5 anecdotes historiques sur les maires de Paris

Le saviez-vous ?

Mise à jour le 15/01/2026

Etienne Marcel (1316-1358), marchand drapier et homme politique français, haranguant le peuple de Paris de la fenêtre de la Maison aux Piliers (emplacement de l'Hôtel de Ville).
Municipales en vue les 15 et 22 mars ! Avant de glisser votre bulletin dans l’urne, plongez dans l’histoire pour le moins mouvementée des premiers édiles à avoir dirigé la capitale.

Le prévôt des marchands qui a défié la royauté

Jusqu’à la Révolution française, la fonction de maire de Paris n’existait pas. À la place, le prévôt des marchands était chargé de l’approvisionnement de la ville (en blé, en vin, en bois…), des travaux publics et de la juridiction commerciale – c’est lui qui réglait les litiges entre marchands et qui fixait les taxes sur les marchandises entrant dans la capitale.
Cette fonction, née au XIIIe siècle, était occupée par un homme désigné pour deux ans par les notables locaux et les chefs de quartier. Étienne Marcel, élu en 1354, tenta de faire du prévôt des marchands un contre-pouvoir de la royauté, allant jusqu’à mener une révolte le 22 février 1358. Entré dans la chambre du dauphin Charles (le futur Charles V), il lui fait revêtir un chaperon bleu et rouge, couleurs des insurgés parisiens. Une humiliation pour celui censé détenir un pouvoir de droit divin… qui fuira la capitale pour mieux y revenir accompagné de milliers d’hommes.
Après l’échec de la révolte d’Étienne Marcel, puis la révolte fiscale des Maillotins, la fonction de prévôt des marchands est supprimée en 1383, avant d’être rétablie en 1412.
Rendez-vous les 15 et 22 mars pour voter !
Jusqu’à quand s’inscrire sur les listes électorales ? Quel est le mode de scrutin à Paris ?
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Le premier maire de Paris fut guillotiné

Si le 14 juillet 1789 évoque d’abord la prise de la Bastille, c’est également le dernier jour de la capitale sans maire. Ce jour-là, la foule révolutionnaire accuse le prévôt des marchands Jacques de Flesselles de trahison, car il tente de protéger l’Hôtel de Ville – où de nombreuses armes sont stockées – d’un pillage. Il sera abattu par un tir d’arme à feu sur les marches de l’édifice.
Le lendemain, Jean-Sylvain Bailly est élu maire de Paris par acclamation. Ce scientifique et astronome était particulièrement populaire à l’époque, puisqu’il avait déjà été désigné premier député du tiers état pour la ville et les faubourgs de Paris à l’occasion des États généraux.
Sa popularité sera de courte durée : le 17 juillet 1791, il ordonne à la garde nationale de tirer sur la foule venue manifester au Champ-de-Mars. Démissionnant dans la foulée et se retirant à Nancy (Meurthe-et-Moselle), Jean-Sylvain Bailly sera finalement traduit devant le Tribunal révolutionnaire, puis guillotiné le 10 novembre 1793.

Jules Ferry, dernier maire de Paris… pendant un siècle !

Avant de mettre en œuvre les lois ayant rendu l’école gratuite, obligatoire et laïque en 1881 et en 1882, Jules Ferry a occupé la fonction de maire de Paris. Nous sommes alors en 1870, la France vient de subir une défaite décisive à Sedan (Ardennes) face à la Prusse. Le gouvernement de la Défense nationale est formé à Paris tandis que les troupes prussiennes encerclent la capitale.
C’est dans cette situation pour le moins critique que Jules Ferry est nommé maire par le gouvernement provisoire le 15 novembre 1870. Notamment chargé d’assurer le ravitaillement de la capitale assiégée, il impose des restrictions alimentaires et devient très impopulaire, au point d’être surnommé « Ferry la famine ».
Lors du soulèvement du 18 mars 1871, marquant le début de la Commune de Paris, Jules Ferry fuit à Versailles (Yvelines). S’il reste officiellement maire jusqu’au 5 juin 1871, dans les faits, il ne dirigeait plus la ville. Il demeurera néanmoins le dernier maire que Paris ait connu pendant… cent six ans !

Deux préfets pour une ville

Après la Commune de Paris et pour éviter que la capitale ne redevienne un foyer de rébellion, le pouvoir central divise sa direction en deux têtes : le préfet de la Seine et le préfet de Police, nommés directement par le gouvernement en Conseil des ministres. Le premier gère l’administration, les finances et l’urbanisme (autant de responsabilités semblables à celle d’un maire), tandis que le second s’occupe de la sécurité et de l’ordre public. Une organisation déjà éprouvée en 1800, année durant laquelle Napoléon Ier a créé la fonction de préfet.
Certains préfets de la Seine ont profondément marqué l’histoire de la capitale. Si l’on pense bien entendu au baron Haussmann (de 1853 à 1870), dont les grands travaux ont totalement transformé la ville, on peut aussi citer Claude-Philibert de Rambuteau (de 1833 à 1848), qui a impulsé la création de milliers de trottoirs et la construction massive de fontaines publiques, ou encore Eugène Poubelle (de 1883 à 1896), qui a œuvré pour améliorer l’hygiène avec l’installation de récipients contenant les déchets ménagers…

Depuis 1977, les Parisiens élisent enfin leur maire

Il faut attendre la loi du 31 décembre 1975 pour que Paris retrouve un maire élu. Le premier scrutin municipal parisien se tient en 1977. Et c'est Jacques Chirac qui l'emporte !
À Paris comme dans le reste de la France, les électeurs élisent des conseillers municipaux (appelés conseillers de Paris dans la capitale). Ce sont ces derniers qui, réunis à l’Hôtel de Ville, désignent le ou la maire. Depuis 1982 et la loi PLM (Paris, Lyon, Marseille), les Parisiens ont même deux maires : celui de leur arrondissement (élu par le conseil d’arrondissement) et celui de Paris (élu par le Conseil de Paris).
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