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Série

Paris un musée à ciel ouvert : la Révolution

Mise à jour le 12/07/2021
Avec près de 1000 œuvres dans l'espace public, dont une grande partie de statues, Paris regorge de témoignages de notre histoire. Chaque mois, partez à la découverte de ce patrimoine avec notre nouvelle série « L'Histoire au coin de la rue ». Ce mois-ci, partez sur les traces de la Révolution française, à l'occasion de la sortie de l'application pour smartphone « Parcours Révolution ».
Période trouble marquée par l’épisode sanglant de la Terreur, la Révolution et ses grandes figures suscitèrent pendant tout le XIXe siècle de nombreuses controverses. C’est pourquoi seuls quelques monuments célèbrent aujourd’hui dans Paris ce mythe fondateur de la Nation, la plupart érigés à l’occasion des commémorations du centenaire en 1889 (statues de Danton, Condorcet et Beaumarchais), puis du bicentenaire en 1989 (Monument des droits de l’homme, du sculpteur Ivan Theimer).

Beaumarchais

Jean-Marie Louis Clausade (1862-1899)
1897. Bronze.
Lieu : angle des rues Saint-Antoine et des Tournelles (4e)
Inventeur, homme d’affaires, aventurier, espion, auteur, Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (1732-1799), par sa liberté de ton et d’esprit, aussi bien dans ses œuvres que dans sa vie, est aujourd’hui considéré comme l’un des préfigurateurs des idées révolutionnaires. La signification esthétique, et surtout l’importance politique du Mariage de Figaro, son chef-d’œuvre, dont Danton disait qu’il avait tué la noblesse, en font l’événement théâtral majeur du XVIIIe siècle. Mais c’est aussi l’habitant du quartier de la Bastille, dont l’hôtel particulier se trouvait à l’emplacement des numéros 2 à 22 du boulevard qui porte son nom, que célèbre la statue due au ciseau de Louis Clausade, un élève de Falguière. Inaugurée le 16 mai 1897, elle représente Beaumarchais perdu dans ses pensées, les bras croisés, tenant un bâton de maître de musique rappelant son activité théâtrale. Le modèle en plâtre en avait été présenté au Salon de 1894, à l’issue du concours lancé par la Ville de Paris pour l’érection d’un monument en hommage à ce libre-penseur héritier des Lumières.

Condorcet

Jacques Perrin (1847-1915)
1892, fonte en 1989. Bronze.
Lieu : quai Conti (6e)
C’est une pétition signée par 711 personnes qui permit en 1888 la commande d’une statue de Nicolas de Condorcet (1743-1794), projet approuvé par le vote du Conseil de Paris qui encourageait alors l’érection de monuments aux figures porteuses des valeurs républicaines. Si Danton incarnait la défense nationale, Condorcet symbolisait l’instruction publique, en digne représentant des Lumières. En effet, ce mathématicien, pionnier des statistiques et des probabilités qu’il appliqua aux modes de scrutin, fut aussi philosophe et homme politique. Engagé pour la défense des droits de l’homme, en particulier des minorités, promoteur d’une réforme du système éducatif et du système pénal, ce Girondin fut arrêté et mourut brutalement avant son exécution.
Le monument en son honneur fut mis au concours en 1889 et 95 artistes déposèrent un projet. C’est celui du sculpteur Jacques Perrin qui fut retenu, le jury ayant été séduit par la figure longiligne et élégante de Condorcet, un gros livre sous le bras, des papiers à la main, le visage concentré, fidèle expression de son intelligence et de la finesse de sa réflexion. La statue en bronze fut érigée quai Conti, à proximité de l’Institut et inaugurée en 1894. Fondue en 1942 sous l’Occupation, elle fut à nouveau éditée à l’occasion du bicentenaire de la Révolution, grâce au modèle en plâtre toujours conservé dans les réserves de la Ville de Paris.

Danton

Auguste Paris (1850-1915)
1891. Bronze.
Lieu : place Henri Mondor, Odéon (6e)
Une tête massive aux traits disgracieux, un doigt vengeur pointé vers l’horizon, le révolutionnaire Danton appelle à prendre les armes pour défendre la patrie en danger en 1792, face aux armées étrangères. Le sculpteur Auguste Paris traduit ainsi tout le charisme de l’orateur, qui a incarné la défense nationale, dans une composition dynamique où les deux jeunes volontaires semblent électrisés par les paroles du révolutionnaire.
Bien qu’inauguré seulement en 1891, à la suite d’un concours lancé en octobre 1888 auquel participent
66 candidats, ce monument a été créé dans le cadre des commandes de la Ville de Paris pour commémorer le centenaire de la Révolution de 1789. Si au sein même des républicains, la figure de Danton fait alors débat, c’est son caractère patriotique qui est ici souligné par une de ses fameuses tirades, gravée sur le socle : « […] il nous faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France sera sauvée ! ». Une autre citation y rappelle son engagement en faveur de l’instruction publique.
Le lieu d’implantation du monument suscite également des discussions très vives. En effet, certains proposent l’emplacement de la chapelle expiatoire, édifiée là où avaient été inhumés Louis XVI et Marie-Antoinette après avoir été guillotinés en 1793 ! C’est finalement sur le site de la maison même de Danton, où il fut arrêté, que la statue a été élevée.

L’Histoire inscrivant le centenaire

Émile Chatrousse (1829-1896)
1899. Pierre.
Lieu : square Adolphe-Chérioux (15e)
Une sibylle des temps modernes, élégamment drapée et tenant le grand livre de l’Histoire des Hommes. Elle est couronnée de lauriers, assise sur un fût de colonne où est inscrite la sentence suivante : « Instruisez-vous, arbitres du monde, l’Histoire est la leçon des peuples et des rois. »
Relecture républicaine des anciennes prophétesses, la statue est empreinte du réalisme académique et antiquisant en vigueur à l’époque où son créateur la conçoit.
L’Histoire d’Émile Chatrousse (sculpteur, mais aussi auteur et critique d’art) est commandée par la Ville de Paris pour décorer le futur Palais Galliera, mais finalement placée dans le square Adolphe Chérioux, à côté de la mairie du XVème arrondissement.
Cette œuvre s’inscrit dans le cycle commémoratif du centenaire de la Révolution française, qui correspond à la tenue de l’Exposition universelle de 1889. La République, après une décennie d’incertitude, est désormais triomphante et sûre de son avenir, elle expose ses dernières innovations techniques, ses fleurons industriels et artistiques, comme la tour Eiffel qui vient d’être achevée. En parallèle, la refondation institutionnelle du pays passe par les commandes publiques qui exaltent l’héritage de 1789, et inscrivent le nouveau régime dans le sillage de cette république originelle. La statuaire publique joue un rôle déterminant dans l’inscription de régime républicain dans le paysage urbain parisien, et l’on observe une véritable « statuomanie » dans les squares, les places, les avenues.

Monument à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen

Yvan Théimer (1944-)
1989. Bronze, pierre.
Lieu : Champ-de-Mars (7e)
À l’occasion de la célébration du bicentenaire de la Révolution française, la Ville de Paris, nommée pour l’année 1989 « Capitale culturelle de l’Europe », renoue avec la commande publique : Le Monument à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de l’artiste d’origine tchèque Yvan Theimer en est un témoignage magistral.
L’œuvre, qui allie architecture, sculpture, gravure se déploie sur le Champ-de-Mars, lieu de fêtes et de célébrations révolutionnaires, lieu de massacres aussi. En collaboration avec l’architecte Michel Jantzen, Yvan Theimer édifie, sur un podium, un petit temple flanqué de colonnes en pierre et d’obélisques en bronze, motifs récurrents dans ses créations. Deux hommes drapés de bronze, une femme et un enfant semblent inviter le visiteur à venir décrypter le foisonnement d’images et de textes fondateurs, qui ornent les parois de métal et les murs de pierre du monument. Ils évoquent non seulement la Révolution, mais les apports des grandes civilisations.
Dans ce monument, l’artiste conjugue avec une grande modernité les références de l’art classique et de l’Égypte ancienne. Il ancre également son œuvre dans le présent et le futur de l’Europe en intégrant des pierres gravées offertes par chacune des douze capitales des pays qui forment alors la Communauté européenne.
Sur les traces de la Révolution à Paris !
La Ville de Paris vous propose de parcourir le Paris de la Révolution française à travers les traces encore visibles et les nombreux symboles de cette période, tournant majeur dans l’histoire de France et de la capitale.

Le parcours Révolution vous emmènera à la découverte de 16 quartiers et plus de 120 lieux liés à cette époque mouvementée et aux grandes figures, célèbres ou parfois oubliées, qui en ont fait l’histoire. Tous les contenus sont disponibles en 5 langues (français, anglais, espagnol, allemand, italien).

Téléchargez l'application à partir du 12 juillet 2021 sur l'AppStore et sur GooglePlay et découvrez le site internet : https://parcoursrevolution.paris.fr

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