Redécouvrir le mobilier métallique de l'ancien Paris, un patrimoine méconnu | Recherche
Mise à jour le 16/10/2026
Des objets du quotidien, des outils, des bijoux ou encore des éléments de construction : les réserves archéologiques de la Ville de Paris conservent de nombreux témoins de la vie des Parisiennes et des Parisiens à travers les siècles. Dans le cadre d'une thèse Cifre, Jade Durieux étudie ce patrimoine métallique encore peu connu, afin de mieux le documenter, le préserver et le rendre accessible au public.
Infos clés
Dispositif : Cifre
Chercheur-se : Jade DURIEUX
Période : 2025 - 2028 (prévisionnel)
Statut : thèse en cours
Direction : Direction des Affaires Culturelles (DAC)
Thématique : archéologie, patrimoine parisien, mobilier métallique, conservation, valorisation du patrimoine
Présentation
Des milliers d'objets pour raconter l'histoire de Paris
Que peuvent nous apprendre une fibule antique, un outil en fer ou un élément de parure sur la vie quotidienne des habitantes et habitants de Paris ? Au-delà de leur apparence, ces objets témoignent des activités artisanales, des pratiques sociales et des échanges commerciaux qui ont façonné la capitale au fil des siècles.
Le pôle archéologique de la Ville de Paris conserve dans ses réserves un ensemble particulièrement riche de mobilier métallique, provenant de fouilles anciennes et récentes. Ce patrimoine, qui représente environ 10 000 objets, reste pourtant encore largement méconnu et inégalement documenté.
C'est à l'étude de ces collections que se consacre Jade Durieux dans le cadre de sa thèse intitulée L'instrumentum métallique dans les réserves du pôle archéologique de la Ville de Paris (DHAAP). Étudier, préserver et valoriser un patrimoine méconnu.
Le terme instrumentum désigne une grande diversité d'objets manufacturés utilisés dans la vie quotidienne : outils, bijoux, armes, éléments de mobilier, pièces de construction ou encore accessoires vestimentaires. Leur étude permet de mieux comprendre les usages, les savoir-faire et les modes de vie des sociétés passées.
Identifier, dater et comprendre les objets archéologiques
La recherche poursuit plusieurs objectifs complémentaires.
Il s'agit d'abord d'identifier et de classer les objets métalliques conservés dans les réserves, puis d'affiner leur datation. Certains n'ont en effet jamais fait l'objet d'une étude approfondie et demeurent difficiles à replacer dans leur contexte historique.
La chercheuse s'intéresse également à leur fabrication et à leur circulation. En comparant les formes, les techniques et les matériaux, elle cherchera à mieux comprendre les réseaux de production et d'échanges auxquels participait Paris, de l'Antiquité aux périodes plus récentes.
Un autre enjeu consiste à replacer les objets dans leur contexte archéologique. Leur étude pourra contribuer à préciser la datation de certains vestiges ou à mieux comprendre la fonction des espaces dans lesquels ils ont été découverts.
Enfin, la recherche porte sur les conditions actuelles de conservation de ces collections et sur les possibilités de les rendre davantage accessibles, tant aux scientifiques qu'au grand public.
Méthodologie
Pour étudier ce vaste ensemble, Jade Durieux mobilise plusieurs méthodes complémentaires, associant archéologie, documentation des collections et techniques d'imagerie.
L'inventaire et l'étude des archives archéologiques constituent une première étape. La chercheuse s'appuie notamment sur les rapports de fouilles et sur le Référentiel et cartographie de l'archéologie parisienne (R&CAP), afin d'identifier les objets et de retrouver les informations relatives à leur découverte.
L'examen direct du mobilier permet ensuite de documenter chaque objet sélectionné : dimensions, matériaux, caractéristiques techniques, état de conservation, photographies et dessins archéologiques. Une analyse typologique et chronologique vise à établir des comparaisons avec d'autres découvertes et à affiner les datations.
L'imagerie radiographique occupe également une place importante dans la recherche. Certains objets en fer sont fortement corrodés, au point que leur forme et leur fonction deviennent difficiles à distinguer. La radiographie peut révéler des détails invisibles à l'œil nu, sans nécessiter d'intervention destructive sur les pièces.
Enfin, l'analyse spatiale permettra de replacer les découvertes sur la carte archéologique de Paris, afin d'étudier leur répartition géographique et leurs liens avec les différents secteurs de la ville.
Ces travaux pourront contribuer à la constitution d'un référentiel documentaire utile pour les futures recherches archéologiques.
Objectifs de la recherche
La thèse étant en cours, ses résultats définitifs ne sont pas encore disponibles.
Plusieurs contributions scientifiques et patrimoniales sont néanmoins attendues.
- Une meilleure connaissance des collections : l'identification et le classement d'objets jusqu'ici peu étudiés permettront de mieux documenter le patrimoine métallique conservé par la Ville de Paris.
- Une chronologie plus précise : l'analyse des objets pourra aider à affiner leur datation et, dans certains cas, celle des contextes archéologiques dans lesquels ils ont été découverts.
- Une nouvelle lecture des activités et des échanges : l'étude des formes, des matériaux et de la répartition des objets pourra éclairer les pratiques artisanales, les usages quotidiens et les circulations commerciales dans l'histoire de Paris.
- Une meilleure compréhension de l'état de conservation : le recours à la radiographie, notamment pour les objets en fer corrodés, permettra d'améliorer leur identification et d'orienter les réflexions sur leur préservation.
- De nouvelles perspectives de valorisation : la documentation produite pourra favoriser l'accès des chercheurs à ces collections et nourrir des actions de médiation à destination du public.
La recherche vise ainsi à faire émerger une vision d'ensemble de ce patrimoine, longtemps étudié de manière ponctuelle à l'occasion des opérations archéologiques.
Apports pour la Ville
En étudiant les collections métalliques conservées dans ses réserves archéologiques, cette recherche contribue aux missions de connaissance, de préservation et de valorisation du patrimoine de la Ville de Paris.
Elle pourra notamment permettre de :
- améliorer l'inventaire et la documentation scientifique des collections municipales ;
- mieux connaître l'état de conservation des objets et identifier des besoins de préservation ;
- enrichir les connaissances sur l'histoire de Paris et les modes de vie de ses habitants ;
- faciliter la consultation et l'exploitation scientifique des collections ;
- développer de nouvelles ressources pour la médiation culturelle et la diffusion des savoirs.
La recherche envisage notamment de valoriser une partie du mobilier étudié au sein de l'encyclopédie collaborative en ligne Artefacts, consacrée aux objets archéologiques, ainsi qu'à travers d'éventuelles actions de présentation au public.
Au-delà de l'étude scientifique, la thèse participe ainsi à la transmission d'un patrimoine parfois invisible, conservé dans les réserves mais essentiel à la compréhension de l'histoire parisienne.
Partenaires
- Direction des Affaires culturelles (DAC), Département d'Histoire de l'Architecture et de l'Archéologie de Paris (DHAAP) – Ville de Paris
- Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
- Archéologies et Sciences de l'Antiquité (ArScAn, UMR 7041), équipe GAMMA.
Pour aller plus loin
Le dispositif Cifre
Cette recherche est menée dans le cadre du dispositif CIFRE (Convention industrielle de formation par la recherche), qui permet à un doctorant ou une doctorante de conduire une thèse en partenariat avec une structure publique ou privée.
À la Ville de Paris, ce dispositif favorise le développement de recherches en lien direct avec les politiques publiques parisiennes.
En savoir plus sur le dispositif Cifre
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