1 lieu, 3 histoires : les catacombes

Série

Mise à jour le 10/04/2026

Visuel des catacombes fraichement rénové.
Fréquentées par 600 000 visiteurs chaque année, les catacombes ont rouvert au public ce 8 avril après plusieurs mois de travaux. Allez, enfilons notre lampe frontale : on part explorer les petites histoires façonnant ce lieu intriguant !

#1 Des cadavres dans la cave

Le sous-sol parisien est un véritable gruyère. La faute à l’exploitation de carrières de calcaire qui provoquent, à la fin du XVIIIe siècle, l’effondrement de plusieurs pans de rue, et même de bâtiments. Ces drames conduisent à l’interdiction de l’extraction de calcaire à l’intérieur de la capitale, préfigurant les actuelles catacombes.
Car à cette interdiction s’ajoute le fait que les cimetières parisiens « débordent ». Littéralement. En 1780, un affaissement de la fosse commune du cimetière des Innocents conduit au déversement de centaines de cadavres… dans la cave d’un immeuble de la rue de la Lingerie (Paris Centre) ! Après cet incident, le cimetière est fermé et tous les ossements transférés dans les anciennes carrières de la Tombe-Issoire (14e). Une partie de ces galeries sera bénie et prendra le nom de catacombes le 7 avril 1786.

#2 Un lieu d’expérimentations… photographiques

L’histoire de la photographie connaît un réel tournant au cœur des catacombes. En 1861, le photographe Félix Nadar y installe durant trois mois un véritable laboratoire/studio mobile pour tester le dispositif révolutionnaire qu’il vient de breveter : un système d’éclairage à la poudre de magnésium. De quoi prendre des clichés sans lumière naturelle !
Pour chaque image, le photographe doit savamment préparer le négatif, gérer le temps de pose (allant de 2 à 15 minutes), puis développer assez rapidement pour que le négatif ne devienne pas sec, et donc inexploitable. Ce travail d’orfèvres porta ses fruits puisque Félix Nadar réalisa cent clichés qu’il offrit à la Ville de Paris.

#3 Quand la musique résonne (plus ou moins légalement)

Quel meilleur lieu pour écouter la « Marche funèbre », de Frédéric Chopin ? Dans la nuit du 2 au 3 avril 1897, une centaine de personnes assistent à un concert donné par un orchestre composé de 45 musiciens amateurs réunis au sein des catacombes, dans la partie surnommée « La rotonde des tibias ». Cette soirée, racontée dans Le Figaro par le critique Edmond Stoullig, était tout à fait illégale – les organisateurs offrirent des pots-de-vin aux gardiens – et fit scandale à l’époque.
Il faut attendre plus d’un siècle pour que des musiciens se produisent légalement dans les catacombes ! Le 8 juillet 2024, ce privilège revient aux rockeurs américains de Queens of the Stone Age. Face à eux, pas de public (vivant), mais des millions d’ossements. Joli clin d’œil pour un groupe dont l’un des morceaux phares se nomme « Song for the dead » (« Chanson pour les morts »).
Vidéo Youtube

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ABC Dates
> 1786 : les catacombes sont bénies et consacrées
> 1787 à 1814 : des ossements issus des cimetières parisiens y sont transférés
> 1809 : le lieu ouvre ses portes au public
> 1860 : les derniers ossements y sont déposés
> 8 avril 2026 : un nouveau parcours est proposé après cinq mois de fermeture
Les Catacombes de Paris
1 Avenue du Colonel Rol-Tanguy
75014 Paris
Complément d'adresse
Parc de stationnement payant : 83 boulevard Saint-Jacques
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