Comment la migration transforme-t-elle les rapports entre les femmes et les hommes ? | Recherche

Focus

Mise à jour le 24/09/2026

Vue de la façade du Musée de l'immigration.

Comment les rapports entre les femmes et les hommes évoluent-ils lorsque les membres d'une même famille vivent dans des territoires différents ? À partir d'un groupe familial originaire de la région de Kayes, au Mali, Nehara Feldman étudie les relations de pouvoir qui se construisent entre genre, âge, position dans la famille et lieu de résidence.

Infos clés

Dispositif : Bourses Études de genre
Chercheur-se : Nehara FELDMAN
Établissement : École des hautes études en sciences sociales (EHESS)
Statut : thèse soutenue (2009)
Discipline : sociologie

Présentation

La recherche de Nehara Feldman s'intéresse aux rapports sociaux de sexe dans une société d'Afrique de l'Ouest marquée par une forte mobilité géographique.

Elle étudie un même groupe familial originaire de la région de Kayes, au Mali, dont les membres sont dispersés entre plusieurs territoires : un village de la région de Kayes, Bamako et la région parisienne. En comparant différentes configurations familiales, la chercheuse analyse la manière dont cette dispersion géographique intervient dans les relations entre les femmes et les hommes.

La recherche s'intéresse notamment à la place des femmes au sein des unités domestiques, à leur accès aux ressources financières et à leur autonomie, mais aussi aux mécanismes de domination auxquels elles sont confrontées et aux stratégies qu'elles développent en réponse.

Méthodologie

La recherche repose principalement sur l'étude des relations intrafamiliales au sein d'un même groupe familial, dont les membres vivent dans plusieurs territoires : la région de Kayes, Bamako et la région parisienne.

Cette approche permet de comparer différentes configurations familiales et d'analyser les rapports entre les femmes et les hommes dans un contexte marqué par une forte mobilité géographique.

Principaux enseignements

La recherche met en évidence la complexité des rapports de pouvoir qui structurent les relations familiales. Les inégalités entre les femmes et les hommes ne fonctionnent pas de manière isolée : elles s'articulent à d'autres hiérarchies.

L'âge joue notamment un rôle, tout comme la position occupée dans la famille : les relations diffèrent selon que ses membres sont liés par la filiation ou par une alliance, notamment matrimoniale. Dans un contexte migratoire, le lieu auquel chaque personne est associée constitue également un facteur de différenciation.

La recherche interroge également le lien entre accès à l'argent et autonomie des femmes. Elle montre ainsi que l'étude des rapports entre les femmes et les hommes nécessite de prendre en compte simultanément plusieurs positions et rapports de pouvoir.

Apports de la recherche

Cette recherche propose une lecture des migrations attentive aux rapports sociaux de sexe et à la diversité des positions occupées par les femmes au sein d'un même groupe familial.

Elle permet de montrer que le « groupe des femmes » n'est pas homogène : les expériences et les marges d'autonomie diffèrent notamment selon l'âge, la place dans les relations familiales et le contexte migratoire. Elle invite ainsi à analyser ensemble les rapports de genre et les autres rapports de pouvoir qui structurent les relations sociales.

Les Bourses de recherche en études de genre

Cette recherche a bénéficié du soutien de la Ville de Paris dans le cadre des Bourses de recherche en études de genre, qui encouragent depuis 2006 les travaux consacrés aux questions de genre, d’égalité, de féminisme et aux droits des personnes LGBTQIA+.
À travers ce dispositif, la Ville de Paris soutient les jeunes chercheuses et chercheurs et contribue à la production et à la diffusion des connaissances sur ces enjeux.
En savoir plus sur les Bourses de recherche en études de genre

Default Confirmation Text
Settings Text Html