Les nouvelles serres contemporaines d’Auteuil sont sorties de terre 

Après plusieurs années d’incertitude sur leur éclosion, les serres contemporaines d’Auteuil ont été inaugurées jeudi 21 mars 2019. Installées sous une immense verrière de six mètres de hauteur et sur une surface de 1 368 m2, elles encerclent le tout nouveau court de tennis de Roland-Garros et abritent quelque 1 000 plantes tropicales en provenance de quatre continents.

Le Jardin des serres d’Auteuil (16e), l’une des quatre entités du Jardin botanique de Paris, a fêté l’arrivée du printemps en grande pompe ce jeudi 21 mars. Au menu des festivités, une double inauguration : celle des six nouvelles serres contemporaines, à l’architecture ultra-moderne, dont le parcours encercle – et cache – le tout nouveau court de tennis Simonne-Mathieu de Roland Garros et ses 5 000 places, également inaugurés en ce jour de printemps.

Pittoresque avec ces vastes parois vitrées, l’ensemble ne passe pas inaperçu au cœur de ce jardin de 6,5 hectares, qui abrite également 1 hectare de serres, dont les nouvelles, qui s’étendent sur 1 368 m2. Elles accueillent dans leur terreau plus de 1.000 plantes de quelque 500 espèces, en provenance de quatre continents disposés en fonction de leur orientation : l’Amérique du Sud à l’ouest, l’Australie au nord, l’Asie à l’est et l’Afrique au sud.

Protéger l’écosystème plutôt que la plante

Mais alors pourquoi six serres ? « Nous avons prévu une serre pour les plantes asiatiques menacées, et une autre pour les plantes américaines menacées », explique François Crueize, responsable du service d'exploitation des Jardins des serres d'Auteuil et chef d’une équipe de 25 jardiniers. « C’est le message que l’on veut faire passer : protéger une espèce n’a pas beaucoup de sens, c’est l’habitat qu’il faut préserver, car ce sont les écosystèmes qui sont avant tout en danger », argumente le jardinier. 

Sous six mètres de hauteur, dans une ambiance tropicale de circonstance (la température et l’hygrométrie sont contrôlées), le visiteur déambule en suivant un parcours dans le sens qui lui convient, en commençant par le continent de son choix : « On ne veut pas imposer un tour aux gens, on peut commencer la visite par n’importe laquelle des six entrées et dans n’importe quel sens », détaille Régis Crisnaire, conservateur des collections du Jardin botanique de Paris, particulièrement impliqué dans la scénographie du site.

Régis Crisnaire, conservateur du Jardin botanique de Paris

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Balade bucolique, didactique, ludique, les serres contemporaines ont ces trois vocations : « L’idée, c’est de dire aux visiteurs : regardez toutes ces plantes, admirez-les, mais reconnaissez également leurs usages, leurs vertus, leurs particularités ! », poursuit le botaniste. D’où plusieurs panneaux didactiques qui jalonnent le parcours. « On ne veut pas non plus noyer le visiteur de textes, rassure François Crueize. Le principe, c'est faire le tour du monde en 80 plantes qu’on aime bien, en évoquant une anecdote ou une particularité sur chacune d’entre elles. » Ce que Régis Crisnaire appelle « l’ethnobotanique, c’est-à-dire l’usage que font les populations de leurs plantes ». Dans l’autre sens du parcours, les panneaux fourniront des précisions géographiques sur les zones traversées au cours de la visite.

Des ateliers tout au long du parcours

Par ailleurs, « des aires d’activités humaines », des ateliers pour se familiariser avec les plantes, seront installées en permanence dans les serres. Enfin, une équipe de médiateurs – formée de jeunes en service civique – aura la charge d’informer les visiteurs qui en font la demande. Sous la serre africaine, un vaste tronc d’arbre aux innombrables stries offre l’occasion de se poser un moment : « Ce tronc a vocation à être un arbre à palabres [lieu traditionnel de rassemblement en Afrique, ndlr]. Ici, on a imaginé un atelier avec des contes africains, explique Régis Crisnaire. Là, nous avons une collection de caféiers, donc nous ferons sans doute une activité autour du café. On réfléchit aussi à travailler avec des associations pour animer ces ateliers. »

Sur le parcours asiatique, nous nous arrêtons sur une magnifique table en teck sur laquelle des activités autour des odeurs sont prévues : « Nous avons un partenariat avec une entreprise qui imagine des kits d’odeur : on va en faire un pour l’Asie du Sud-Est. » Un parcours pour tous les sens ? « Attention au toucher ! prévient François Crueize. Les curieux peuvent avoir des surprises car certaines plantes ne sont pas très rigolotes et peuvent être dangereuses. Mais pas d’inquiétude, elles seront signalées ! » L’odorat, la vue et l’ouïe seront quoi qu’il en soit suffisamment sollicités pour que votre curiosité soit piquée, plutôt que votre peau.

Infos pratiques

3 avenue de la Porte d'Auteuil (16e)

Ouverture au public dès le 21 juin 2019, mais ouverture exceptionnelle le vendredi 22 mars 2019. Visite gratuite de 8h à 16h en semaine et de 9h à 17h les week-ends et jours fériés.

Attention : les serres contemporaines ne sont pas accessibles pendant le tournoi de Roland-Garros.

Pour étoffer sa culture botanique

Le terreau et ses invités surprises

Anecdote amusante, des invités surprises ont fait leur apparition dans le terreau des serres contemporaines au bout de quelques semaines : de pittoresques champignons au chapeau jaune fluo, que l’on retrouve dans toutes les serres… sauf en Australie ! Et pour cause : si les serres africaines, américaines et asiatiques ont été dotées du même terreau, il n’en va pas de même pour l’australienne, qui n’a pas les mêmes besoins. Pas de panique : ce sont des champignons totalement inoffensifs.

Des orchidées franciliennes endémiques

Soyez attentifs, des orchidées se cachent dans tous les recoins des quatre serres ! Et pour cause : la famille des orchidées (Orchidaceae) est la plus diversifiée au monde, avec quelque 30 000 espèces (sans compter les espèces hybrides) que l’on retrouve sur tous les continents, Antarctique excepté. Dans les serres, vous verrez des orchidées épiphytes (qui n’ont pas besoin de terre et poussent sur des supports), et des orchidées terrestres qui peuvent être très discrètes ou … géantes ! Dans Paris, on trouve aussi de fragiles orchidées sauvages qui fleurissent au printemps. On peut en croiser quatre variétés dans les jardins de la porte de Saint-Cloud et trois dans les jardins des serres d'Auteuil !

Cactus ou euphorbes ?

Le saviez-vous ? Les cactus (Cactaceae) sont tous, sans exception, américains. Si vous en croisez en Afrique, il s’agit en fait d’euphorbes (Euphorbia), qui possèdent également des épines et peuvent être similaires d’aspect. À noter que les quelque 2 000 espèces d’euphorbes connues contiennent un latex blanc qui est toxique et parfois très irritant. On les regarde, mais on le les touche pas !

Tronc ou stipe ?

Lors de votre visite aux serres contemporaines, entre autres rencontres insolites, vous croiserez un palmier au tronc triangulaire, une vraie curiosité de la nature… Sauf que… il ne s’agit pas d’un tronc, mais d’un stipe ! C’est en effet le nom que l’on donne à la tige particulièrement robuste de plantes terrestres comme les palmiers, les yuccas ou encore les bananiers.

Vous avez dit pyrophyte ?

La serre australienne est sans aucun doute la plus mystérieuse, la plus atypique. Avec ces terres arides à l’ouest (50 % d’hygrométrie) et verdoyantes à l’est, elle offre une idée saisissante de ce à quoi ressemblent les paysages australiens. Et ne soyez pas surpris de trouver dans la reconstitution du Bush, la savane plus ou moins boisées, des traces calcinées chez certains végétaux. Pas de drame écologique ici, bien au contraire : ce sont des plantes pyrophytes, qui se « nourrissent » du feu de savane ou de brousse pour fleurir en abondance. Certaines graines ont en effet besoin d’une forte dose de chaleur pour germer, et les sols peuvent également se régénérer après le passage d’un feu. 

Dernière mise à jour le lundi 8 avril 2019
Crédit photo : Jean-Pierre Viguié / Ville de Paris

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