Ces personnalités du cabaret auxquelles Paris rend hommage
Mise à jour le 05/10/2026
Du 15 septembre au 15 novembre, la Saison Cabaret fait vibrer la France. À Paris, il suffit de lever les yeux et de parcourir les rues pour retrouver les traces de celles et ceux qui ont marqué cet art vivant.
Une rue pour Aristide Bruant
« À la Bastille, on aime bien Nini Peau d’chien… » Ce sont les paroles les plus célèbres d’Aristide Bruant (1851–1925), l’une des grandes figures du Montmartre de la Belle Époque. Le chansonnier se produisait dans les cabarets en entamant des airs sur les quartiers populaires, les ouvriers, les marginaux et les rues de Paris.
On pouvait notamment l’entendre au Chat Noir (18e), ancêtre du Mirliton, sur le boulevard de Rochechouart (18e). Et c’est sa silhouette – chapeau noir, cape et écharpe rouge – que Toulouse-Lautrec a immortalisée sur une célèbre affiche pour promouvoir ses spectacles. La rue Aristide-Bruant (18e) relie aujourd’hui la rue Véron (18e) à la rue des Abbesses (18e). Elle porte son nom depuis 1928.
Un jardin pour La Goulue
La Goulue, Louise Weber (1869-1929) à l’état civil, c’est la danseuse vedette du Moulin-Rouge (18e) à la fin du XIXe siècle, célèbre pour son cancan endiablé, ses « coups de cul » et son penchant pour la bouteille… qui lui vaudra son surnom ! Elle était l’un des sujets favoris de Toulouse-Lautrec, qui immortalisa cette Vénus parigote dans ses portraits et ses affiches.
Après ses années de gloire, elle entame une nouvelle vie dans le cirque auprès des fauves, mais finit dans la misère, avec pour toit une roulotte déglinguée. À son décès en 1929, elle est enterrée au cimetière parisien de Pantin (Seine-Saint-Denis), mais en 1992, à la demande de ses descendants, la Ville de Paris accepte de faire transférer ses cendres au cimetière de Montmartre (18e). Louise Weber à un jardin à son nom, situé au 14, rue Burq (18e), dans ce quartier qu’elle a tant aimé.
Une place et une piscine pour Joséphine Baker
Joséphine Baker (1906-1975), c’est cette icône qui chantait « J’ai deux amours, mon pays et Paris » ! Elle débarque dans la capitale de son Amérique natale en 1925 et fait sensation dans La Revue nègre au Théâtre des Champs-Élysées (8e). Danseuse, chanteuse, artiste libre, elle est l’une des grandes figures des Années folles. Mais Joséphine Baker était avant tout une femme de combats : militante des droits civiques, engagée dans la lutte contre le racisme, elle prend part à la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale et devient française en 1937.
Aujourd’hui, une place du 14e arrondissement rend hommage à cette grande femme entrée au Panthéon (5e) en 2021. Et, au 35, rue Pierre-Fontaine (9e), une plaque commémorative marque l’emplacement du cabaret qu’elle a dirigé.
Une promenade pour Coccinelle
À Montmartre, le nom de Coccinelle (1931-2006) est indissociable des nuits parisiennes et de l’histoire des cabarets. Dans les années 1950, elle débute en tant qu’artiste travestie avant de s’imposer comme l’une des grandes figures transgenres françaises. En 1959, elle devient officiellement Jacqueline Charlotte Dufresnoy à l’état civil, faisant d’elle la première célébrité française à obtenir la reconnaissance de son changement d’identité de genre. Danseuse, chanteuse et comédienne, elle fascine le public par son élégance, son audace et sa présence scénique.
Figure emblématique de Madame Arthur (18e) puis du Carrousel (8e), elle conquiert aussi l’Olympia (9e) et se produit dans le monde entier. Aujourd’hui, la promenade Coccinelle, inaugurée en 2017 sur le terre-plein central du boulevard de Clichy, perpétue sa mémoire, à quelques pas seulement de Madame Arthur, où les créatures lui rendent encore hommage chaque soir de spectacle.
Une promenade pour Michou
Michou (1931-2020), c’est le célèbre « prince bleu de Montmartre ». Arrivé à Paris à 18 ans, Michel Catty ouvre en 1956 son cabaret Chez Michou, au 80, rue des Martyrs (18e). Pendant plus de soixante ans, il y fait régner strass, humour, chansons et spectacles transformistes. Vêtue en permanence de bleu électrique, des pieds aux lunettes de soleil, cette figure parisienne était aussi connue pour sa générosité et son engagement auprès des seniors montmartrois. Il souhaitait que son cabaret ferme définitivement ses portes après sa mort – survenue en 2020 –, estimant que l’établissement ne pouvait pas lui survivre.
Michou a désormais sa promenade : inaugurée en juin 2025, celle-ci longe le boulevard Marguerite-de-Rochechouart, entre la rue des Martyrs et la rue Dancourt (18e), à deux pas de son cabaret.
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