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Au quotidien, ces agents de la Ville au service des Parisiens (2)

Mise à jour le 27/04/2020
Responsable des cimetières ou cheffe de l'accueil des familles, volontaire en EPHAD ou responsable administratif d'un centre de santé… Tous poursuivent sur le terrain leur mission de service public à la Ville de Paris, en cette période de crise sanitaire liée au coronavirus. Dans cette deuxième série, Sylvain, Raymonde, Cathia et Sylvie témoignent, avec une humilité à la hauteur de leur investissement.

Sylvain, au service des familles des défunts

Sylvain Ecole est chef du service des cimetières de la Ville de Paris.

Le service des cimetières dépend de la Direction des espaces verts et de l’environnement (DEVE) de la Ville de Paris. Aujourd'hui, environ 150 agents assurent la permanence du service public dans les 20 cimetières parisiens intra et extra-muros.

Comment le service des cimetières s'est-il adapté à cette situation exceptionnelle ?

Dès le début de la crise, le service des cimetières s’est recentré sur les activités d’organisation des opérations funéraires et d’accueil des familles, dans un contexte de fermeture des cimetières. Les conservations des cimetières ont simplifié et dématérialisé les procédures anticipant l’hypothèse d’une augmentation forte des décès, en lien avec les services d'État civil (DDCT) et les opérateurs funéraires. Nous sommes contraints de nous adapter en permanence au contexte réglementaire qui évolue très vite : trois décrets ont été pris dans le domaine funéraire en l’espace de 10 jours ! Nous organisons des réunions, deux fois par semaine via Skype, avec l'ensemble des conservations des cimetières pour échanger et adapter notre organisation. Enfin, nous préparons déjà « l'après » car nous anticipons un pic d'activité à l'issue du confinement, correspondant au souhait des familles de procéder à l'inhumation des urnes funéraires.
Tombes dans le  Cimetière parisien d' Ivry
Cimetière parisien d' Ivry
Guillaume Bontemps / Ville de Paris

Comment le travail des agents est-il organisé ? Quelles dispositions ont été prises ?

Tous les agents nécessaires à l’accomplissement des missions sont en fonction. Les personnels de surveillance, les personnels administratifs, les conservateurs et leurs adjoints, et, au service central, les agents du bureau des concessions sont pleinement mobilisés, car ils concourent directement au bon fonctionnement du service public des inhumations. Les fossoyeurs réalisent les exhumations nécessaires. Les cantonniers sont maintenus à domicile mais peuvent intervenir par roulement pour assurer des tâches de nettoyage et d’entretien, moins importantes qu’à l’habitude, les cimetières étant fermés au public.
Pour conserver, sur la durée de la crise, les effectifs disponibles et s’assurer de la capacité des agents à assurer leurs missions, nous avons souhaité maintenir un bon équilibre entre temps de travail et vie personnelle, avec des aménagements d’horaires ou des mises au roulement pour des agents qui n’en bénéficient pas habituellement (les personnels administratifs ou les fossoyeurs). Certains agents d'accueil et de surveillance, travaillant dans des cimetières annexes, sont mutualisés sur différents sites en fonction des nécessités de service. Ceux ci peuvent aussi bénéficier exceptionnellement d’aménagements d’horaires, compte tenu du nombre très important d’inhumations.
Cimetière parisien d'Ivry

Comment les agents vivent-ils ce contexte particulier ?

C'est dans ce contexte exceptionnel que nos agents prennent toute la mesure de leurs missions. Toutes les équipes sont très impliquées. Chacun réagit en fonction de sa propre sensibilité, ce qui est parfaitement compréhensible au vu du contexte, mais globalement, les agents sont très conscients de l'importance de la mission qu’ils ont à accomplir.

Raymonde Boulon, au service des familles des défunts

Raymonde Boulon est cheffe du pôle accueil et surveillance aux cimetières parisiens de Thiais et d’Ivry

Comment se passe votre travail quotidien ?

Notre équipe est actuellement réduite de moitié alors que le nombre de convois funéraires est en nette augmentation. Actuellement, je supervise et coordonne le travail des agents (agents d'accueil et de surveillance, fossoyeurs et agents d'accueil funéraire) en lien avec la conservatrice et son adjoint. Chaque soir, je prépare le planning de la journée suivante, en lien étroit avec les agents de la conservation, pour l'équipe du matin et celle de l'après-midi. Avec des cérémonies réduites - il y a un convoi funéraire toutes les demi-heures - les restrictions actuelles ont un impact direct sur notre mode de fonctionnement et sur le travail quotidien des agents d'accueil et de surveillance.
Au cimetière de Thiais, les agents d'accueil et de surveillance travaillent en binôme. Ils accueillent et orientent les familles, filtrent les entrées (le nombre de proches pouvant assister à la cérémonie étant réduit à 20 personnes), s'assurent du respect de la distanciation sociale, facilitent l'accès aux points d'eau.
En ces temps de crise, je tiens à garder un lien très étroit avec eux. Ainsi nous avons créé un groupe WhatsApp où nous échangeons chaque jour et, surtout, nous nous soutenons et nous encourageons. Le moment du brief chaque matin est également très important pour souder au maximum l'équipe. A titre personnel, je fais très attention à mon alimentation et à mon temps de sommeil pour être disponible à 100% pour mon équipe. Chacun d'entre nous a à cœur de mener à bien ses missions dans le respect des familles et de leurs proches.

Cathia, au service des personnes âgées

Cathia Christophe, auxiliaire de puériculture à la Ville de Paris, est actuellement volontaire dans un EHPAD du 14e arrondissement.

"Je vais voir une pensionnaire tous les jours pour la mettre en lien avec sa fille et son petit-fils qui lui chante des chansons". Elle partage son expérience dans cette vidéo, enregistrée depuis chez elle.
Lire aussi le témoignage de Claire, qui exerce le poste d'intervenante dans un commissariat mais est bénévole dans l’Ehpad Furtado Heine (14e).

Sylvie Découflet, au service des patients

Sylvie Découflet est responsable administrative du centre de santé Edison (13e)

Comment les activités du centre de santé ont-elles été réorganisées ?

Nous avons fermé le centre dentaire Eastman et réorganisé les consultations du centre Edison. Au rez-de-chaussée, une consultation Covid-19 est réservée aux patients qui présentent des signes infectieux. Ils sont systématiquement dirigés vers cette consultation. Un masque leur est remis, la grande salle d’attente permet de maintenir une distance de 2 mètres entre eux et deux cabinets de consultation sont prévus pour les recevoir. Nous en ouvrirons un troisième si besoin. Les patients qui ont d’autres rendez-vous montent à l’étage pour leurs consultations spécifiques. Beaucoup ont été annulées mais nous en avons maintenu, comme les consultations gynéco et les IVG. Nous venons de mettre en place la téléconsultation. Elle s’adresse principalement aux personnes suivies dans le centre et sert aussi pour reprendre contact avec les patients venus pour le Covid-19.
Lavage des mains avec du savon comme geste barrière contre le coronavirus
Lavage des mains avec du savon comme geste barrière contre le coronavirus
Eau de Paris

Quel type de consultation proposez-vous pour le Covid-19 ?

Pour le moment, ce sont des examens cliniques, nous ne faisons pas de tests. Nous les proposerons ensuite en fonction des recommandations. Une infirmière formée pourra s’en charger. Une assistante sociale présente au centre propose du portage de repas à domicile aux personnes seules ayant des symptômes qui sont confinées chez elles. Les consultations pour le Covid-19 montent en puissance. Nous avons la capacité d’y répondre. Pour nous protéger, nous avons des masques, du gel et nous allons recevoir des charlottes. Les praticiens ont les masques FPP2.

Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Ma présence sur le site est plus qu’indispensable en cette période pour organiser au mieux notre travail. Nous sommes une quinzaine sur place et je fais tourner les équipes pour qu’elles ne s’épuisent pas. J’ai adapté les horaires pour les agents qui habitent loin et qui dépendent des transports. Nous sommes autonomes sur notre organisation, cela permet de gérer au mieux avec les médecins, tout en suivant les recommandations. Cette crise change complètement notre fonctionnement. En temps normal, le centre propose beaucoup d’activités, alors que maintenant c’est très ciblé Covid-19. L’atmosphère que l’on ressent dehors se retrouve à Edisson. L’équipe est sereine mais consciente des risques et se protège.

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