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Entretien

Louis Leterrier : « Tourner Lupin à Paris, quel plaisir ! »

Mise à jour le 11/02/2021
Réalisateur des trois premiers épisodes de « Lupin », Louis Leterrier n’a pas boudé son plaisir en tournant à Paris, ville qui l’a vu naître et où il a en partie grandi. Ravi (et surpris) du succès rencontré par la série adaptée du célèbre roman de Maurice Leblanc, il salue également sa collaboration avec la Mission Cinéma de la Ville de Paris, qui lui a permis de réaliser des scènes improbables, voire inespérées. Rencontre avec le meilleur ambassadeur de la capitale à Hollywood où il vit désormais.

Comment expliquer un tel succès pour la série Lupin ? Outre le personnage, pensez-vous que le charme de Paris a opéré ?

On savait qu’on allait faire quelque chose qui nous plairait. Mais la manière dont la série a connecté avec le public français et international, c’est du jamais vu. Personne ne pouvait le prévoir. Ça va bien au-delà de nos espérances ! Outre le talent d’Omar Sy et le mien [rires], je pense que Paris contribue grandement à ce succès. Car l’un des personnages clés de l’histoire, c’est elle, la ville.
Paris a été notre toile de fond, notre terrain de jeu. Elle fait partie intégrante de l’énigme avec sa lumière et sa noirceur. C’est ce qui nous a attirés, et c’est aussi pour ça que nous voulions filmer dans un Paris iconique (Luxembourg, Louvre, Montmartre), qu’on a essayé de montrer sous un jour nouveau, avec des angles différents.

Justement, n’avez-vous pas eu peur de tomber dans le cliché en filmant des lieux qu’on a vus mille fois au cinéma (Montmartre, le Louvre, le Luxembourg) ?

Ça a été une inquiétude au début en effet. J’avais peur de tomber dans ce cliché, surtout à l’égard du public parisien. Mais j’ai vraiment essayé de montrer des angles qu’on ne connaissait pas, des points de vue qu’on n’a pas l’habitude de voir. Et je me suis aussi fait plaisir : j’ai grandi au Luxembourg, c’est là que j’ai commencé à faire mes premiers courts métrages amateurs quand j’avais 8 ans. C’était aussi une façon de réaliser mon rêve d’enfant.

Comment le contexte sanitaire a joué sur le tournage de la série et sa diffusion ?

Nous n’avons pas été impactés par la pandémie puisque nous avons tourné ces trois premiers épisodes de novembre 2019 à janvier 2020. Mais quand bien même, mis à part les contraintes sanitaires classiques à respecter, obtenir les autorisations de tournage n’auraient pas été plus compliqué, d’autant plus que beaucoup de lieux sont fermés, donc plus facilement accessibles pour les tournages. D’ailleurs, les tournages se poursuivent aujourd’hui à Paris, malgré le contexte.

La Mission Cinéma a réalisé un travail incroyable pour nous accompagner. Ce sont de vrais amoureux du 7e art.

Louis Leterrier
réalisateur de 3 épisodes de la série Lupin
Quant au succès de la série, notamment aux États-Unis, il est, je pense, dû en partie au contexte : les gens sont en manque de voyage, et nous les avons fait voyager. Beaucoup de mes amis à Los Angeles [il y réside depuis plusieurs années, ndlr] m’ont remercié de leur avoir fait découvrir Paris sous cet angle, de leur offrir des plans originaux de la capitale. Malheureusement, le monde est redevenu très petit, et la possibilité de voyager n’est possible aujourd’hui qu’à travers les écrans de télé.

Quelles aides vous a apporté la Mission Cinéma de la Ville de Paris ?

La Mission Cinéma a réalisé un travail incroyable pour nous accompagner. Ce sont de vrais amoureux du 7e art. Certes, leur mission est aussi de protéger les intérêts de Paris, mais ils se sont vraiment démenés pour qu’on puisse faire tout ce qu’on voulait faire. Par exemple, la poursuite du Louvre avec la Ferrari qui se plante dans la pyramide inversée n’était pas dans le scenario, j’en ai vraiment eu l’idée pendant le tournage.
J’ai posé la question à la Mission Cinéma, et on m’a répondu : « Vous voulez faire une course poursuite en Ferrari au Louvre ? Aucun problème, on vous bloque les rues et on vous organise ça. » On va vers la Ville de Paris, on pose des questions, on échange, on apprend à se connaître, on explique, et tout se passe très bien.

Est-ce plus simple de travailler à Hollywood ou à Paris ?

Ce n’est pas du tout la même chose. A Paris, ce qui est agréable, c’est qu’on a un ou deux interlocuteurs. Si on en a vraiment besoin, on peut même s’adresser directement à la maire. Ça ne se passe pas du tout comme ça aux États-Unis, où les niveaux de décisions ont plusieurs strates, avec plusieurs interlocuteurs dans tous les sens, on s’y perd. A Paris, la réponse arrive vite. Et si c’est non, on sait tout de suite pourquoi.
J’ai tourné à Londres, à Los Angeles, à New York… Paris est la seule grande ville qui a cette organisation simplifiée. D’autant plus que la Mission Cinéma est gérée par un amoureux du cinéma. Ce n’est pas forcément le cas aux États-Unis, où nos interlocuteurs ne sont pas toujours des passionnés.

Une anecdote en particulier sur ce tournage parisien ?

Le souvenir le plus marquant est lorsque j’ai pu tourner trois scènes en une seule journée : un bout de poursuite à vélo au Luxembourg, la scène sur la passerelle du Pont neuf avec Omar Sy et le fils de son personnage, et la scène de la Ferrari au Louvre. C’était incroyable. En un jour, j’ai flâné dans les rues en tournant trois scènes complètement différentes, et c’était vraiment très agréable. Ça, je pense que c’est quelque chose qu’on ne peut faire qu’à Paris.

Lupin dit à un moment : « Vous m’avez regardé, mais vous ne m’avez pas vu. » Paris, c’est exactement ça, un personnage aux mille facettes, une ville pleine de mystères.

Louis Leterrier
RÉALISATEUR DE 3 ÉPISODES DE LA SÉRIE LUPIN
Une autre anecdote : lorsque j’étais en repérage pour le film, je me baladais beaucoup (c’est tellement agréable de faire le touriste dans sa ville !). J’ai découvert cette grille d’évacuation avec des escaliers de secours qui s’ouvre devant le Louvre. Personne ne l’avait utilisée avant, c’était inédit. C’est une grille qui existe bien, que personne ne voit. Je voulais absolument m’en servir dans une scène, mais c’était impossible initialement, la responsable du Louvre ne m’avait pas accordé l’autorisation. Nous avons échangé, et à force de discussions, j’ai obtenu l’accès, mais pour une seule prise.

Que retenez-vous de ce tournage ?

Ma collaboration avec la Mission Cinéma de la Ville, ils ont été extraordinaires. Et aussi, que Paris reste la plus belle ville du monde, mais également la plus secrète, on y passe de l’ombre à la lumière. Dans le premier épisode de la série, Lupin dit à un moment : « Vous m’avez regardé, mais vous ne m’avez pas vu. » Paris, c’est exactement ça, un personnage aux mille facettes, une ville pleine de mystères. Il y a toujours quelque chose à y découvrir. Et elle continue de m’inspirer !

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