Faire parler le travail : le quotidien des chefs d’équipe de la propreté à Paris

Focus

Mise à jour le 12/05/2026

Des agents de propreté devant un camion-benne lors d'atelier de sensibilisation à l'angle mort avec des 6ème du collège Mozart, dans le 19e.
Cette recherche s’intéresse au travail des chefs d’équipe de la propreté parisienne et aux difficultés rencontrées dans l’organisation quotidienne des missions de nettoyage de la ville. Elle analyse la manière dont le dialogue sur le travail réel peut contribuer à améliorer les conditions de travail, l’organisation collective et la qualité du service public.
Infos clés
Dispositif : Cifre
Chercheur-se : Antoine BONNEMAIN
Période : 2011 - 2014
Statut : thèse soutenue
Direction : Direction de la Voirie et des Déplacements
Thématique : propreté urbaine, conditions de travail

Présentation

Cette recherche porte sur le travail des chefs d’équipe de la propreté de Paris, chargés d’organiser et de coordonner les missions quotidiennes des éboueurs et agents de nettoiement dans la capitale. Dans un contexte marqué par la pénibilité des métiers de la propreté, des contraintes organisationnelles fortes et une faible reconnaissance sociale, la thèse interroge la manière dont les professionnels parlent de leur travail, partagent leurs difficultés et construisent collectivement des solutions.
Le travail s’intéresse plus particulièrement au rôle du dialogue dans les collectifs professionnels : comment échanger sur le travail réel ? Comment faire remonter les difficultés rencontrées sur le terrain ? Comment permettre aux agents d’agir sur leur organisation de travail ?
À travers l’étude du quotidien des chefs d’équipe de la propreté parisienne, la recherche analyse les liens entre organisation du travail, reconnaissance professionnelle, santé au travail et qualité du service public.

Méthodologie

La recherche repose sur une intervention menée auprès de treize chefs d’équipe de la propreté de la Ville de Paris.
Le travail a combiné :
  • observations de terrain ;
  • analyses de situations de travail ;
  • entretiens ;
  • séances collectives de discussion du travail ;
  • dispositifs d’« autoconfrontation », consistant à filmer l’activité professionnelle puis à la commenter collectivement afin d’analyser les pratiques et les difficultés rencontrées.
Cette méthodologie a permis d’étudier concrètement les échanges entre professionnels et les effets du dialogue sur l’organisation du travail.

Résultats

Un métier soumis à de fortes contraintes
La recherche met en évidence les nombreuses contraintes auxquelles sont confrontés les chefs d’équipe de la propreté : gestion des urgences, coordination des agents, manque de moyens, pression organisationnelle ou encore difficulté à faire reconnaître le travail réel réalisé sur le terrain.
Elle souligne également les effets de la faible reconnaissance sociale des métiers de la propreté sur les professionnels et leurs conditions de travail.
Le dialogue comme ressource collective
Les travaux montrent que les espaces de discussion sur le travail peuvent devenir de véritables outils d’amélioration de l’organisation collective. Les échanges entre chefs d’équipe permettent de partager des expériences, de confronter les pratiques et de construire des solutions concrètes adaptées aux réalités du terrain.
La recherche met aussi en évidence le rôle des émotions, des affects et de l’expérience vécue dans la manière dont les professionnels parlent de leur travail et développent leur pouvoir d’agir collectif.
Mieux faire remonter le travail réel
Enfin, la thèse montre que les dispositifs de dialogue mis en place peuvent faciliter les échanges entre les équipes de terrain et la hiérarchie, et contribuer à une meilleure prise en compte du travail réel dans les décisions organisationnelles

Apports pour la Ville

Cette recherche apporte des éléments utiles pour réfléchir à l’organisation du travail dans les services de propreté et plus largement dans les services publics municipaux.
Elle met en évidence l’importance :
  • des espaces de discussion sur le travail ;
  • de la reconnaissance des savoirs professionnels ;
  • de la prise en compte des réalités de terrain dans les organisations ;
  • du dialogue entre agents, encadrement et direction.
Les résultats peuvent contribuer à améliorer les conditions de travail, la qualité du service rendu et les démarches de prévention des risques professionnels au sein de la Ville de Paris.

Partenaires

  • Direction de la Propreté et de l’Eau (DPE) – Ville de Paris
  • Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)
  • Centre de recherche sur le travail et le développement (CRTD)
  • Université Paris Nanterre

Consulter la thèse

Le dispositif Cifre
Cette recherche est menée dans le cadre du dispositif CIFRE (Convention industrielle de formation par la recherche), qui permet à un doctorant ou une doctorante de conduire une thèse en partenariat avec une structure publique ou privée.
À la Ville de Paris, ce dispositif favorise le développement de recherches en lien direct avec les politiques publiques parisiennes.
En savoir plus sur le dispositif Cifre
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