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Seine nourricière : emprunter le fleuve pour mieux nourrir Paris

Mise à jour le 28/02/2024
Transport fluvial sur la Seine avec Fludis.
Développer les filières agricoles et alimentaires durables et de proximité le long du bassin de la Seine. C’est l’objectif de ce projet de démonstrateur territorial, dont la Ville est cheffe de file.
Un cinquième des émissions de gaz à effet de serre, c’est ce que représente aujourd’hui l’alimentation des Parisiennes et des Parisiens, en partie en raison du mode de transport des denrées acheminées jusqu’à la capitale : 90 % de la logistique francilienne s’opère par la route, avec des camions diesel. Autant dire que le bassin de la Seine, drainé par la Seine, l’Yonne, la Marne et l’Oise, présente des atouts considérables pour y remédier.
Seine nourricière est l’un des lauréats de la seconde vague de l’appel à manifestation d’intérêts (AMI) « Démonstrateurs territoriaux des transitions agricoles et alimentaires » de la Banque des territoires. Porté par la Ville de Paris, cheffe de file de ce projet collaboratif, en partenariat avec les membres d’AgriParis Seine et de nombreux acteurs de filières agricoles et alimentaires biologiques, ce projet entend agir sur deux volets :
  • accompagner la structuration de filières agroécologiques rémunératrices pour les producteurs, en mobilisant notamment le levier de la commande publique
  • décarboner au maximum la logistique de ces filières, en s’appuyant notamment sur les réseaux de voies d’eau du bassin de la Seine pour développer une logistique alimentaire bas carbone

Une alimentation durable et de proximité

Dans un premier temps, les partenaires du projet vont mener des études pour sonder et valider la faisabilité opérationnelle des solutions imaginées. Des études-actions vont aider les gestionnaires de restauration collective du bassin de la Seine à s’approvisionner, via des filières durables et de proximité.
Des études sont notamment prévues pour préparer des schémas logistiques décarbonés pour les filières alimentaires du territoire, ainsi que de nouveaux outils permettant d’améliorer l’adéquation entre l’offre des agriculteurs et transformateurs et la demande, notamment de la restauration collective. En effet, il est nécessaire de mieux prendre en compte les capacités de production alimentaire dans les commandes publiques.
Il s’agit aussi d’explorer le déploiement de dispositifs qui soutiennent et valorisent des pratiques agricoles durables, protectrices de la ressource en eau, de la biodiversité et de l’environnement dans le bassin de la Seine, et renforcent la résilience du territoire.
Enfin, des études seront menées pour trouver les leviers permettant aux populations les plus défavorisées du territoire d’avoir accès, dans leur consommation individuelle, à cette alimentation durable et de qualité.

Où en est Seine nourricière ?

La première phase a démarré en janvier 2024 pour une durée de dix-huit mois.
À l’issue de cette phase, les innovations envisagées seront présentées à un comité d’engagement de la Caisse des dépôts et consignations qui validera le passage du projet en phase de réalisation.
Seine nourricière pourrait alors bénéficier à partir de septembre 2025 d’un cofinancement de la Caisse des dépôts et consignations jusqu’à 10 millions d’euros, pour développer des filières alimentaires durables et de proximité dans le bassin de la Seine.

Un projet qui rassemble

En plus de l’association AgriParis Seine et de ses collectivités membres, le projet associe :
  • l’entreprise de logistique fluviale Fludis
  • la start-up Nona, qui développe des solutions innovantes pour la restauration collective
  • la Ville de Sevran
  • le groupement des agriculteurs biologiques d’Île-de-France
  • le réseau Manger bio qui regroupe des plateformes de distribution biologiques et locales
  • la foncière Sogaris
  • Terres du pays d’Othe, une organisation de producteurs biologiques de l’Aube et de l’Yonne qui fournissent, entre autres, la restauration collective parisienne
  • Interbio Normandie Services, une coopérative de producteurs biologiques normands pour l’approvisionnement de la restauration collective
  • l’Institut de recherche INRAE

La restauration collective en première ligne

Ces dispositifs sont des outils pour répondre aux objectifs du troisième Plan Alimentation durable (PAD) de la restauration collective parisienne, qui vise à réduire l’empreinte de la capitale en matière de gaz à effet de serre et à opérer une mutation profonde du système alimentaire parisien.
Les deux PAD précédents ont permis de faire passer la part d’alimentation durable dans la restauration collective parisienne de 7 % en 2008 à 53 % en 2019. Le PAD 2022-2027 a fixé de nouveaux objectifs avec 100 % d’alimentation durable, dont 50 % d’alimentation issue de filières situées dans un rayon de moins de 250 kilomètres de Paris, 75 % d’alimentation issue de l’agriculture biologique, ainsi que l’instauration de deux repas végétariens par semaine.
Ces objectifs impliquent des changements profonds de pratiques agricoles dans le bassin de la Seine, avec le développement de filières de production diversifiées, locales et durables.

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