Nuit de la solidarité : 3 622 sans-abris recensés  

Les premiers résultats de la Nuit de la solidarité 2019 ont été présentés : 3 622 personnes sans abri ont été dénombrées par les 356 équipes déployées à Paris et par les partenaires de la Ville.

L'objectif de ce décompte, mené avec les signataires du Pacte de lutte contre la grande exclusion et 2 000 personnes (400 professionnels et 1 700 bénévoles parisiens) avait pour but de mesurer le nombre de personnes à la rue et d'améliorer la connaissance de leurs profils et de leurs besoins pour adapter les réponses proposées.

Une nuit pour "rendre visible les invisibles"

"Nous souhaitons remercier les Parisiennes et les Parisiens qui ont été encore plus nombreux pour cette 2e édition et sans qui rien n’aurait été possible. Nous saluons également la mobilisation des associations, des partenaires institutionnels et des agents de la Ville de Paris" a expliqué Emmanuel Grégoire, Premier Adjoint à la Maire de Paris.

Dans le détail, 2 232 personnes sans abri ont été décomptées dans les rues de Paris. 751 personnes sans abri ont, eux, été dénombrés par les partenaires de l'opération : 298 pour la SNCF dans les gares, 292 dans les stations de métro par la RATP, 100 pour l’APHP, 37 pour les parkings Indigo et 24 pour Paris Habitat. Enfin, 639 personnes sans abri ont été recensées dans le bois de Vincennes (12e), le bois de Boulogne (16e) et La Colline (18e), les parcs et jardins et les talus du périphérique.

Un périmètre étendu aux bois et parcs et jardins 

"C'est un bilan en demi-teinte" a souligné Dominique Versini, adjointe à la Maire de Paris chargée des solidarités et de la lutte contre l’exclusion. "Il y a 600 personnes supplémentaires dénombrées par rapport en 2018 car nous avons élargi notre périmètre d'intervention aux bois de Boulogne, Vincennes, et au bois de la Colline ainsi qu'aux talus du périphérique." 

La ville a pourtant multiplié ses efforts. 1 500 nouvelles places ont été créées par Paris depuis l'an dernier et 300 le seront en mars prochain boulevard Jourdan (14e). "L'État a également créé des places d'hébergements sur son domaine" a précisé Dominique Versini.

Un comptage très précis sur 353 secteurs

Dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 février, à partir de 22 heures et ce jusqu'à 1 heure du matin, plus de 2.000 Parisiennes et Parisiens volontaires répartis en plus de 360 équipes sont allé·e·s à la rencontre des personnes sans abri à Paris, pour mener pour la deuxième année un décompte anonyme. 

Par groupe de quatre ou cinq, les bénévoles, dotés d’un questionnaire anonyme, ont sillonné les rues de la capitale, pour parler, échanger, compter et apporter des solutions aux personnes sans domicile fixe. 

2 000 professionnels et bénévoles mobilisés

Pour chaque personne rencontrée, les bénévoles ont rempli un questionnaire co-construit par la Ville de Paris, les associations et un comité scientifique permettant de recenser à la fois le profil et les besoins des personnes.

Des décomptes complémentaires ont été réalisés par la RATP dans 246 stations de métro parisiennes, par la SNCF dans les 7 gares que compte la capitale et par l’AP-HP dans 13 hôpitaux parisiens. Cette année, 52 parkings parisiens des sociétés Indigo, Saemes et Paris Habitat ont été visités et 56 adresses du bailleurs social Paris Habitat ont été enquêtées.

A savoir

Plusieurs arrondissements ont connu des évolutions importantes. Le 10e vu son nombre de sans-abri diminuer de 50% (127 contre 274), Les 18e (421 contre 246) et 19e (318 contre 215) ont, eux, connu une forte hausse de personnes sans abri recensées.

"Les données collectées grâce à une méthodologie rigoureuse seront désormais analysées par un comité scientifique, elles permettront d’ici la mi-mars d’avoir une photographie plus précise du "sans-abrisme" à Paris et de mieux comprendre les besoins des personnes rencontrées", a souligné Dominique Versini, adjointe à la maire de Paris chargée de lutte contre l'exclusion.

Une analyse détaillée par l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur), intégrant les profils des personnes recensées, sera présentée par la Ville de Paris en mars prochain en présence de l’ensemble des parties prenantes de la Nuit de la solidarité 2019, notamment les Parisiennes et Parisiens volontaires.


Trois questions à Yvan Grimaldi, directeur du programme Inclusivité sociale de la Fondation de l’Armée du Salut

Yvan Grimaldi, directeur du programme inclusivité sociale de la Fondation de l’Armée du Salut


Que pensez-vous de cette seconde Nuit de la solidarité ?

Pendant cette nuit, on a montré collectivement notre mobilisation et un vrai savoir-faire sur cette question du dénombrement des personnes sans abri. L’an dernier, par exemple, cela avait permis d’identifier la question spécifique des femmes à la rue (NDLR : 12% du total en 2018).

Quelles sont les priorités désormais ?

Je m’inquiète du manque de fluidité dans les parcours de prise en charge des personnes sans domicile fixe. Ils sont orientés dans un dispositif, mais les parcours d’insertion sont difficiles à mettre en place ensuite.

Quel regard portez-vous sur l’action de Paris en faveur des plus démunis ?

Paris s’est investi de manière intelligente sur ces questions de solidarité. Il y a une véritable prise de conscience sur ces sujets. Il faudrait davantage de construction de logements pour les personnes à faible revenu.

Dernière mise à jour le jeudi 21 février 2019
Crédit photo : Mairie de Paris – Guillaume Bontemps

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