1 lieu, 3 histoires : le musée de la Vie romantique
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Mise à jour le 13/02/2026
Sommaire
Derrière sa façade discrète, le musée de la Vie romantique donne l’impression d’entrer dans une maison plus que dans un lieu culturel. Et ce n’est pas une illusion : ici, le romantisme ne s’expose pas seulement, il s’habite.
Une mémoire vivante
En juillet 1830, le peintre romantique Ary
Scheffer s’installe avec sa famille au 7, rue Chaptal (actuel no 16), dans un pavillon tout juste construit. Il devient locataire de cette
maison située dans un quartier du 9e arrondissement alors en pleine transformation : la
Nouvelle Athènes.
Dans les années 1820, ce secteur autrefois
occupé par des vergers s’est rapidement loti pour accueillir hôtels
particuliers, ateliers d’artistes et immeubles modernes. Peintres, musiciens et
écrivains sont séduits par son urbanisme évoquant l’Antiquité et son
atmosphère propice à la création.
Ary Scheffer, professeur de dessin
des enfants du duc d’Orléans depuis 1822, s’inscrit pleinement dans ce milieu
artistique. La bâtisse qu’il occupe, organisée autour d’une cour pavée et de
deux jardins, conserve aujourd’hui encore une configuration proche de celle
qu’il a connue. C’est l’une des dernières maisons individuelles du début du
XIXe siècle visibles à Paris.
« Le Jardin de la rue Chaptal », d’Arie Johannes Lamme (1812-1900). Huile sur toile. Paris, musée de la Vie romantique.
Crédit photo :
Musée de la Vie Romantique / Roger-Viollet
#2 Un laboratoire du romantisme
Dès son installation, Ary Scheffer
fait adapter la maison à sa pratique artistique. Il obtient la construction de
deux ateliers avec verrière, orientés au nord pour garantir une lumière
régulière. Le grand atelier est dédié à la
création et à l’enseignement. Scheffer y travaille sur des œuvres destinées
notamment au Louvre, et y accueille ponctuellement des expositions alternatives,
comme celle de Théodore Rousseau en 1835.
Le second atelier, dit
atelier-salon, devient rapidement un lieu central de la vie culturelle
parisienne. Entre 1831 et 1858, Scheffer y organise chaque vendredi des
réunions sur invitation. Artistes, musiciens, écrivains et penseurs s’y
retrouvent : Eugène Delacroix, George Sand, Frédéric Chopin, Franz Liszt ou encore Alexis de Tocqueville. Ces « vendredis de la rue Chaptal » incarnent l’esprit
d’une véritable république des arts et des lettres.
#3 Un musée de quartier
Les collections du musée de la Vie romantique témoignent
aussi de l’ancrage du lieu dans son quartier. Parmi elles, figure une esquisse de
Saint Luc l’Évangéliste, peinte vers 1835 par Pierre Claude François Delorme, récemment
entrée dans les collections. Cette huile sur toile est un tableau
d’étude : Delorme s’en est servi pour préparer l’une des œuvres
décorant l’église Notre-Dame-de-Lorette (9e),
emblématique du quartier de la Nouvelle Athènes.
Delorme y explore la
gestuelle, l’expression et le drapé du saint, caractéristiques du renouveau de
la peinture religieuse au XIXe siècle. La présence de cette œuvre au musée
rappelle les liens étroits entre les artistes du quartier, leurs lieux de vie
et les grands chantiers parisiens de l’époque romantique.
ABC Dates
>1830 : Ary Scheffer s’installe au 7, rue Chaptal (actuel no 16)
>1831-1858 : les « vendredis de la rue Chaptal » rythment la vie culturelle du lieu
>1858 : Ary Scheffer meurt à Argenteuil (Val-d’Oise)
>1987 : le musée de la Vie romantique ouvre ses portes
>2024 : l’esquisse Saint Luc l’Évangéliste intègre les collections
>1831-1858 : les « vendredis de la rue Chaptal » rythment la vie culturelle du lieu
>1858 : Ary Scheffer meurt à Argenteuil (Val-d’Oise)
>1987 : le musée de la Vie romantique ouvre ses portes
>2024 : l’esquisse Saint Luc l’Évangéliste intègre les collections
Musée de la Vie romantique, Hôtel Scheffer-Renan
16 rue Chaptal
75009 Paris
Complément d'adresse
Hôtel Scheffer-Renan► Billetterie en ligne : réservation d'un créneau de visite obligatoire: www.billetterie-parismusees.paris.fr.
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