Paris se mobilise pour les abeilles

L’abeille domestique participe à la pollinisation à l’origine de la reproduction végétale et contribue avec l’ensemble des insectes pollinisateurs au maintien de la vie sur notre planète. Or, depuis plusieurs années, les insectes pollinisateurs sont menacés par l’utilisation massive des pesticides. Le plan «Ruches et pollinisateurs», dont se dote aujourd'hui la Ville, vise à accompagner, susciter et renforcer les projets en faveur des pollinisateurs. Explications.

Toutes les espèces de pollinisateurs sont considérées comme des sentinelles donnant l’alerte sur les dangers qui menacent à la fois l’équilibre naturel et la santé des hommes.

Or, depuis plusieurs années, ces insectes sont menacés par des modifications de leur milieu de vie, en particulier en raison de l’utilisation intensive des pesticides, dont les effets ne sont également pas sans conséquences pour l’homme.

Ainsi l’abeille et les pollinisateurs sont à la fois témoins et victimes de la dégradation de l’environnement. Ils sont aussi un formidable vecteur de sensibilisation et d’éducation à l’environnement. 

La ville, un refuge pour les abeilles

En ville, les températures plus clémentes, la diversité des plantations, les méthodes de culture sans engrais et sans pesticides, la multiplication des espaces verts, les plantations sur les terrasses, bords de fenêtres et cours séduisent les abeilles.

Dans les jardins, les floraisons s’étalent du printemps à l’automne et les abeilles ont de quoi butiner une bonne partie de l’année. Une abeille butine 700 fleurs par jour dans un périmètre de trois kilomètres autour de la ruche. La plupart des végétaux ne peuvent se féconder sans le butinage des abeilles.

Leur rôle est indispensable dans la nature. La présence des abeilles est un signe de bonne santé de notre environnement, leur préservation participe à la sauvegarde de notre planète. 

700 ruches à Paris

Depuis plusieurs années, les ruches prospèrent en ville. Paris compte au recensement de 2015 près de 700 ruches et un patrimoine municipal de 143 ruches réunies dans 23 ruchers, gérés par des associations ou des particuliers apiculteurs dans le cadre de conventions d’occupation du domaine public. Ces apiculteurs se sont engagés à développer des ruchers pédagogiques afin d’informer le public sur la question des abeilles domestiques et plus largement sur les insectes pollinisateurs.

La Maire de Paris a fixé comme objectif de renforcer la place de la nature à Paris, notamment à travers l’installation de ruches et la valorisation de leur miel, au cours de cette mandature. C’est l’objet du plan qui est proposé au Conseil de Paris, véritable stratégie en faveur des pollinisateurs, de l’abeille et des apiculteurs parisiens.

Les démarches à effectuer pour l'installation de ruches

Toute nouvelle installation de ruches doit être déclarée à la DDPP que vous soyez professionnel, particulier, co-propriété, association. Les démarches ont été simplifiées afin de favoriser la participation de tous, il est désormais possible de faire ces déclarations en ligne. A noter : chaque apiculteur est responsable de ses ruches et des colonies qui y habitent.

Il est également conseillé de contacter des personnes compétentes, groupement apicole ou association apicole afin de s'assurer de la conformité des installations, de la technique et du matériel ainsi que de l'environnement de vie des abeilles. 

Un plan «Ruches et pollinisateurs» pour quoi faire?

Concrétisation d’une stratégie de développement des ruchers sur le territoire parisien d’ici 2020, il met en œuvre tous les vecteurs de développement des ruchers à Paris, avec une attention particulière pour l’ensemble des insectes pollinisateurs sauvages.

L'objectif est de mobiliser l’ensemble des parties prenantes de l'apiculture, notamment grâce à la commission apiculture, son organe de gouvernance, les associations d’apiculteurs, professionnels ou amateurs, avec lesquelles nous travaillons tout au long de l'année (UNAF, SNA, SCA pour les plus connues, mais également d’autres):

  • la Ville, via les mairies d’arrondissement et les directions de la Ville,
  • les associations gestionnaires de jardins partagés,
  • les propriétaires et copropriétaires parisiens,
  • le monde de la recherche,
  • et évidemment la préfecture.

La commission apiculture a d’ailleurs été associée à l’élaboration de ce plan et sera garante de sa mise en œuvre et de son évaluation. 

Les actions concrètes

Ce plan s’articule autour de 4 axes d’interventions, regroupant 12 actions complémentaires en faveur de l’abeille domestique comme de l’ensemble des pollinisateurs.

Développer un environnement favorable

Le premier axe d’intervention vise à développer un environnement favorable aux pollinisateurs.

Trois actions complémentaires le composent :

  • Augmenter les ressources en nectar et en pollen.

L’ambitieux programme de végétalisation de la mandature sera l’occasion de planter des végétaux nectarifères.

  • Limiter les causes de mortalité de l’abeille domestique.

Depuis 2001, la Ville de Paris a engagé une réduction des produits phytosanitaires dans ses espaces verts. Lancée en 2007, la politique du « zéro phyto » pour les jardins labellisés Écocert s’est poursuivie en 2012 avec l’obtention du nouveau label national Écojardin. Désormais, avec cette démarche appliquée dans tous ses parcs, jardins et cimetières, la Ville de Paris entend participer à la protection des insectes pollinisateurs. Pour aller plus loin encore, la Ville encouragera les autres gestionnaires d’espaces verts du territoire à en faire de même.

Parallèlement, un plan de lutte contre le frelon asiatique sera développé en synergie avec l’ensemble des acteurs concernés.

  • Implanter des abris à pollinisateurs.

Mouches, guêpes, abeilles sauvages ou solitaires, bourdons, papillons, scarabées, etc., ils sont nombreux à butiner et polliniser dans l'ombre nos plantes cultivées et sauvages. Pour favoriser l’ensemble des pollinisateurs dont l’action est complémentaire de celle de l’abeille domestique, en complément des ruchers, des abris à pollinisateurs ou hôtels à insectes seront implantés dans les jardins dont la diversité végétale est la plus riche. Les acteurs du domaine non municipal seront invités à œuvrer dans cette voie.


Implanter de nouveaux ruchers sur le territoire parisien

Le deuxième axe d’intervention vise à favoriser l’installation de nouveaux ruchers sur le patrimoine municipal et sur celui d’autres acteurs privés, publics ou parapublics.

Quatre actions complémentaires le composent :

Implanter de nouveaux ruchers sur les bâtiments municipaux et dans les jardins partagés.

Le déploiement sur le domaine de la Ville de Paris devra être exemplaire. Les mairies d’arrondissement et les jardins partagés qui le souhaitent pourront également accueillir des ruchers.

Mobiliser les directions pour évaluer la création de ruchers pour chaque opération de rénovation ou de création de bâtiments ou d’aménagements.

Au stade de la conception, la question de l’implantation d’un rucher sera examinée en vue soit d’intégrer le rucher dans l’équipement soit de déterminer un emplacement adapté pour l’accueil ultérieur d’un rucher.

Lancer un appel à projets pour l’installation de nouveaux ruchers à Paris.

Afin de favoriser l’implantation de ruchers, la Ville accompagnera les propriétaires et copropriétaires qui souhaitent développer des projets apicoles sur leur bâti ou leurs jardins. Afin de mettre en réseau ces propriétaires et copropriétaires et les apiculteurs professionnels ou amateurs, la ville mettra en œuvre un appel à projets dédié.

Faciliter la procédure d’installation de ruches sur le patrimoine municipal.

Dans la continuité des travaux entrepris sous la précédente mandature, une charte des ruchers entre la Ville et les apiculteurs de son domaine sera établie, qui fixera notamment une procédure facilitée d’implantation de nouvelles ruches et de conventionnement.

Ces nouvelles installations se feront dans le respect de l’arrêté préfectoral du 20 mai 1895, qui fixe notamment la distance minimale à observer entre les ruches d’abeilles et les propriétés voisines ou la voie.

Faciliter la vente du miel

Le troisième axe d’intervention vise à faciliter la vente du miel et des produits dérivés.

Deux actions complémentaires le composent :

Faciliter la vente du miel produit sur le patrimoine municipal.

Pour les associations qui le souhaitent, un avenant à la convention d’occupation sera conclu afin d’établir les conditions de vente.

Une réflexion sera également menée sur les moyens de faciliter la fabrication du miel pour l’ensemble des apiculteurs parisiens, par exemple grâce à une miellerie collective. Cette réflexion associera les services de la Ville et ses partenaires désireux de développer des ruchers et du miel sur leur patrimoine.

Développer un visuel « Miel de Paris ».

La Ville a créé un visuel « Miel de Paris » permettant d’identifier les miels produits sur son patrimoine, ce miel sera pour partie vendu à la boutique Paris Rendez-vous.

Afin de faire connaître et reconnaître la qualité de ce miel, la Ville encouragera la participation au concours des Miels d’Île-de-France, organisé par l’Association pour le développement de l’apiculture en Île-de-France (ADAIF) et la Société centrale d’apiculture (SCA).

Développer l’information et la sensibilisation sur le sujet

La Fête de l’abeille et du miel de Paris, dont la première édition le 20 juin 2015 a été un succès, sera reconduite. Des actions en directions des gestionnaires d’espaces pouvant accueillir des abeilles seront spécifiquement développées ainsi que des actions vers les publics scolaires et familiaux. Des actions spécifiques relatives à la question des pollinisateurs sauvages et notamment des abeilles sauvages ou solitaires seront aussi proposées à ces différents publics.

Enfin, des formations seront proposées pour encourager les vocations d’apiculteurs.

Un label APIcité pour la Ville de Paris

Conformément au vœu adopté en Conseil de Paris, en mars 2015, la Ville s’engage dans la labellisation de son action en faveur des abeilles et des pollinisateurs à travers un label développé spécifiquement par l'Union nationale de l’apiculteur française (UNAF), pour les collectivités désireuses de valoriser leur action en faveur des pollinisateurs. Lors de la première édition de ce label en novembre 2016, la Ville de Paris a été distinguée par la plus haute récompense : "3 abeilles" pour ses actions en faveur des pollinisateurs.

Vous souhaitez créer un rucher sur le domaine municipal ? Envoyez votre projet à maisonparisnature@gmail.com

Que faire si vous découvrez un essaim d'abeilles ?

Les abeilles appartiennent à une espèce protégée par la loi, les pompiers ou les entreprises de désinsectisation n'ont pas le droit de les détruire. La seule solution consiste donc à faire appel à un apiculteur de la région qui accepte de venir chercher l'essaim pour augmenter son cheptel. Les colonies d'abeilles sont très recherchées par les apiculteurs. Contactez :

Groupement de Défense Sanitaire des Abeilles Val-de-Marne et Seine
94210 La Varenne-Saint-Hilaire
tél : 01.48.89.05.15

Société Centrale d’Apiculture
41, rue Pernety
75014 Paris
Tél. : 01.45.42.29.08

Dernière mise à jour le mercredi 1er mars 2017
Crédit photo : © François Grunberg / Mairie de Paris

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