La sobriété selon Maxime Musqua, juré du Trophée le Pari(s) du sans alcool

Interview

Mise à jour le 29/01/2026

un homme avec les cheveux bouclés et un pull blanc
Après avoir désigné les meilleurs mocktails de la capitale pour le trophée le Pari(s) du sans alcool, le trentenaire nous raconte son parcours et son engagement sur les questions de santé mentale et d’addiction. Interview (sans modération) de l’auteur et vidéaste Maxime Musqua.

Pourquoi avez-vous accepté d’être membre du jury cette année ?

J’ai accepté très vite ! L’an dernier, pour la 1re édition organisée par la Ville de Paris, il y avait un jury… mais je n’ai pas été invité. Cela a brisé mon petit cœur, et je m’étais dit : « Moi aussi, je veux tester les mocktails. » Alors, quand on m’a contacté cette année, j’ai dit oui immédiatement. J’ai eu l’impression de passer un cap, d’être validé par la street, « la street du cocktail ».
Plus sérieusement, je prends la parole sur la sobriété, la santé mentale, les addictions depuis plusieurs années maintenant. J’organise aussi des soirées sobres, notamment dans un club parisien. Avec le Dry January, dès qu’il y a des projets intéressants autour de ces sujets, j’accepte. Cela me permet de faire des choses nouvelles et de continuer à porter ces messages autrement.

Vous avez d’ailleurs vous-même arrêté l’alcool…

J’ai compris assez tôt que j’étais addict. Dans ma famille, il y a des problèmes d’addiction, notamment mon père. En devenant adulte, j’ai remarqué que j’avais plus de difficultés que d’autres à gérer la modération. Et avec ce modèle familial, je me suis dit : « Peut-être que j’ai la même chose. » Pendant longtemps, j’ai su que je devrai régler ce problème, mais je n’y arrivais pas. J’ai traversé une grosse dépression, et à ce moment-là, l’alcool était une béquille. Cela m’aidait à ressentir de la joie, à être sociable, à couper le cerveau, à faire semblant que tout allait bien quand ce n’était pas le cas.

Vous avez tenté d’arrêter plusieurs fois avant de réussir ?

Oui, j’ai fait de nombreuses pauses, des mois sans alcool… mais cela ne marchait pas. À chaque reprise, c’était plus ! Parce que je suis addict. Pour moi, il est plus facile de refuser le premier verre que ceux d’après. À 33 ans, après beaucoup de thérapies et de travail sur moi, j’ai décidé de tenter un an sans alcool. À l’époque, on ne parlait pas encore beaucoup de sobriété choisie. Je ne savais pas à quoi ressemblait vraiment une vie sans alcool, donc je me suis dit qu’il fallait essayer sur la durée.

Qu’est-ce que cette année sans alcool a changé ?

Je me suis rendu compte que mon moral était beaucoup plus stable. Et surtout, j’ai appris à construire une vie sociale et festive sans alcool.

Au bout d’un an, la décision était évidente : j’arrêtais définitivement. Mais sans arrêter de vivre ni de faire la fête.

Maxime Musqua
J’en ai fait des vidéos, un livre… Depuis que j’ai pris la parole sur ce sujet, beaucoup de personnes sobres m’ont dit merci. Merci de normaliser le fait de ne pas boire. Parce que la pression sociale est réelle, constante. C’est mon combat aujourd’hui : faire comprendre que ne pas boire est un choix comme un autre.

Avez-vous le sentiment que les mentalités évoluent ?

Oui, clairement. Quand on était plus jeunes, ne pas boire en soirée, c’était très mal vu, les problèmes d’alcool, c’était tabou. Aujourd’hui, j’entends de plus en plus de jeunes dire simplement : « Cela ne m’intéresse pas. » Il y a une vraie réflexion sur la consommation, sur le pourquoi on boit ou, au contraire, on ne boit pas.
Je pense que les réseaux sociaux, la libération de la parole sur la santé mentale, et même le Covid, où l’on ne pouvait plus faire la fête et trop boire dans ce contexte, ont joué un rôle. Il y a un décalage générationnel qui est assez réjouissant.

Que répondez-vous à celles et ceux qui disent que la sobriété, « c’est chiant » ?

Dans mon livre, j’ai répondu à la réflexion d’une journaliste [qui, pendant une émission, avait affirmé que l’absence d’alcool rend insipide] en disant : « Si vous voulez savoir ce que c’est que d’être chiant, allez dîner chez mon père n’importe quel soir de la semaine. »
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