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Pigeons : démêlez le vrai du faux sur ces oiseaux des villes

Mise à jour le 17/02/2020
Parmi les 60 espèces d’oiseaux nicheurs à Paris, le pigeon reste l’animal le plus emblématique des grandes villes où il fait partie intégrante du décor. Apprenez à mieux connaître – et comprendre – ces oiseaux aimés ou détestés avec ces questions-réponses.

1. Il y a 100 000 pigeons à Paris

Faux.
Selon une étude réalisée en 2016-2017 par les associations Espaces et AERHO (Association Espaces de rencontres entre les hommes et les oiseaux) à la demande de la Ville de Paris, il a été estimé à Paris une population de 23 000 pigeons bisets (Columba livia).
D’après un sondage réalisé AERHO avec l’Ifop, 63% des Parisiens interrogés ont l’impression d’une stabilisation ou d’une baisse du nombre de pigeons. Exceptionnel au XIXe siècle à Paris, où il ne faisait que survoler la capitale, il s’est implanté dans le milieu urbain avec la colombophilie, discipline qui consiste à élever et dresser des pigeons voyageurs – l’autre nom du pigeon biset. En raison du peu de prédateurs naturels dans nos villes, ils les ont peu à peu colonisées. Toutefois, les effectifs restent globalement stables en France depuis dix ans.
Pigeon place de la Madeleine
Place de la Madeleine (8e), un pigeon biset observe la ville.
Guillaume Bontemps / Ville de Paris

2. Il y a plus de 300 espèces de pigeons à Paris

Faux.
Trois espèces de pigeons fréquentent la capitale :
- le pigeon biset de ville, également nommé pigeon domestique ou pigeon voyageur (Columba livia),
- le pigeon colombin (Columba œnas),
- le pigeon ramier, également appelé palombe (Columba palumbus).
Le premier a été domestiqué via la colombophilie. C'est ainsi que sa sélection par l’homme a permis de créer plus de 300 races, ce qui explique la diversité des plumages de cette espèce rencontrée en milieu citadin. Grâce à sa capacité d’adaptation, il a conquis les espaces disponibles dans les greniers des immeubles, les métros, halls de gare et bâtiments neufs.
Légèrement moins présent en ville, le pigeon ramier niche dans les arbres, mais également de plus en plus dans les jardinières et les balcons. Quant au pigeon colombin, beaucoup plus discret, il préfère les hauteurs des toits ou des antennes pour surveiller son territoire, et les cavités d’arbres pour établir son nid.
Le pigeon colombin est plus à l'aise dans les hauteurs.
Guillaume Bontemps / Ville de Paris

3. Il ne faut pas donner à manger aux pigeons

Vrai.
Animal opportuniste débarrassant les petits déchets abandonnés au sol par l’homme, le pigeon s’alimente très bien par lui-même. Majoritairement granivore, sa colonisation en ville l’a rendu omnivore. Ainsi, il n’hésite pas à piller les poubelles et, tant que l’espace et la nourriture foisonne, il assure une descendance féconde.
Inutile de le nourrir : cela encourage la fidélisation en un lieu et la prolifération de ces volatiles, qui, en surnombre, finissent par vivre dans des conditions sanitaires déplorables. De plus, cela favorise le regroupement et rend les pigeons dépendants. D’autant que le « nourrissage » est interdit et passible d’une amende de 68 euros (article R 632-1 du code pénal-cas 2).
Pigeons jardins des tuileries
Dans le jardin des Tuileries, les pigeons profitent des miettes des promeneurs.
Guillaume Bontemps / Ville de Paris

4. Il n’y a plus de pigeons voyageurs en France

Faux.
En France, il subsiste des populations sauvages naturelles. Le pigeon voyageur ou pigeon biset se maintient en Corse, notamment sur le littoral entre Calvi et Cargèse, dans la région de Bonifacio et en Bretagne à Belle-Île, d’après l’inventaire national du patrimoine naturel du Muséum national d’histoire naturelle.
De nombreux passionnés font participer leurs pigeons bisets domestiques à des courses de plusieurs centaines de kilomètres. La colombophilie constitue un « sport » non reconnu, pratiquée par quelque 12 000 amateurs, avec ses fédérations régionales et sa réglementation.
Si l’élevage du pigeon était essentiellement alimentaire au XVIIIe siècle, les compétences du volatile revenant fidèlement à son pigeonnier ont été observées : le pigeon voyageur était né. C’est, entre autres, la magnétite présente dans certains tissus de son cerveau qui, équivalente aux composants d’une boussole, l’aide à retrouver son pigeonnier. Ce même oiseau est relâché à des centaines de kilomètres.
La colombophilie appartient à notre patrimoine : elle est inscrite depuis 2012 à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel français. Durant la guerre de 1870 et la Première Guerre mondiale, le pigeon a été utilisé à des fins militaires pour transmettre des messages. C’est le seul animal décoré de la Croix de Guerre 1914-1918. De plus, l’armée française entretient toujours un colombier militaire au Mont Valérien (Hauts-de-Seine) aux portes du bois de Boulogne.

5. Les crottes de pigeons peuvent abîmer les pierres des bâtiments

Vrai.
Le volume d'excréments de pigeons, les fientes, peut atteindre jusqu’à 12 kg par an par animal. Leur acidité attaque les pierres des bâtiments. Les fientes, les cadavres, les nids ou encore les plumes peuvent obstruer les conduits d’eau, les gouttières, etc.
Si les excréments de pigeons ramiers sont plutôt vert marron, ceux du pigeon domestique sont noir et blanc.

6. Il y a neuf pigeonniers à Paris

Vrai.
La France possède de nombreux pigeonniers anciens, notamment les célèbres fuyes (petites volières). Des pigeons y étaient élevés soit pour être consommés, soit pour des concours de colombophilie, ou encore pour la collecte de leurs excréments qui servaient de complément d’engrais en agriculture bio.
Actuellement, 9 pigeonniers existent dans la capitale. Leur mise en place permet d'éviter qu'ils ne nichent n'importe où mais aussi de réguler la population. Au total, aujourd’hui, 1 000 pigeons dorment dans les pigeonniers, soit environ 5% des pigeons parisiens.
Le pigeonnier du parc de Choisy (13e).
Guillaume Bontemps / Ville de Paris

7. Le pigeon fait son nid dans les arbres

Vrai et faux.
En fonction de l’espèce, les « pigeons parisiens » présentent trois modes de nidification différents :
- Le pigeon biset ou voyageur, l’espèce la plus courante, niche dans un trou dans le bâti ou dans une paroi rocheuse (espèce rupestre).
- Le pigeon ramier ou palombe fait son nid dans les arbres (espèce arboricole).
- Le pigeon colombin dans des cavités d’arbres (espèce cavicole).
Pigeon ramier jardin des Tuileries
Des pigeons ramiers, au Jardin des Tuileries.
Guillaume Bontemps / Ville de Paris

8. Le pigeon a toujours été mal considéré

Faux.
S’il suscite aujourd’hui des sentiments mêlant dégoût, affection ou encore ras-le-bol, le pigeon a connu un tout autre passé. Sous le nom de colombe, il est représenté dans la Grèce et la Rome antiques, dans l’Ancien et le Nouveau Testament et dans le Coran comme un animal bienfaisant. Par sa place dans les récits religieux, il devient l’’emblème de la paix et de l’amour. Jean de La Fontaine lui dédie deux fables (« Les Deux Pigeons », « Les Vautours et les Pigeons ») dans lesquelles ils incarnent l’amour et les messagers de la paix.
De l’image de colombe blanche, symbole de paix, le pigeon se change au fil des années d’une symbolique négative, associé en ville à la saleté et aux nuisances sonores et olfactives (roucoulement, claquements d’ailes, déplacements sur un plancher de bois, fientes). A Paris, des dispositifs sont proposés pour éloigner ces volatiles.

9. Les pigeons n’ont pas de cerveau !

Faux.
Ces oiseaux disposent bien entendu d’un cerveau. De plus, ce sont des êtres doués, comme nous les humains, de sentience (du latin sentio, sentis : « percevoir par les sens »), c’est-à-dire qu’ils ont la capacité d'éprouver des choses subjectivement, d'avoir des expériences vécues.
Pigeon avenue des champs Elysées
Un pigeon traverse avenue des Champs-Elysées.
Guillaume Bontemps / Ville de Paris

10. A Paris, tous les pigeons sont gris

Faux.
La plupart des pigeons urbains sont soit bleu/gris, soit roux pour 7% de la population. Au sein de chacun de ses deux groupes, leur couleur varie du totalement blanc à l’uniformément noir.
Domestiqué il y a près de 5 000 ans, le pigeon biset ancestral ne comprenait pas une telle diversité de couleurs. Vivant dans les falaises du bassin méditerranéen, il était « blue bar », tout de bleu. Lors de sa domestication, l’homme a sélectionné ses couleurs, tailles et formes selon des critères esthétiques, d’aptitude à la course ou, plus simplement, de corpulence pour la consommation humaine.
Après la Première Guerre mondiale, les pigeons domestiqués sont retournés à l’état sauvage et ont colonisé les villes. La diversité de coloration sélectionnée artificiellement s’est ainsi maintenue dans les zones urbaines.

11. Les pigeonniers visent à réguler la population des pigeons en ville

Vrai.
C’est pourquoi le plan d’actions « Pigeons à Paris » de la Ville de Paris recommande dans un premier temps le renforcement des pigeonniers. Mille pigeons y dorment, soit environ 5% de la population parisienne. Le plan prévoit de reprendre le nourrissage de ces bêtes en leur sein, afin d’augmenter leur taux d’occupation et de réduire les nuisances sur les autres lieux. Les arrondissements qui le souhaitent pourront bénéficier de nouveaux pigeonniers dans les endroits utiles à la régulation des populations. Dans des endroits déjà colonisés, comme sous les ponts, le plan envisage d’expérimenter la mise en place d’abris. De plus, le plan indique que les prescriptions architecturales pour l’aménagement de cavités dans les bâtiments devront être étudiées dans le plan local d’urbanisme (PLU).
Pour ce qui est du nourrissage, un travail de médiation est en cours vis-à-vis des « nourrisseurs » réguliers. La verbalisation se poursuit. Enfin, la possibilité d’expérimenter un espace de nourrissage réglementé est à l’étude.
Gare aux véhicules garées sous les marronniers!
Dès le mois d’avril, les pigeons ramiers se nourrissent des bourgeons qui éclosent au printemps. Leurs fientes, vertes ou marron, atterrissent bien souvent sur la carrosserie des voitures garées sous ces arbres, scooters, vélos et autres trottinettes…

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