Engagement au travail : comprendre le quotidien des agents de la propreté à Paris

Focus

Mise à jour le 13/05/2026

Cette recherche s’intéresse aux dynamiques d’engagement et de désengagement au travail dans les services de propreté de la Ville de Paris. À partir d’une intervention de terrain menée auprès de chefs d’équipe et d’agents du nettoiement, elle analyse les effets de l’organisation du travail sur la santé, l’activité professionnelle et les relations de travail.
Infos clés
Dispositif : Cifre
Chercheur-se : Amélie SANDOVAL
Période : 2014 - 2017
Statut : thèse soutenue
Direction : Direction de la Propreté et de l'Eau
Thématique : santé au travail

Présentation

Cette thèse porte sur les formes d’engagement et de désengagement au travail au sein des services de propreté de la Ville de Paris. Elle s’appuie sur une intervention menée pendant plusieurs années auprès de chefs d’équipe encadrant les éboueurs et leurs responsables hiérarchiques.
La recherche interroge la manière dont les professionnels vivent leur activité quotidienne, les difficultés auxquelles ils sont confrontés et les ressources qu’ils mobilisent pour faire leur travail malgré les contraintes organisationnelles.
À rebours d’une vision simplifiée de “l’engagement” comme facteur uniquement positif, la thèse montre que l’engagement et le désengagement sont des processus complexes, liés :
  • aux conditions de travail ;
  • aux relations hiérarchiques ;
  • aux marges d’autonomie ;
  • à la reconnaissance ;
  • et à la possibilité d’agir concrètement sur son activité.
La recherche éclaire ainsi les tensions vécues dans les métiers du nettoiement et les effets de l’organisation du travail sur la santé des agents et le fonctionnement du service public.

Méthodologie

La recherche repose sur une intervention en clinique du travail menée pendant trois ans au sein de la Direction de la propreté et de l’eau (DPE) de la Ville de Paris.
Treize chefs d’équipe du nettoiement ont participé à des dispositifs de co-analyse de leur activité professionnelle.
L'enquête combine :
  • observations de terrain ;
  • analyses collectives du travail ;
  • entretiens ;
  • analyses de dialogues professionnels ;
  • étude des relations hiérarchiques et de l’organisation du service.
La recherche mobilise les approches de la psychologie du travail et de la clinique de l’activité afin de mieux comprendre les effets subjectifs et organisationnels du travail quotidien.

Résultats

Des formes d’engagement multiples et parfois contradictoires
La thèse montre que l’engagement au travail ne se réduit pas à la motivation ou à l’adhésion à l’organisation. Il peut prendre des formes variées, parfois ambivalentes ou paradoxales.
Les professionnels observés développent des stratégies d’adaptation, de résistance ou de protection face aux contraintes rencontrées dans leur activité quotidienne.
Le travail réel diffère souvent du travail prescrit
L’enquête met en évidence un écart important entre les procédures prévues par l’organisation et les réalités du terrain.
Les chefs d'équipe doivent régulièrement :
  • arbitrer entre plusieurs contraintes ;
  • gérer des dysfonctionnements ;
  • compenser des manques de moyens ;
  • ou adapter les règles pour assurer la continuité du service..
Ces ajustements demandent une forte mobilisation personnelle et collective.
Les espaces de dialogue jouent un rôle important
La recherche montre également que les dispositifs de discussion collective du travail peuvent favoriser :
  • la coopération ;
  • la reconnaissance des difficultés ;
  • la circulation des informations ;
  • et le développement de nouvelles façons de travailler.
Ces espaces permettent aux agents de partager leurs expériences et de construire collectivement des solutions face aux problèmes rencontrés.
Santé, engagement et organisation du travail sont étroitement liés
Enfin, la thèse souligne que les formes d’engagement et de désengagement influencent directement :
  • la santé psychologique ;
  • le rapport au travail ;
  • le sentiment d’utilité ;
  • et la qualité du service rendu.
L’étude invite ainsi à penser les politiques de prévention et d’organisation du travail à partir de l’expérience concrète des agents.

Apports pour la Ville

Cette recherche apporte des éléments utiles pour :
  • améliorer les conditions de travail ;
  • renforcer les espaces de dialogue professionnel ;
  • prévenir les risques psychosociaux ;
  • accompagner l’encadrement intermédiaire ;
  • et mieux prendre en compte le travail réel des agents de terrain.
La thèse souligne également l’importance d’approches globales intégrant les dimensions sociales, relationnelles et économiques des trajectoires individuelles.

Partenaires

  • Direction de la Propreté et de l'Eau (DPE) - Ville de Paris
  • HESAM Université
  • Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)
  • Centre de recherche sur le travail et le développement (CRTD)

Consulter la thèse

Le dispositif Cifre
Cette recherche est menée dans le cadre du dispositif CIFRE (Convention industrielle de formation par la recherche), qui permet à un doctorant ou une doctorante de conduire une thèse en partenariat avec une structure publique ou privée.
À la Ville de Paris, ce dispositif favorise le développement de recherches en lien direct avec les politiques publiques parisiennes.
En savoir plus sur le dispositif Cifre
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