Restauration de l’église Sainte-Anne de la Butte-aux-Cailles : comment la Ville a sauvé cet édifice

Actualité

Mise à jour le 24/04/2026

Photo de Sainte-Anne de la Butte-aux-Cailles en cours de restauration
Dans le 13e arrondissement, l’église Sainte-Anne de la Butte-aux-Cailles bénéficie actuellement d’une vaste campagne de restauration. Retour sur un chantier exceptionnel qui va permettre de sauver un édifice très fragilisé.
Craquements sur la façade, fissures au plafond, affaiblissement lié au poids de l’édifice sur le sol… La structure même de Sainte-Anne de la Butte-aux-Cailles (13e) et sa stabilité étaient grandement menacées ! Il fallait agir rapidement et en profondeur. La Ville de Paris s’est emparée de ce chantier titanesque qui devrait s’achever à la fin de l’année.

Le sauvetage de ce joyau architectural en vidéo

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Un chantier comparable à la création d’une ligne de métro

Lancés en 2022, les travaux engagés sont à la hauteur des enjeux. Il faut savoir que l’église de la rue de Tolbiac a été érigée sur le remblai de couverture de la Bièvre. Elle a donc été bâtie sur pilotis : au moment de sa construction, il y en avait près de 71 ! Chacun d’eux vient s’enfoncer dans le soubassement rocheux à des profondeurs de 16 à 22 mètres. Ainsi, au fil du temps, cette construction sur « pilotis » a posé des problèmes quant à la stabilité de l’édifice. Les restaurations successives ne sont pas parvenues à enrayer la situation.
Pour résoudre ce problème, les équipes ont donc creusé en profondeur sous l’édifice pour poser des micropieux, permettant de transférer le poids jusqu’au bon sol – un chantier comparable à la création d’une ligne de métro ! Quand on regarde l’intérieur aujourd’hui, impossible de penser qu’il y a quelques mois, il y avait un trou géant et des tiges s’enfonçant à des dizaines de mètres sous le sol.
Sur la façade aussi, les pierres noircies et abrasées par la pollution, la pluie et le vent ont été nettoyées et restaurées, à l’instar des statues et de l’horloge. À l’intérieur, les sols en carreaux de ciment ont été reconstitués selon le dessin d’origine, la voute de la nef a été remise à neuf, tandis que les peintures et les mosaïques des autels (central et du transept) ont fait l’objet d’une restauration/conservation afin de retrouver leur éclat d’origine.

Une église de quartier aux vitraux féériques

De style romano-byzantin, avec deux grandes tours, l’église Sainte-Anne de la Butte-aux-Cailles a été édifiée par Prosper Bobin entre 1896 et 1912. C’est une époque où Paris s’étend : la population croît et la chapelle existante ne suffit plus à accueillir le nombre de fidèles.
À l’intérieur, ses vitraux présentent des motifs géométriques ou des scènes historiées. Ils ont été conçus par Charles Mauméjean (1888-1957), peu avant la Seconde Guerre mondiale. Très colorées, ces compositions donnent à l’édifice des teintes chatoyantes à toute heure de la journée. À noter que les ateliers Mauméjean ont également réalisé les différentes mosaïques qui ornent les autels de l’église.
Église Sainte-Anne de la Butte-aux-Cailles
186 rue de Tolbiac
75013 PARIS
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