En patrouille avec Kamel, Éclair, Pascal et Rintintin, membres de l’unité cynophile de la police municipale

Série

Mise à jour le 14/08/2026

La brigade cynophile de la DPMP.

Saviez-vous que la police municipale comptait dans ses effectifs cinq chiens de tranquillité publique… et dix maîtres-chiens ? Basés dans le bois de Vincennes au sein de l’unité cynophile, ils patrouillent tous les jours sur l’ensemble de la capitale en mission îlotage et sécurisent les grands événements.

La seule présence du chien impressionne et impose une distance.

Pascal
Policier municipal de l’unité cynophile

Hommes et chiens, prêts à partir en mission !

La radio lance une alerte : des cris ont été entendus aux abords de la gare de Lyon (12e). Kamel et Pascal, policiers municipaux de l’unité cynophile, sont prêts à intervenir. À leurs côtés, leurs collègues à quatre pattes : Rintintin*, malinois de 4 ans, et Éclair*, 5 ans, un berger allemand débordant d’énergie. Équipés de leur harnais et de leur muselière, les deux animaux montent aussitôt dans la voiture climatisée pour leur première mission du jour. Et ils ne se font pas prier. « Ils savent qu’ils partent travailler et ils adorent ça », sourit Kamel.

Des policiers municipaux de la division territoriale et une équipe de la police nationale sont déjà arrivés place Rutebeuf (12e), et font face aux menaces verbales d’un individu alcoolisé. Dès que les auxiliaires canins sortent du véhicule, toujours tenus en laisse, la tension retombe d’un cran. « C’est la seule présence du chien et ses aboiements qui impressionnent ou dispersent, commente Pascal. Sa stature impose une distance et nous permet en général de reprendre rapidement le contrôle de la situation. »

Le meilleur ami de l’homme… et un atout pour assurer la tranquillité publique

Une nuisance dans un secteur difficile d’accès, un rassemblement qui dégénère, une personne agressive ou potentiellement armée, un individu qui se cache dans un jardin la nuit… Le binôme maître-chien/chien de patrouille est là pour intervenir. « Le chien, c’est un plus, un véritable atout pour la police municipale », résume Pascal, brigadier-chef principal, depuis trente-deux ans au sein de l’unité. Celle-ci est composée de dix policiers municipaux et de cinq chiens de tranquillité publique qui se déplacent à la demande des directions territoriales, de la direction de la Police municipale ou de la salle de commandement.

À la recherche d’assistants maîtres-chiens, de maîtres-chiens diplômés et d’entraîneurs canins policiers municipaux

Les policiers municipaux de l’unité cynophile, basés dans le bois de Vincennes (12e), exercent tous les jours sur l’ensemble de la capitale, de 15 h 30 à 1 heure du matin l’été, et de 14 h 30 à minuit l’hiver.
Cette équipe est amenée à sécuriser les grands événements, comme Nuit Blanche, ou à faire de l’îlotage sur Paris Plages. Elle est également sollicitée pour des missions ponctuelles sur la voie publique, comme la lutte contre la vente à la sauvette aux abords de la tour Eiffel (7e), et se déplace pour répondre à des urgences à la demande.
Postulez pour rejoindre la police municipale

Le chien, un collègue, mais aussi une arme… à manier avec précaution

Dans les cas plus rares où la situation dégénère, le chien est formé pour réagir. « Il ne répond pas spécifiquement à des mots ou des ordres, mais à des intonations… Et je fais aussi confiance à son flair et à sa capacité d’observation », clarifie Kamel, gardien-brigadier. Si l’agresseur est menaçant, la muselière renforcée permet au chien d’effectuer une « frappe muselée » dont la précision a été acquise par apprentissage. Elle permet de percuter l’individu pour le faire reculer ou le surprendre afin de procéder à son appréhension en toute sécurité.

Le démuselage est exceptionnel et n’intervient que dans des situations de légitime défense, notamment face à une personne armée. Pascal n’a eu à le faire qu’à trois reprises au cours de sa carrière. « Le chien formé est assimilé à l’usage d’une arme lorsqu’il est utilisé comme moyen de défense (1) », rappelle-t-il. Une responsabilité considérable pour le maître-chien, qui doit savoir lire une situation, contrôler son animal et décider du bon moment pour agir. « Les erreurs viennent de l’humain, jamais du chien », souligne le brigadier-chef.

Sociables, attentifs et courageux… mais surtout bien formés !

Pour être opérationnels, les équipiers à quatre pattes s’entraînent à chaque vacation. Situé à côté du chenil, le terrain d’exercice permet de travailler l’obéissance, les sauts, le mordant ou encore les recherches. Un bon chien de patrouille est avant tout un animal sociable, joueur, attentif, courageux et doté d’une bonne forme physique. « À la base, ces chiens ne savent pas forcément mordre ou défendre. Ce sont des exercices sous forme de jeux qui leur permettent d’acquérir ce réflexe », explique Kamel. L’objectif n’est pas de dresser un chien agressif, mais de le rendre obéissant et vigilant. Les bergers belges malinois et tervuerens, mâles ou femelles, sont privilégiés pour leur polyvalence, leur résistance et leur capacité d’apprentissage.

Les maîtres-chiens ne sont pas en reste : eux aussi doivent s’entretenir pour garder une bonne condition physique. Leur chien pèse entre 32 et 40 kilos et peut tirer brutalement sur la laisse… qu’il ne faut jamais lâcher. « Il faut également pour voir le suivre sans s’essouffler s’il se met à courir un 100 mètres ! » pointe Kamel.

Un métier qui reste une passion

Le jeune brigadier a rejoint l’unité cynophile il y a deux ans. « J’ai d’abord été assistant avant d’évoluer vers la fonction de maître-chien à l’issue d’une formation de conducteur de chien de police municipale de quatre mois et demi au côté d’Éclair. » Particularité : le policier de 28 ans n’avait jamais eu de chien auparavant. Désormais, son compagnon canin partage sa vie à la fois professionnelle et personnelle, et la pose de son harnais suffit à faire comprendre à l’animal quand il entre en mode « travail ». Pendant le service, pas de caresses ni de friandises. À la maison, le chien retrouve une vie ordinaire.

Pour nos deux agents humains, le métier reste avant tout une passion : « Travailler avec un être vivant, créer un lien avec son chien et avoir des missions variées, c’est ce qui me plaît », révèle Kamel, devenu l’ambassadeur de l’unité. Pascal, lui, a été le témoin privilégié des évolutions de l’unité cynophile. Rintintin est son neuvième chien de service. Fut un temps où il a même travaillé avec un chien détecteur d’explosifs ! Aux côtés des deux policiers municipaux, Éclair et Rintintin semblent avoir trouvé, eux aussi, leur vocation.

* Les noms des chiens sont tenus secrets afin qu’ils ne soient pas appelés ou distraits pendant leur travail.

(1) Lorsqu’il est utilisé comme moyen de défense dans le cadre strict de la légitime défense (articles 132-75 et 122-5 du Code pénal).

Default Confirmation Text
Settings Text Html