Femmes et hommes sont-ils égaux face à la santé ? | Recherche

Focus

Mise à jour le 24/09/2026

Centre de santé médical et dentaire Tisserand carte vitale

Les femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes, mais déclarent pourtant une moins bonne santé. Cette recherche s’intéresse à ce paradoxe et montre comment les différences de santé entre femmes et hommes sont liées aux conditions sociales, au travail et aux normes de genre.

Infos clés

Dispositif : Bourses Études de genre
Chercheur-se : Anne-Sophie COUSTEAUX
Établissement : Institut d'Etudes Politiques de Paris
Laboratoire : Observatoire sociologique du changement (OSC - FNSP/CNRS)
Statut : thèse soutenue (2011)
Discipline : sociologie

Présentation

Les femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes. Pourtant, elles déclarent davantage de problèmes de santé, de maladies et d’incapacités. Les inégalités de santé entre catégories sociales semblent également moins marquées chez elles que chez les hommes.

Comment expliquer ces différences ?

Cette recherche propose de ne pas les considérer uniquement sous l’angle biologique ou médical. Elle étudie la manière dont les conditions de vie et les rôles traditionnellement attribués aux femmes et aux hommes peuvent influencer leur santé.

Elle s’intéresse ainsi à deux questions principales : pourquoi les femmes déclarent-elles une moins bonne santé alors qu’elles vivent plus longtemps ? Et pourquoi les inégalités sociales de santé et de mortalité apparaissent-elles différemment chez les femmes et chez les hommes ?

Méthodologie

La recherche s’appuie sur plusieurs grandes enquêtes statistiques françaises produites par l’Insee.

La chercheuse compare différents indicateurs de santé chez les femmes et les hommes en tenant notamment compte de leur âge. Elle analyse également la manière dont les personnes interrogées décrivent elles-mêmes ce que signifie être « en bonne santé » et utilise des méthodes statistiques pour déterminer si certains facteurs ont des effets différents sur la santé des femmes et des hommes.

Résultats

La recherche montre que les différences de santé entre femmes et hommes peuvent avoir des origines sociales communes, mais s’exprimer de façons différentes.

Chez les hommes, certaines normes associées à la masculinité peuvent favoriser des comportements ayant des conséquences sur la santé et la mortalité prématurée, notamment la consommation d’alcool et de tabac ou l’exposition à la violence. Chez les femmes, le mal-être se manifeste davantage à travers certains troubles psychologiques et physiques.

L’étude montre également que le travail joue un rôle important. Lorsqu’un problème de santé affecte la vie professionnelle, les conséquences ne sont pas les mêmes : les hommes changent plus souvent de travail, tandis que les femmes se retrouvent davantage en situation d’inactivité ou de travail à temps partiel.

Ces résultats montrent ainsi que les normes et les rôles sociaux associés au féminin et au masculin peuvent avoir des effets différents sur la santé.

Apports de la recherche

Ces travaux invitent à mieux prendre en compte le genre dans les politiques de prévention et de santé.

Ils soulignent notamment l’intérêt d’agir dès le plus jeune âge sur certaines représentations de la virilité susceptibles de favoriser des comportements à risque. Ils invitent également à adapter davantage les actions de prévention aux femmes et aux hommes.

Enfin, la recherche met en évidence le rôle de la répartition du travail domestique entre les sexes et invite à considérer l’égalité entre femmes et hommes comme un enjeu pouvant également avoir des effets sur la santé.

Partenaires

Cette thèse de doctorat en sociologie a été préparée à l’Institut d’études politiques de Paris, au sein de l’Observatoire sociologique du changement (OSC), sous la direction d’Alain Chenu. La recherche a également bénéficié de l’accueil et du financement du Centre de recherche en économie et statistique (CREST) et s’appuie notamment sur des données produites par l’Insee.

Consulter la thèse

Les Bourses de recherche en études de genre

Cette recherche a bénéficié du soutien de la Ville de Paris dans le cadre des Bourses de recherche en études de genre, qui encouragent depuis 2006 les travaux consacrés aux questions de genre, d’égalité, de féminisme et aux droits des personnes LGBTQIA+.
À travers ce dispositif, la Ville de Paris soutient les jeunes chercheuses et chercheurs et contribue à la production et à la diffusion des connaissances sur ces enjeux.
En savoir plus sur les Bourses de recherche en études de genre

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