Parcours Biodiversité des Buttes-Chaumont

Au fil des 28 étapes, scannez les QR Codes pour découvrir un espace vert historique, particulièrement riche de biodiversité.

Etape 1 - Parc historique du Second Empire 

Chef d’œuvre des réalisations du Second Empire, ce grand parc public du Nord de Paris, inauguré en 1867 par Napoléon III lors de l’Exposition Universelle, a été aménagé après 3 ans de travaux à l’emplacement d’anciennes carrières et de dépotoirs. La colline du Mont Chauve exploitée en carrière de gypse a été découpée en buttes et façonnée de rochers, falaises, torrents, cascades, grotte, alpages, île, piton, arche. Inspiré des jardins publics londoniens, le parc est un jardin escarpé paysager irrégulier représentant une juxtaposition de tableaux, d’effets de surprise, de perspectives et de chemins aux courbes harmonieuses. Cette réalisation a été confiée par le baron Haussmann à l'ingénieur en génie civil Jean-Charles Alphand et son équipe, l’architecte Gabriel Davioud, le paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps, et d’un confrère Eugène Belgrand.

Le saviez-vous?

Les nombreuses plantations ont été réalisées sur 25 hectares après un apport de 130 000 m3 de terre végétale et 2 000 m3 de terreau. De l’entrée, la silhouette élancée du peuplier d’Italie, Populus nigra 'Italica', conduit le regard sur l’île haute de 30 mètres, surmontée du temple de la Sybille dominant le lac. Ce temple inspiré de celui de Vesta à Tivoli, emmène le promeneur en voyage en Italie.

Etape 2 - Sophora remarquable

Planté en 1873 au bord du lac, ce sophora du Japon (Sophora japonica) d’exception, a reçu en 2015 le label national, « Arbre remarquable de France ».

D’une hauteur de 10 mètres, il arbore un tronc grisâtre d’une circonférence de 3,75 m et des branches tortueuses qui semblent attirées par l’eau du lac. Certaines sont aussi grosses qu’un tronc et l’une d’elle, fragilisée, est en appui sur le sol.

Originaire de Chine et de Corée, le sophora porte de longues feuilles de 20 à 25 cm composées de plusieurs petites folioles allongées, réparties de part et d'autre de la nervure centrale. Elles apparaissent en fin de printemps alors que la plupart des feuillages des autres arbres sont déjà bien verts.

Les fleurs tardives dans la saison attendent le mois d'août pour éclore. Elles se groupent en longues panicules dressées blanc crème, odorantes et mellifères. Les petites fleurs papilionacées s’ouvrent progressivement, les plus anciennes se fanent et se répandent en un tapis blanc au sol. Les fruits - en forme de gousses étranglées typiques - contiennent des graines, source de nourriture appréciée des oiseaux.

Le sophora est une essence très bien adaptée à la ville et au changement climatique en cours. Il résiste aux basses températures, tolère la chaleur et la sécheresse ainsi que la pollution atmosphérique !

Le saviez-vous?

Les vieux arbres du parc sont étroitement surveillés. Ici, la très faible profondeur de sol fragilise leur assise, les menaçant de déracinement lors d’épisodes pluvieux denses ou venteux. Hormis certains pour lesquels des fosses ont été creusées, mais non répertoriées sur les plans originels, les arbres ne peuvent pas enfoncer leurs racines et les étalent en surface.

3 - Cornouillers mâles

Les Cornouillers ou Cornus sont des arbustes très décoratifs à la fin de l’hiver avec une floraison très précoce, qui arrive avant les feuilles. Les fleurs sont regroupées en ombelles plates ou en glomérules. Ils peuvent atteindre 7 m de hauteur et possèdent des feuilles vertes aux nervures caractéristiques qui prennent des couleurs flamboyantes en automne. Le parc abrite de magnifiques vieux cornouillers mâles (Cornus mas). Cet arbuste de notre flore européenne présente des fleurs jaune pâle très mellifères constituant ainsi une plante relais importante pour la faune.

Le saviez-vous?

Les fruits, les cornouilles, sont des baies globuleuses, rouge foncé à maturité fin août. Ils constituent une nourriture automnale pour les oiseaux et certains petits mammifères du parc dont on retrouve les crottes rouges et violettes. Les cornouilles, comestibles, peuvent servir à la réalisation de confitures, gelées ou sirop.

4 - Tulipier de Virginie

Liriodendron tulipifera, arbre aux feuilles tronquées, ne peut être confondu avec aucun autre. La forme de ses feuilles est remarquable. Leur pointe semble avoir été sectionnée d’un coup de ciseaux.

Ses fleurs mellifères de couleur jaune clair s’épanouissent en mai-juin. Parfumées, elles ressemblent à des tulipes jaune-orange. La floraison ne survient que lorsque le tulipier atteint l’âge de 10 ou 15 ans. Proche des magnolias, le tulipier peut devenir un très grand arbre. Il se plait en situation isolée, proche de l’eau. Rustique, résistant, il arbore dès le début de l’automne un feuillage flamboyant.

Le saviez-vous?

Originaire du sud-est des États-Unis, il a été introduit à Versailles en 1732.

5 - Grotte et cascade

Au détour de l’Avenue du Lac, la grotte se dévoile, décorée de fausses stalactites dont les plus grandes atteignent 8 mètres. Cette grotte est l’ancienne entrée de la carrière de gypse. Une grande cascade de 32 mètres chute avec fracas et embruns. Le long de la rivière, des plantes habituées des milieux humides et ombragés ont été plantées : consoude, fougère, iris des marais… Un enclos les protège de tout piétinement qui finit par tasser et mettre à nu le sol. Le long des deux falaises, naturelles, deux beaux massifs de terre de bruyère bénéficient de l’hydrométrie ambiante.

Le saviez-vous?

Rénové, le réseau d’eau non potable, particularité de Paris, alimente les deux rivières, la cascade, le lac et sert pour l’arrosage du parc. La mise en circuit fermé de l’eau du lac et de la cascade limite les rejets dans le réseau d’assainissement et économise la ressource en eau. La rénovation du réseau hydraulique du parc permet l’économie de plus d’1 million de m3/an.

6 - Falaise naturelle

Au niveau du pont voûté suspendu à 22 mètres de haut, reliant le plateau à l’île rocheuse, la roche mère de la falaise datant de 35 millions d’années affleure. Les strates régulières de gypse, visibles sur la gauche, se sont empilées au rythme géologique des transgressions et régressions marines, laissant des dépôts de sédiments marins s’amonceler. Sur la droite, du béton a été injecté pour renforcer et colmater les fissures de l'île.

Le saviez-vous?

Sur l’île, les espaces inaccessibles préservés des visiteurs, foisonnent au pied de la falaise ou agrippés à elle, d’arbres, arbustes, plantes sauvages…

7 - Cépée de Séquoia toujours vert

Arbre de grande taille, le Sequoia sempervirens est ici en cépée. Cette forme multicaule, constituée de plusieurs tiges ou troncs, est rare chez les conifères à l’exception du séquoia et de l’if. Il s’agit en fait de touffe de rejets sortant de la souche, de la base de l’arbre qui a été brisée ou coupée.

Presque toutes les essences se prêtent à cette forme, même si la tradition la réserve plutôt à certains (bouleau, charme, noisetier).

Le saviez-vous? 

Les cépées sont très intéressantes pour les écorces décoratives.

8 - Ginkgos

Plantés en 1913, les deux Ginkgo biloba mesurent 35 m de haut. La circonférence de leurs troncs trahit leur âge : 3,55 m pour le pied mâle et 2,30 m pour le pied femelle. Le plus gros, le pied mâle, est labellisé « Arbre remarquable ». Ces spécimens bénéficient d’un suivi sanitaire et d’une protection appropriés.

L’espèce est dioïque : chaque individu possède un sexe distinct. Il arbore des feuilles simples en forme d’éventail, jaune d'or à l'automne. Les pieds femelles produisent des « fruits » (des ovules) à l'odeur nauséabonde. De couleur jaune-orangé, mûrs à l'automne, ces « fruits » ressemblent à des mirabelles. Le ginkgo montre une exceptionnelle résistance aux insectes, aux maladies et aux pollutions atmosphériques. Il a survécu à tous les bouleversements climatiques de notre planète. Cet arbre à croissance lente est particulièrement adapté aux conditions de vie urbaine difficiles.

Le saviez-vous?

Apparu au temps des dinosaures, le ginkgo n’a pas évolué depuis 150 millions d’années. Cette espèce est la seule rescapée de sa famille botanique. Le ginkgo est appelé aussi l’arbre aux quarante écus en raison de la somme alors fabuleuse payée par le botaniste français M. de Pétigny qui acheta, en 1788, cinq plants de ginkgo à un botaniste anglais.

9 - Ile du Belvédère et ailantes

Les prouesses techniques architecturales du XIXe siècle sont mises en valeur dans le parc par les structures métalliques. Ici, la passerelle, suspendue sur 65 mètres de long, franchit le lac pour accéder à l’île du Belvédère. Au point le plus haut de l’île se trouve le « temple de la Sibylle », construit en 1866, symbole du parc. Situé à 30 m au dessus du niveau de l’eau, il permet d’admirer un large panorama.

En contrebas sur la droite, un magnifique hêtre pourpre classé parmi les arbres remarquables apporte une touche prune aux tonalités vertes du paysage.

De nombreux ailantes (Ailanthus altissima) ont envahi l’île. Le caractère invasif provient de sa croissance rapide, de sa production élevée de graines (plus de 300 000 par arbre et par an, dispersées par le vent) et de sa faculté à drageonner. Il constitue en effet facilement des rejets, de nouvelles pousses, à partir de bourgeons particuliers situés au niveau des racines Faisant partie des essences plantées à l’origine de la création du parc, ils ont fini par masquer la vue originelle évoquant la falaise découpée d’Etretat. Le parc, dans sa conception, offrait un espace de promenade pour être et paraître et où chacun pouvait aussi voir, comme dans un catalogue, les paysages de rêves, des villégiatures des familles aisées.

Le talus orienté plein Sud est planté de végétaux du bassin méditerranéen adaptés au milieu sec et calcaire. Des plantes aromatiques, romarin, thym, côtoient genêts et cistes. Cet arbrisseau aux nombreuses variétés donne des floraisons blanches, jaunes ou pourpres. Rustique, il supporte des températures négatives jusqu’à -15 C°.

Le saviez-vous?

La gestion écologique du parc favorise la nature sauvage tout en tenant compte aussi du rendu paysager. Tous les 6 ans, les bûcherons de la Ville grimpent sur le piton pour libérer la pierre de ces espèces envahissantes qui dégradent les revêtements. Tous les 3 ans, les jardiniers effectuent un débroussaillage de la base de l’île dont la vocation est d’être recouverte d’espèces herbacées intéressantes pour les insectes.

10 - Pavillons du parc

La présence de pavillons pour marquer les entrées du parc est typique du parc haussmannien. Aux six entrées principales, des pavillons de briques étaient anciennement réservés aux gardes. Ces constructions colorées rehaussées de frises de faïence et des balcons en bois ont été conçu sous le Second Empire par l’architecte Gabriel Davioud dans un même style de fabriques néoclassiques. Comme le Temple, ils sont d’inspiration italienne. Ils abritent aujourd’hui des locaux sociaux pour les agents du parc (vestiaires, bureaux, réfectoires…).

Le saviez-vous?

Les 3 cafés buvettes, restaurants d’origine installés dans les chalets du même style, ont conservé leur usage et accueillent toujours en concessions brasserie ou restaurant. Les pavillons du Lac, Puebla et Rosa Bonheur restent des lieux à la mode que les Parisiens aiment fréquenter.

11 - Platanes remarquables

Les trois platanes d’Orient (Platanus orientalis), situés à mi pente, ont plus de 150 ans car plantés en 1865 alors qu’ils avaient grandi 15 ans en pépinière. Ces arbres magnifiques aux larges troncs bosselés présentent une circonférence de 6,70 m pour le plus gros et d’épaisses branches dressées en couronne. La base de leur tronc présente un aspect de « patte d’éléphant », une « maladie de peau » sans aucune incidence sur la santé générale de l’arbre. Les tissus de croissance de l’écorce sont stimulés par l'activité de virus et bactéries auxquels l'arbre est plus sensible avec l'âge. Ces organismes engendrent une croissance prolifique en périphérie des tiges, marquant les sujets très matures de nombreuses boursoufflures.

Le saviez-vous?

Très employés comme arbres d’ornement pour leur taille et leur port superbe, leur écorce aux couleurs changeantes, les beaux ombrages de leurs feuilles ainsi que sa grande tolérance aux tailles et à l’hygrométrie du sol, les platanes peuvent présenter certains inconvénients au printemps pour les personnes sensibles. En plus du pouvoir allergisant de leurs grains de pollen, leurs fructifications portent de petites graines à poils qui peuvent irriter le nez, les yeux et la gorge.

12 - Séquoia géant

Ce géant végétal se dresse sur la pelouse à 40 m de haut. En Californie, son pays d'origine, le Sequoiadendron giganteum peut atteindre des hauteurs considérables, jusqu'à 120 mètres. D’une circonférence de 4,85 mètres, celui-ci est classé Arbre remarquable. L’écorce du séquoia de couleur rougeâtre très épaisse, spongieuse, fibreuse, dépourvue de résine, protège l’arbre du feu. Le feu est l’un des facteurs naturels de dissémination de l’espèce dans son milieu d’origine, les forêts de la côte Ouest des États-Unis. Sous l’effet de la chaleur intense, les écailles des cônes s’écartent, libérant ainsi les graines ailées qui peuvent s’envoler pour se déposer et germer au loin.

13 - Micocoulier de Provence

Celtis australis se dresse près de l’entrée du jardin. Cette essence de pleine lumière, originaire du bassin méditerranéen, supporte très bien la chaleur estivale en milieu urbain. Lors des fortes chaleurs, il replie ses feuilles afin de limiter l'évapotranspiration. Cette espèce devrait s’adapter assez aisément au changement climatique en cours. Ses feuilles dentées légèrement asymétriques à la base s'apparentent à celles de l'orme, mais elles sont plus allongées et moins larges.

Le saviez-vous?

Leurs petits fruits comestibles, noirs à maturité, semblables à une cerise minuscule, persistent sur l'arbre après la chute des feuilles. Ces fruits bien repérés des oiseaux constituent une source de nourriture facile à consommer.

14 - Plaqueminier lotier

Le plaqueminier lotier (Diospyros lotus) possède des feuilles ovales non dentées et arbore une écorce crevassée en damier. Ces petits fruits jaune puis bleu-noir à maturité sont comestibles à l’état blet. Ils sont aussi appréciés des merles, des grives mais aussi des mulots, des hérissons. Peu fréquente, cette essence est ici dans le parc représentée par un beau spécimen.

15 - Corbeilles florales

Les corbeilles de forme ronde ou elliptique mettent en avant l’art des jardiniers. Elles agrémentent le parc et utilisent des plantes appréciées des insectes... Ces parterres floraux sont de véritables "broderies florales" qui font appel à un savoir-faire horticole très développé, notamment par le choix des plantes sélectionnées pour leurs couleurs, leur feuillage structuré et coloré et pour leur bonne tenue dans le temps. Dans le parc, le style floral pratiqué s’est adapté aux goûts modernes. La mosaïculture, art de composer des massifs fleuris richement colorés et géométriques, très populaire à la fin du 19e siècle, y est rare.

16 - Oranger des Osages

Maclura pomifera a un tronc légèrement orangé. Dans les régions trop froides pour la culture du mûrier blanc, nourriture habituelle des vers à soie, l’oranger des Osages fut introduit en France, en 1812, pour son feuillage qui devait nourrir ces larves pour fabriquer leur cocon soyeux. Ces essais se révélant peu concluants, il fut réservé à l’ornement. Cet arbre originaire du Missouri, de la région des Indiens Osages, aux États-Unis, est une essence dioïque. Chaque pied ne porte que des fleurs mâles ou des fleurs femelles. La présence des deux individus est donc nécessaire pour obtenir des fruits fertiles, sans quoi, ils sont stériles, sans graine. Chevelus en cours de formation, les fruits dégagent un parfum citronné légèrement épicé. Formés sur les pieds femelles, ils deviennent des sphères bosselées ressemblant à des oranges vertes. 

Le saviez-vous?

En septembre-octobre, la pelouse en est jonchée. Celle-ci n’est fauchée que 3 fois par an maximum afin de favoriser la floraison de plantes adventices, l’achillée, la pâquerette, le séneçon, favorables aux insectes pollinisateurs. Plusieurs pelouses, entretenues dans le parc de cette façon, donnent au printemps des allures de prairies fleuries sauvages à admirer.

17 - Arbustes variés

Les nombreuses espèces et variétés d’arbustes aujourd’hui présentes dans le parc n’existaient pas à sa création. Fruits de nouvelles découvertes ou issus de travaux de multiplication de passionnés et chercheurs, ils renouvellent l’intérêt paysager. Cette variété de plantations permet également d’accroitre la résistance aux maladies, permet une adaptation aux changements de climat. Elle constitue aussi une source de gites et couverts divers pour la biodiversité, insectes, oiseaux et petits mammifères. La gamme évolue avec le temps.

Le saviez-vous?

Les arbres croissent et deviennent de sévères concurrents pour les arbustes. Ils puisent de grandes quantités d’eau et réduisent la luminosité sous leur feuillage. Aussi, le choix des arbustes plantés se porte sur des espèces à feuilles persistantes plus résistantes.

18 - Kaki, plaqueminier du Japon

Le Diospyros kaki est un arbre exotique originaire de l’Est de la Chine. Simples, larges, ovales, épaisses et coriaces, ses feuilles prennent de magnifiques teintes lie-de-vin à l'automne. Il peut mesurer de 5 à 10 mètres.

Ici dans le parc, l’arbre est un individu femelle qui produit des fleurs, blanches, jaunâtres ou verdâtres. Son fruit, persistant jusqu'en décembre après la chute des feuilles, est une grosse baie ressemblant à une tomate orange à peau lisse, qui lui a valu son nom francisé du japonais "kakino". Comestible, à l’exception de la peau, il contient différents pigments mais aussi de la provitamine A, des polyphénols, du fer et de la vitamine C. Le kaki est dit climactérique car sa maturation, son mûrissement, se poursuit après la cueillette, mais il est préférable de le cueillir à complète maturité, presque blet.

Le saviez-vous?

Certaines variétés de plaqueminier du Japon ont la particularité de pouvoir être parthénocarpiques, c'est-à-dire de former des fruits sans pollinisation. Le fruit sera alors sans pépins. Les fruits sont consommés par les connaisseurs locaux : rongeurs, grives, merles et promeneurs avertis gourmands !

19 –Cèdre du Liban

Ce grand conifère, Cedrus libani, se distingue par sa silhouette, reconnaissable à son sommet plat, dit tabulaire, qui atteste de son âge avancé, ses longues branches horizontales. Plus que centenaire, il dépasse 15 mètres de haut.

Ses aiguilles vert foncé sont courtes (3 cm), piquantes, à section triangulaire, disposées en faisceaux sur de courts rameaux. Comme tous les conifères, ce cèdre est anémophile : il laisse le vent emporter le pollen. La discrète floraison a lieu en septembre-octobre. Les fruits sont des cônes dressés de 10 cm d'abord vert jaunâtre puis pourpre à maturité, ils restent ainsi sur l’arbre 3 ans.

Le saviez-vous?

Ces conifères répondent aux besoins de certains mammifères comme l’écureuil et certains oiseaux comme les pics épeiche et épeichette, et les roitelets huppés en offrant le gite et le couvert. L’écureuil roux (Sciurus vulgaris), espèce représentative de la trame arborée parisienne, vit dans le parc. Sa présence, révélée par les restes de repas (écailles de pomme de pin, rameaux décapités de bougeons), montre la richesse de ce milieu et l’intérêt de conserver les arbres âgés. Le parc abrite ainsi plusieurs résidents discrets à plumes et à poils.

20 - Olivier de Bohème et rocaille

Les ornements de rusticage, des rambardes le long des chemins et escaliers, très en vogue dans la seconde moitié du 19e siècle, imitent la nature, les troncs noueux, les branchages, les souches. Ils sont réalisés en ciment modelé sur une ossature métallique.

Provenant d’Asie, l'olivier de Bohème Elaeagnus angustifolia est un arbuste au feuillage argenté qui mesure entre 4 et 8 m. Rustique et vigoureux, il résiste à la pollution atmosphérique. Il supporte le froid lorsque le sol est bien drainé et apprécie une exposition ensoleillée. Son système racinaire traçant consolide les talus et les terrains en pentes. Sa silhouette est arrondie et touffue. Son écorce rugueuse brun rougeâtre est parcourue de fissures qui se détachent en fines lanières.

Le saviez-vous?

En mai-juin, ses fleurs jaunes groupées en petites grappes ou bouquets répandent un fort parfum miellé qui attire les abeilles et autres insectes pollinisateurs. D'août à octobre, l’olivier porte des fruits ressemblant à de petites olives, comestibles, brun-orangé, à la saveur sucrée mais à la texture farineuse. Il est apprécié par les oiseaux du parc.

21 - Balcon sur le parc et gestion différenciée

La gestion différenciée des pelouses tondues et des prairies fauchées est appliquée dans le parc en fonction du degré de la pente, de l’accessibilité aux usagers et du climat. Les prairies se développent sur les pentes les plus abruptes. Non piétinées par les promeneurs, les plantes montent en graines et se ressèment. Les graines sont récoltées en partie par les jardiniers pour ensemencer d’autres pelouses. Le reste est consommé par les oiseaux et certains petits mammifères.

Le saviez-vous?

La plus ancienne prairie du parc n’est même plus fauchée (ou très rarement) afin de préserver les pontes de certains insectes tels que les papillons sur les tiges ou les revers des feuilles. Les parties tondues en gazon permettent de maintenir une vue paysagère sur le parc.

22 - Chalet du Chemin de fer (Rosa Bonheur)

Le plan du parc des Buttes Chaumont, dessiné par le paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps, recense 18 bâtiments. La construction de ces pavillons des gardes et des bâtiments de loisirs (brasserie, restaurant) sont alors confiées à Gabriel Davioud, architecte en chef au service des promenades et plantations de Paris, déjà auteur de ceux du Bois de Boulogne. Le chalet du Chemin de fer, proche de la Petite Ceinture ferroviaire, aujourd’hui connu sous le nom de «Rosa Bonheur», abritait déjà une guinguette où le tout Paris se pressait pour regarder passer les trains à vapeur, symbole de modernité de l’époque.

23 - Marronnier commun remarquable

Plus que centenaire, planté en 1870, cet arbre, Aesculus hippocastanum, fait partie des premières plantations réalisées lors de l’ouverture du parc. Il mesure 25 m de haut, 4,40m de circonférence et possède un large houppier.

Le marronnier commun, originaire des montagnes des Balkans, conquit les allées des parcs européens au 17e siècle.

Facile à reconnaître, il porte de grandes feuilles (30-50 cm) opposées, munies d'un long pétiole, palmées, à 5 ou 7 folioles dentelées. Sa floraison, en mai, est aussi singulière. Les fleurs dressées en pyramide se démarquent du feuillage, constituant un phare pour les insectes butineurs. Elles ont une couleur blanche tachetée de jaune qui vire au rouge, signalant aux insectes qu’elles sont pollinisées. Nombreux dans le parc, les marronniers offrent au printemps, à la floraison, un paysage ponctué de véritables draperies blanches.

Son fruit est une capsule ou bogue à paroi épaisse couverte d'aiguillons. Cette capsule contient une graine amère appelée "marron".

Le saviez-vous?

Cette essence est attaquée par un minuscule papillon duveteux mesurant à peine 5 millimètres, la mineuse du marronnier (Cameraria ohridella). La chenille creuse des galeries à l'intérieur des feuilles pendant le printemps et l’été, fatiguant l’arbre qui perd ainsi ses feuilles très tôt durant l’été. Aucun moyen de lutte efficace à grande échelle n'a pu être mis au point à ce jour et des recherches se poursuivent pour trouver des prédateurs ou parasites à cette chenille. Le ramassage des feuilles atteintes est nécessaire. Non compostées sur place pour limiter les risques sanitaires, elles sont envoyées chez un professionnel qui réalise un compost sous haute température afin de détruire les œufs de ce parasite.

24 - Petite Ceinture ferroviaire et renard roux

Le parc est connecté à la Petite Ceinture, cette ancienne voie ferroviaire entourant Paris sur 32 km constitue un axe écologique majeur à l’échelle de la ville permettant la circulation des espèces végétales et animales. Cette portion, traversant le parc des Buttes Chaumont, est très visitée illégalement par des promeneurs en quête de lieu insolite. La nuit, la voie devenue libre, le renard roux (Vulpes vulpes) s’y déplace. Animal méfiant et opportuniste, il s’adapte à la vie urbaine. Son alimentation saisonnière est aussi liée à l'accessibilité à la nourriture. Il se nourrit plutôt de mulots, hérissons au printemps, de criquets et coléoptères lorsque ceux-ci abondent en été, de baies et de champignons en automne mais il n’hésite pas à visiter aussi les poubelles, les composts et les mangeoires à oiseaux en hiver. Sur les hauts murs généreusement tagués, poussent des robiniers, des érables du lierre grimpant, du géranium herbe-à-Robert. La Petite Ceinture accueille une végétation spontanée typique des milieux de friche ferroviaire.

Le saviez-vous?

La mobilité est indispensable à la survie et au bon développement de la faune et de la flore sauvages auquel veille le Nouveau Plan Biodiversité de Paris par le renforcement des chemins de nature, véritables connexions entre les réservoirs de nature.

25 - Réservoir de biodiversité

Ce parc constitue un réservoir de biodiversité. La diversité des strates végétales, des habitats qu’il renferme et la présence de nombreuses espèces animales témoignent de sa grande qualité écologique. Riche patrimoine arboré de plus de 2 500 arbres (des marronniers, pins, érables, sophora et d’autres espèces en petit nombre) dont une vingtaine labellisé « arbre remarquable », il constitue un « poumon vert parisien ». Ce parc répond aux attentes des usagers tout en conciliant la réintroduction de la nature sauvage par une gestion écologique du site.

Dans l’ensemble du parc, une quarantaine d’espèces d’oiseaux recensés (nicheurs, de passage ou hivernants), une quarantaine espèces d’insectes (criquets, papillons, libellules), une dizaine d’espèces de mollusques mais aussi 4 espèces de chauve-souris, des hérissons ont été recensées. Ces différentes espèces trouvent des milieux de vie accueillants qui répondent à une partie ou la totalité de leurs besoins écologiques en termes d’alimentation, de refuge, de reproduction.

Depuis 2008, dans les zones les plus boisées du parc, à l’abri des regards, niche un prédateur discret, l’épervier d’Europe (Accipiter nisus). Les proies, passereaux et pigeons, sont nombreuses et à portée de serres. Il attaque par surprise. Obstiné et persévérant, il poursuit sa proie, même si celle-ci s’est réfugiée dans un buisson. L’épervier, comme tous les rapaces en France, est une espèce protégée.

Le gobemouche gris a déjà niché dans le parc et a été observé occasionnellement lors de ses migrations. Cet oiseau migrateur recherche une alternance de milieux ouverts et fermés qui lui procurent à la fois des ressources alimentaires (prairies, massifs arbustifs pour chasser des invertébrés) et un abri pour nicher (cavité déjà existante dans un arbre, plus rarement dans un mur).

La pipistrelle commune est l’espèce de chauve-souris la plus présente ici. Elle chasse dans les parties les moins éclairées du parc et utilise les couloirs aériens dégagés que constituent les allées et chemins les plus sombres pour se déplacer entre deux territoires de chasse au sein de l’espace vert. Comme toutes les autres espèces de chauve-souris en France, la pipistrelle est protégée.

26 - Citronnier épineux

Poncirus trifoliata est un arbuste rustique, originaire de Chine, introduit par Robert Fortune dès 1856. Planté dans les parcs paysagers du 19e siècle, il constitue l'un des marqueurs végétaux typiques des espaces verts de cette époque. Il est apprécié comme sujet isolé, pour ses longues épines ligneuses, et la forme de ses feuilles et de ses fruits à mi-chemin entre citron et orange. Il s'intègre parfaitement au sein de haies décoratives et/ou défensives. Les robustes tiges vertes épineuses constituent une barrière naturelle impénétrable mise à profit par les passereaux qui y trouvent refuge face aux prédateurs domestiques, les chats. Les fleurs blanches, parfumées, donnent en septembre des fruits ronds, verts puis jaunes granuleux, également très parfumés, aux nombreux pépins. Très amer cru, il peut être consommé en confiture.

27 - Filaire à large feuille

Phillyrea latifolia possède des feuilles ovales, épaisses, coriaces et vernissées adaptées à la déperdition d’eau par transpiration sous l’effet de la chaleur. Cet arbuste originaire du bassin méditerranéen profite de la présence d’un sol calcaire pour s’épanouir. Son feuillage élégant supporte bien le changement climatique en cours. Les fleurs de couleur blanc verdâtre disposées en grappes courtes, de la filaire se transformeront, une fois pollinisées par les insectes en petites drupes ressemblant à des olives.

28 - Catalpa commun

Originaire du sud-est des États-Unis, le catalpa, Catalpa bignonioides, est un arbre rustique.

Ces branches écailleuses portent de larges feuilles (20 cm) en forme de cœur. En juillet-août s'épanouissent de très belles fleurs blanches striées de pourpre et de jaune qui se transformeront en gousses. Catalpa (« Catawba » en langue cherokee) signifie « haricot », un nom approprié car ses longs fruits pendants et cylindriques de 30 à 40 cm ressemblent fortement à ce légume. Les capsules brunes en automne restent sur les branches en hiver et libèrent au printemps leurs graines ailées munies de poils blancs à la conquête de nouveaux espaces pour germer.

Le Parc des buttes-Chaumont

Pour en savoir plus sur le parc, consultez la fiche-équipement sur Paris.fr

Le saviez-vous?

Les deux sujets présents dans le parc proviennent de la pépinière municipale de Rungis où ils ont commencé leur croissance.



Vous avez une demande ?

Contactez le service concerné en utilisant ce formulaire :

Accéder
Dernière mise à jour le mercredi 22 mai 2019
Crédit photo : Mairie de Paris - Thierry GUILLAUME

Restez connecté

La newsletter

Chaque semaine, recevez l’essentiel de Paris pour savoir tout ce qu’il se passe dans la capitale.

Je m'abonne

Paris j'écoute sur twitter

Sur @Parisjecoute, la Mairie de Paris répond à toutes vos questions pratiques. A votre service du lundi au vendredi.