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Le parc des Buttes-Chaumont, une ode à l'art paysager

Mise à jour le 02/05/2019
Imaginé par Napoléon III, le parc des Buttes-Chaumont est un chef-d’œuvre d’art paysager inauguré le 1er avril 1867, à l’occasion de l’exposition universelle de Paris.
Des falaises d’Étretat aux prairies alpines, des bosquets méditerranéens au kiosque d’inspiration romaine qui surplombe l’île du Belvédère et ses deux passerelles… Vous voici embarqué dans la plus dépaysante des balades parisiennes, au cœur du plus grand parc intra-muros de la capitale.
Avec ses 25 hectares, le parc des Buttes-Chaumont est une ode à la France et à ses paysages, reconstitués de toutes pièces au XIXe siècle. « Nous sommes ici dans la représentation de la splendeur napoléonienne », explique Claude Rouanet, agente supérieure d’exploitation à la Ville de Paris et cheffe de l’atelier de jardinage des Buttes-Chaumont.
Un parc géré durablement

Écolabellisé, le parc des Buttes-Chaumont a proscrit l’usage des produits phytosanitaires en 1999 et mis en place la gestion différenciée de sa biodiversité.

Afin de protéger les sols et de les rendre plus fertiles, les jardiniers ont planté quelque 100.000 lierres dans les sous-bois et ne ramassent plus les feuilles mortes et autres déchets végétaux, permettant la constitution d’une litière naturelle.

Par ailleurs, la rénovation du réseau hydraulique du parc, alimenté par le canal de l’Ourcq et qui fonctionne en circuit fermé, permet l’économie de plus d’un million de mètres cubes par an.

Amener la France aux Parisiens

C’est en effet Napoléon III qui ordonne la construction de ce « jardin à l’anglaise », à la scénographie irrégulière, dans le cadre d’une politique d’urbanisation entreprise avec le baron Haussmann. L’idée : créer le premier jardin public pour « amener la France et l’Empire aux Parisiens sans se déplacer », détaille Claude Rouanet.
Il faudra trois petites années à l’ingénieur Jean-Charles Adolphe Alphand pour faire sortir de terre cet incroyable parc paysager. Un exploit technique, alors que toute la zone était rendue inconstructible par l’exploitation d’une carrière de gypse, désormais condamnée par une cascade de 32 mètres.

Priorité aux panoramas

Aujourd’hui, le parc est presque devenu un lieu de villégiature pour les Parisiens en quête d’évasion bucolique. Face à la mairie du 19e, une des six entrées possibles donne directement sur un lac poissonneux et l’île du Belvédère, au sommet de laquelle culmine à plus de 30 mètres la reconstitution du temple romain de Sibylle.

Pour y parvenir, le promeneur empruntera de petits chemins de « montagne » longés par des ruisseaux et des balustrades en rocaillage, technique décorative très en vogue à l’époque. « Toute la scénographie du parc est réfléchie pour donner à voir aux Parisiens, pour leur offrir les meilleurs points de vue sur la ville », précise Claude Rouanet, qui a même dû redéfinir le périmètre de certains massifs d’arbustes pour dégager le panorama.

Arbres remarquables

Cette passionnée de nature gère l’entretien, avec l’aide des 35 jardiniers et agents chargés de la propreté, des quelque 108 massifs arbustifs et arborés du parc, « souvent à la force des mollets ».
Et de s’émerveiller inlassablement devant les « arbres remarquables » des Buttes-Chaumont :
- Ici, trois immenses platanes d’Orient (Platanus orientalis) déploient leur majesté sur un épais lit de lierres incliné vers le lac, Situés à mi pente, ils ont plus de 150 ans car plantés en 1865 alors qu’ils avaient grandi quinze ans en pépinière. Ces arbres magnifiques aux larges troncs bosselés présentent une circonférence de 6,70 m pour le plus gros et d’épaisses branches dressées en couronne.
- Là, un splendide sophora du Japon (Sophora japonica) penché au bord du rivage semble faire la cour à la Sibylle haut perchée.
Planté en 1873 au bord du lac, ce sophora a reçu en 2015 le label national « Arbre remarquable de France ». D’une hauteur de 10 mètres, il arbore un tronc grisâtre d’une circonférence de 3,75 m et des branches tortueuses qui semblent attirées par l’eau du lac. Certaines sont aussi grosses qu’un tronc et l’une d’elle, fragilisée, est en appui sur le sol.
Jardin public peut-être, mais une aura impériale plane indéniablement sur les Buttes-Chaumont.

Un parcours en 28 points d'intérêt

C’est la grande nouveauté 2019 : l’Agence de l’écologie urbaine et l’équipe des Buttes-Chaumont mettent en place dès cet été un parcours de 28 étapes dans le parc, qui débute à l’entrée Armand-Carrel face à la mairie du 19e. Ces 28 points d’intérêt sont identifiés par des panneaux munis de QR Codes. Une fois scannés via une application gratuite (téléchargée sur votre smartphone), chaque QR Code vous renvoie sur le site de Paris.fr où des informations sur la biodiversité, l’histoire et le patrimoine du parc vous sont livrées.

Guignol, l'autre point d'intérêt

La célèbre marionnette Guignol, créée en 1808, fait le show dès que les beaux jours reviennent dans deux théâtres du parc : un couvert côté rue Botzaris, et un autre en plein air, le Guignol Anatole, côté mairie du 19e. L’acteur et marionnettiste Pascal Pruvost assure le spectacle dans ce dernier, qu’il a racheté à la Ville en 2003.

Ce passionné « depuis toujours » fabrique lui-même ses décors et certaines de ses marionnettes, avec l’aide de son compère Willeme. « Jouer aux Buttes, c’est comme une récréation », savoure Pascal. Une récréation, peut-être, mais son public, « âgé de 2 à 10 ans en moyenne » n’en reste pas moins « un public très exigeant ! »

Prix : 4,50 euros, adultes et enfants à partir de 2 ans. Séance par beau temps, entre 15 et 30 degré, à partir de 16h30. Tout le programme ici.

Parc des Buttes-Chaumont
Place Armand-Carrel
75019 Paris
Métro
Buttes-Chaumont ou Botzaris, ligne 7bis
Laumière, ligne 5
Velib
Station 19024, 28 / 30 rue botzaris
Station 19023, face 1 rue manin
Station 19101, 36 avenue simon bolivar

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