Les termites à Paris : écologie d’une espèce invasive en milieu urbain

Focus

Mise à jour le 12/05/2026

Hôtel à insectes
Cette recherche étudie l’installation et la propagation du termite américain Reticulitermes flavipes à Paris. Elle analyse les mécanismes biologiques, urbains et environnementaux qui permettent à cette espèce invasive de coloniser durablement la ville malgré les politiques de lutte mises en place depuis plusieurs décennies.
Infos clés
Dispositif : Cifre
Chercheur-se : Guillaume BAUDOUIN
Période : 2014 - 2017
Statut : thèse soutenue
Direction : Direction du Logement et de l'Habitat
Thématique : écologie urbaine, espèces invasives

Présentation

Cette thèse s’intéresse à la présence du termite souterrain américain Reticulitermes flavipes à Paris, une espèce invasive introduite en France et particulièrement bien adaptée au milieu urbain.
Présents dans la capitale depuis les années 1950, les termites causent d’importants dégâts dans les bâtiments et les infrastructures. Malgré les traitements et dispositifs de lutte déployés depuis plusieurs décennies, les infestations continuent de progresser.
La recherche vise à comprendre :
  • comment cette espèce est arrivée à Paris ;
  • pourquoi elle parvient à persister durablement ;
  • quels facteurs urbains favorisent sa propagation ;
  • et comment améliorer les stratégies de prévention et de lutte.
Le travail croise écologie urbaine, génétique des populations et analyse du paysage urbain pour étudier les liens entre organisation de la ville et dynamique biologique des termites.

Méthodologie

La recherche repose sur plusieurs études menées à Paris et dans différentes régions françaises.
L'auteur combine :
  • prélèvements de termites sur le terrain ;
  • analyses génétiques des colonies ;
  • cartographie des infestations ;
  • étude des structures urbaines ;
  • analyse des réseaux de transport et des espaces verts ;
  • génétique du paysage ;
  • suivi temporel des colonies.
La thèse mobilise notamment des outils de microsatellites et de phylogéographie pour identifier les relations entre colonies et retracer l’histoire de l’invasion.

Résultats

Des colonies capables de survivre très longtemps
L’étude montre que les colonies de termites parisiennes peuvent persister pendant de nombreuses années, y compris dans des zones déjà traitées. Certaines réinfestations ont été observées plus de quinze ans après des opérations de lutte.
Cette capacité repose notamment sur :
  • la reproduction par néoténie ;
  • le “bouturage” des colonies ;
  • des modes de dispersion efficaces.
Autrement dit, les termites peuvent reconstituer localement une colonie même après une destruction partielle.
Le paysage parisien favorise leur propagation
La recherche identifie plusieurs facteurs urbains favorables à la diffusion des termites :
  • la densité du bâti ancien ;
  • les réseaux souterrains ;
  • certains espaces verts ;
  • les infrastructures de transport ;
  • les continuités souterraines de circulation.
Le tissu urbain parisien agit ainsi comme un environnement particulièrement propice à leur installation et à leur déplacement.
Une espèce très adaptée à la ville
La thèse montre que Reticulitermes flavipes possède des caractéristiques biologiques particulièrement compatibles avec le milieu urbain :
  • forte capacité d’adaptation ;organisation sociale complexe ;
  • dispersion facilitée ;
  • résistance aux perturbations ;
  • aptitude à exploiter des environnements anthropisés.
Les villes créent en effet des conditions écologiques favorables à certaines espèces invasives, notamment à travers les îlots de chaleur urbains et les infrastructures humaines.
Une invasion liée aux circulations humaines
Les analyses génétiques suggèrent que la propagation des termites en France est fortement liée aux activités humaines et aux réseaux de transport.
La mondialisation des échanges et le développement des infrastructures urbaines ont joué un rôle majeur dans l’introduction et la diffusion de cette espèce invasive.

Apports pour la Ville

Cette recherche apporte des connaissances utiles pour :
  • améliorer les politiques de lutte contre les termites ;
  • mieux cartographier les zones à risque ;
  • anticiper les dynamiques d’infestation ;
  • intégrer les risques biologiques dans l’aménagement urbain ;
  • comprendre les effets écologiques de la ville sur les espèces invasives.
Elle montre aussi que les infrastructures urbaines influencent fortement les dynamiques écologiques et les circulations d’espèces en ville.

Partenaires

  • Direction du Logement et de l’Habitat (DLH) – Ville de Paris
  • Université François-Rabelais de Tours
  • Institut de Recherche sur la Biologie de l’Insecte (IRBI)

Consulter la thèse

Le dispositif Cifre
Cette recherche est menée dans le cadre du dispositif CIFRE (Convention industrielle de formation par la recherche), qui permet à un doctorant ou une doctorante de conduire une thèse en partenariat avec une structure publique ou privée.
À la Ville de Paris, ce dispositif favorise le développement de recherches en lien direct avec les politiques publiques parisiennes.
En savoir plus sur le dispositif Cifre
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