Le cécifoot dribble les préjugés

Le saviez-vous ?
Mise à jour le 15/04/2024
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Grelots, petits ponts et yeux bandés : bienvenue dans le monde du cécifoot ! Avec notre série « 24 Sports Chrono », vous saurez tout – ou presque – sur les disciplines des Jeux olympiques et paralympiques. À vos marques !

Un sport aux origines ibériques

Parce que la passion du ballon rond ne s’arrête pas à supporter ses onze joueurs favoris, on enfile ses crampons pour découvrir une discipline aussi technique que spectaculaire : le cécifoot. Celle qui fêtera son 20e anniversaire paralympique cet été à Paris en a fait du chemin depuis sa première apparition aux Jeux d’Athènes 2004.
En effet, avant d’être applaudi dans l’antre mythique de l’olympisme, ce sport n’était d’abord qu’une simple manière de tromper l’ennui pour des enfants atteints de cécité au début des années 1920 en Espagne. Puis, si sa popularité décolle réellement au Brésil au mitan du XXe siècle, il faudra attendre 1987 pour le voir enfin débarquer dans l’Hexagone.
Mais à coups de dribbles, de petits ponts et d’esquives, la réputation du cécifoot file droit au but. Neuf ans plus tard, il est officiellement reconnu comme un sport par la IBSA (Fédération internationale des sports pour déficients visuels). La suite paralympique, on la connaît !
Vous aimez ?
« 24 Sports Chrono », c’est un sport à découvrir chaque lundi et jusqu’au 22 juillet.
Vous avez raté l’épisode précédent ? Séance de rattrapage ici avec le triathlon.

Seul le gardien de but est voyant

Se représenter une partie de cécifoot, c’est comme assister à un match de futsal (5 joueurs par équipe, dont un gardien) sur un terrain de handball (40 m x 20 m). Les athlètes, ici, ont un handicap visuel et doivent se munir d’un masque occultant pour que la rencontre soit équitable.

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L’objectif ne change pas : l’équipe qui a le plus gros score au bout des trente minutes de jeu (2 mi-temps de quinze minutes) gagne la rencontre. Et pour l’emporter, plusieurs aides s’offrent aux footballeurs afin d’exprimer tout leur talent.
La balle, constituée de grelots, indique aux footballeurs sa position sur le terrain. Pour que celle-ci ne sorte pas et profite au jeu, des barrières sont placées dans la longueur du rectangle vert. Dernier rempart de l’équipe, le gardien – qui, lui, n’a pas de handicap visuel – a la possibilité d’orienter ses défenseurs contre les attaques adverses.

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À l’extérieur du rectangle vert, c’est le coach le maître à jouer. Situé au niveau du rond central, il dirige son équipe en donnant de précieuses informations, comme sur la distance au but et le porteur du ballon. Mais pour faire trembler les filets, c’est sur le guide offensif que l’on s’appuie. Installé derrière la cage adverse, il devient les yeux du tireur pour déclencher la frappe.

Les catégories

Les sportifs sont classés en deux catégories :
  • B1 : joueurs non voyants ou ayant une faible perception visuelle (à noter que seule cette catégorie est représentée aux épreuves paralympiques).
  • B2/B3 : joueurs mal voyants avec une acuité visuelle maximale de 1/20e pour les B2 et comprise entre 1/20e et 1/10e pour les B3. Un champ visuel maximal de 5° pour les B2 et compris entre 5° et 20° pour les B3.

Silence, ça joue !

La règle d’or au cécifoot, c’est la communication. Même si la discipline se veut dynamique et spectaculaire à regarder, le mot d’ordre en tribunes, c’est le silence. Eh oui ! Il faut que les sportifs puissent échanger entre eux.
Si l’on tend l’oreille, on entendra facilement l’expression espagnole « voy », signifiant « je vais » ou « j’y vais » (clin d’œil aux origines du cécifoot). Il est utilisé pour annoncer son arrivée en direction du ballon. Une fois récupéré, on crie « j’ai » pour en informer son équipe. En attaque, le porteur de balle différencie ses partenaires de ses adversaires grâce à différents mots comme « oui », « passe » et « opposé », qui indiquent l’emplacement de chacun, contrairement au « voy » des défenseurs. Tout un lexique !

Les Bleus sur le toit de l’Europe

Les coéquipiers du capitaine Frédéric Villeroux n’auront malheureusement pas résisté aux assauts brésiliens pour leur première finale olympique aux Jeux de Londres 2012. Même constat à l’édition 2021 à Tokyo pour les Bleus qui finiront… bon dernier.

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Un défi de taille s’annonce donc à Paris pour des Tricolores ayant à cœur de remonter sur le podium. Et pour déjouer les pronostics, les triples champions européens français (2009, 2011 et 2022) seront accompagnés d’un invité surprenant : Olivier Giroud ! Le champion du monde 2018 est en effet devenu le parrain de l’équipe de France de cécifoot en juin dernier.
Le principal concurrent et favori ? Le Brésil, tout simplement invaincu depuis l’apparition du cécifoot aux Jeux d’Athènes 2004 et couronné de cinq médailles d’or !
C’est où ? C’est quand ?
Bien que l’on déplore l’absence d’un tournoi féminin aux Jeux paralympiques, seuls les hommes en catégorie B1 seront représentés à Paris.
Les épreuves auront lieu du 1er au 7 septembre au Stade tour Eiffel, situé au cœur du Champ-de-Mars. Par ici pour acheter vos places.

Où pratiquer à Paris ?

Paris et sa proche banlieue comptent plusieurs clubs et associations sportives pour pratiquer le cécifoot : l’A2CMieux (14e), l’Association sportive handi jeunes de Paris (17e) ou encore l’AC Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

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