La Grande Mosquée de Paris passe le cap des 100 ans

Le saviez-vous ?

Mise à jour le 11/02/2026

La minaret fait 33 mètres de haut
Inaugurée le 15 juillet 1926, la Grande Mosquée de Paris n’est pas seulement le premier lieu de culte musulman construit en métropole. C’est aussi un monument à part entière, témoin d’un siècle d’histoire, et un véritable symbole culturel.

Aux soldats musulmans morts pour la France

Pendant la Grande Guerre, 500 000 soldats africains, majoritairement musulmans, sont mobilisés pour combattre en métropole. Les pertes parmi ces troupes sont importantes : 100 000 d’entre eux périssent, dont 70 000 lors de la bataille de Verdun, du 21 février au 18 décembre 1916. La construction de la Grande Mosquée de Paris (5e) incarne la reconnaissance de la Nation envers ces soldats tombés pour la France durant la Première Guerre mondiale. Érigée sur l’ancien emplacement de l’hôpital de la Pitié, elle constitue à la fois un lieu de culte et un symbole de mémoire et de gratitude.

Entre culte et culture

Conçue il y a cent ans, la salle de prière de la Grande Mosquée ne peut accueillir que 500 fidèles. Alors, au fil du temps, le patio et les sous-sols ont été aménagés pour recevoir les 10 000 à 15 000 fidèles qui s’y pressent aujourd’hui chaque vendredi. Au moment de l’Aïd el-Kébir, le site rassemble jusqu’à 30 000 personnes !
Mais la Grande Mosquée est bien plus qu’un lieu de culte : elle abrite une école de langue, elle délivre des actes de mariage et organise des expositions temporaires, un prix littéraire, un festival de courts-métrages ou encore des spectacles. Durant l’édition 2025 de Nuit Blanche, l’ancien logement d’un imam y a été transformé en boutique de souvenirs.

Un refuge sous l’Occupation

Beaucoup l’ignorent, mais l’histoire de la Grande Mosquée est marquée par deux actions en faveur des personnes de confession juive. Les archives attestent d’abord de la délivrance de faux papiers – des certificats de confession musulmane – à des Juifs nord-africains durant la Seconde Guerre mondiale, une initiative humaniste encouragée par le fondateur et directeur de l’institution, Si Kaddour Benghabrit. Par ailleurs, à la même période, les sous-sols de la mosquée auraient servi à abriter des enfants juifs pour les protéger des rafles. Le nombre de personnes ainsi sauvées demeure inconnu.

33 mètres de beauté

Le chantier de la Grande Mosquée a été confié à des architectes de renom – Maurice Mantout, Maurice Tranchant de Lunel, Charles Heubès et Robert Fournez. Leur mission : concevoir un monument à la fois audacieux et moderne, en harmonie avec l’urbanisme parisien. Ils ont ainsi donné naissance à une œuvre architecturale unique, mêlant influences orientales et occidentales dans un style néo-mauresque. En l’espace de quatre ans, 450 artisans et artistes venus du Maghreb ont participé à l’édification du bâtiment.
Parmi les éléments les plus marquants du site : les zelliges – ces mosaïques de faïence géométriques et colorées – fabriqués par des artisans marocains de Fès et de Meknès pour agrémenter le patio, le long poème calligraphié tout autour du patio ou encore le minaret haut de 33 mètres, décoré de tuiles vertes et inspiré de celui de la mosquée Zitouna, à Tunis (Tunisie).

Un havre de paix en toutes saisons

La Grande Mosquée accueille un espace vert de 3 500 mètres carrés, baptisé « Jardin d’Eden » et s’inspirant des plus beaux jardins andalous. Il est ouvert toute l’année pour la déambulation et sert de refuge loin du tumulte urbain. C’est aussi un lieu de spiritualité, avec des représentations de l’eau, du ciel et de la vie. Les essences que l’on y trouve, venant pour la plupart du Maghreb, résistent aux saisons. Les grands cyprès figurent l’élévation vers le ciel tandis que les cinq palmiers symbolisent les cinq piliers de l’islam.
Infos pratiques
La Grande Mosquée de Paris
2 bis, place du Puits-de-l’Ermite (5e)
Sur Instagram
Default Confirmation Text
Settings Text Html