine d'agents est déjà chargée des contrôles : ses effectifs seront renforcés tout au long de la mandature.
Protéger les habitants et les habitantes
Création d'une brigade de protection du logement
La Ville souhaite créer une brigade de protection du logement, chargée de coordonner et de renforcer les actions de contrôle et de protection des habitants. Elle interviendra sur plusieurs fronts : meublés touristiques illégaux, habitat insalubre et marchands de sommeil, prévention des expulsions, respect de l'encadrement des loyers, mais aussi lutte contre les détournements de baux, les ventes à la découpe et les pratiques spéculatives qui chassent les locataires en place.
Pérenniser l'encadrement des loyers
L'encadrement des loyers constitue un outil essentiel. Entre 2019 et 2024, il a permis de réduire la hausse des loyers de -5,2 % par rapport à une situation sans encadrement, avec un effet atteignant -8,2 % sur la période la plus récente. Concrètement, cela représente une économie moyenne de 82 € par mois, soit près de 1 000 € par an pour les locataires.
Depuis 2023, les locataires peuvent directement signaler à la Ville les dépassements. La Ville souhaite que ce dispositif, qui arrive à échéance en novembre 2026, soit étendu à tous types de locations permanentes (y compris le coliving) pour éviter les contournements.
Mise en place d'une Garantie Municipale des Loyers et d'un Observatoire du parc privé
La Ville souhaite mettre en place une Garantie Municipale des Loyers (GML) pour faciliter l'accès au logement des publics, notamment de ceux dont la situation complexifie les démarches (irrégularité des revenus, changement soudain de situation…).
Un Observatoire du parc privé sera également créé pour suivre les évolutions du marché privé et adapter les politiques en continu.
Une action indispensable de l'État : donner les moyens aux collectivités d'agir
La Ville de Paris a besoin de l'État pour lui donner les moyens d'agir. Elle porte de nombreuses propositions, partagées avec de très nombreux territoires de tous horizons politiques, qui doivent trouver un débouché rapide.
En matière de fiscalité, Paris appelle à poursuivre le travail sur la fiscalité des meublés de tourisme et de location classique pour que cette dernière cesse d'être désincitative, alors qu'elle devrait être encouragée.
En matière d'encadrement des loyers, il y a désormais urgence à légiférer pour pérenniser le dispositif avant son échéance de novembre 2026, et à y intégrer les nombreuses propositions portées par l'Alliance des collectivités. Il faut également encadrer l'ensemble des pratiques de contournement des règles observées en instaurant un enregistrement obligatoire des locations et en définissant et encadrant légalement les produits de type coliving.
La Ville appelle également à ce que les communes puissent se voir déléguer le pouvoir de réquisition des immeubles et logements vides depuis plusieurs années pour les remettre en location et éviter de se voir dégrader des bâtiments sans aucun occupant. Il s'agit d'un dispositif temporaire qui répond à une urgence sociale.
Default Confirmation Text
Settings Text Html
Settings Text Html
Votre avis nous intéresse !
Ces informations vous ont-elles été utiles ?
Attention : nous ne pouvons pas vous répondre par ce biais (n'incluez pas d'information personnelle).
Si vous avez une question, souhaitez un suivi ou avez besoin d'assistance : contactez la Ville ici.