Comment la psychanalyse peut-elle penser les questions de genre ? | Recherche
Mise à jour le 24/09/2026
Comment les questions de genre transforment-elles notre manière de penser le sexe, l’identité et la sexualité ? À partir de la pratique clinique et d’un dialogue entre psychanalyse, études de genre et théorie queer, Vincent Bourseul étudie la place que peut prendre le genre dans la théorie et la pratique psychanalytiques.
Infos clés
Dispositif : Bourses Études de genre
Chercheur-se : Vincent BOURSEUL
Établissement : Université Paris Diderot - Paris 7
Laboratoire : Centre de recherches en psychanalyse, médecine et société (EA 3522)
Statut : thèse soutenue (2013)
Discipline : psychanalyse, psychopathologie
Présentation
Les notions de sexe, de genre et d’identité ont profondément évolué au cours des dernières décennies. Les parcours trans, les sexualités minoritaires ou encore les apports des mouvements féministes et des études de genre ont notamment renouvelé la manière dont ces questions sont formulées.
Dans sa thèse, Vincent Bourseul s’interroge sur la façon dont la psychanalyse peut accueillir ces transformations. Le genre n’étant pas, à l’origine, un concept psychanalytique, il cherche à comprendre ce qu’il peut apporter à la compréhension de la vie psychique et de la sexualité, mais aussi à la pratique clinique.
La recherche questionne ainsi la séparation traditionnellement opérée entre le sexe, souvent associé au biologique, et le genre, associé au social. Elle examine comment ces notions peuvent être repensées à partir de ce que les patientes et les patients expriment dans le cadre clinique.
Méthodologie
La recherche articule travail théorique et expérience clinique. Vincent Bourseul confronte les concepts de la psychanalyse aux apports des études de genre et de la théorie queer, en revenant notamment sur les travaux de Freud et de plusieurs auteurs et autrices ayant interrogé les rapports entre sexe, sexualité et genre.
Cette réflexion est mise à l’épreuve de situations rencontrées dans la pratique clinique, notamment autour des parcours trans et des expériences homosexuelles masculines, qui constituent deux pôles importants de la thèse. L’objectif n’est pas d’établir une typologie des identités, mais d’examiner ce que ces expériences permettent de comprendre et de renouveler dans la pratique psychanalytique. La structure même de la thèse consacre notamment des développements aux corps trans, aux parcours de transition, aux gays et à la construction du genre dans l’analyse.
Principaux enseignements
La recherche montre d’abord que le genre constitue un outil de questionnement pour la psychanalyse. Il invite à réexaminer certains de ses concepts et à ne pas considérer comme définitivement établies les frontières entre sexe biologique, identité, sexualité et rôles sociaux.
Pour Vincent Bourseul, les transformations contemporaines liées au genre ne rendent pas nécessairement obsolètes les concepts psychanalytiques. Elles peuvent au contraire conduire les praticiens à les réinterroger à partir des expériences exprimées par les personnes reçues en consultation.
La thèse souligne également l’importance de ne pas réduire les expériences liées au genre ou aux transitions à des catégories pathologiques préexistantes. Certaines expériences contemporaines échappent en partie aux modèles théoriques disponibles et invitent donc à renouveler l’écoute et les outils de la clinique.
Le genre apparaît ainsi moins comme une catégorie permettant de classer les individus que comme un moyen d’interroger la manière dont chacun construit et exprime son rapport au sexe, au corps et à l’identité.
Apports de la recherche
Cette recherche contribue au dialogue entre psychanalyse et études de genre, deux champs dont les approches du sexe et de la sexualité ont parfois été opposées.
Elle invite notamment les professionnels de la clinique à prendre en compte les transformations des identités et des sexualités sans chercher systématiquement à les faire entrer dans des catégories établies à l’avance. Pour Vincent Bourseul, confronter la théorie à ces expériences peut permettre de faire évoluer les pratiques thérapeutiques et les modalités d’écoute. La thèse insiste ainsi sur la nécessité pour la clinique de pouvoir accueillir des expériences qui remettent en question ses propres cadres théoriques.
Les Bourses de recherche en études de genre
Cette recherche a bénéficié du soutien de la Ville de Paris dans le cadre des Bourses de recherche en études de genre, qui encouragent depuis 2006 les travaux consacrés aux questions de genre, d’égalité, de féminisme et aux droits des personnes LGBTQIA+.
À travers ce dispositif, la Ville de Paris soutient les jeunes chercheuses et chercheurs et contribue à la production et à la diffusion des connaissances sur ces enjeux.
En savoir plus sur les Bourses de recherche en études de genre
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