Budget participatif : "Il y a une véritable appropriation par les Parisiens"

Alors que débute le vote du budget participatif parisien, rencontre avec Cynthia Fleury, co-présidente du Conseil des générations futures.

C'est l'heure du vote pour le budget participatif : jusqu'au 23 septembre, les Parisiens peuvent désigner leurs projets préférés

Cinq ans après sa naissance, où en est cette expérience citoyenne ? "C'est un dispositif qui fonctionne", explique Cynthia Fleury, professeure au Conservatoire national des Arts et métiers de Paris et co-présidente du Conseil des générations futures. Entretien.


Paris a initié depuis 2014 un budget participatif, en y associant fortement les Parisiens. Quel regard portez-vous sur ce dispositif de participation citoyenne ?

C'est un dispositif qui marche bien, transparent et efficace. Il y a une véritable appropriation par les Parisiens. C'est une manière de faire vivre la citoyenneté. J'aimerais seulement que les budgets soient encore plus importants [Ndlr : Paris y consacre 5% du budget d'investissement entre 2014 et 2020, soit un demi-milliard d'euros]. L'argent permet de faire une ville plus inclusive, notamment pour les quartiers. 

En quoi les innovations parisiennes s’inscrivent-elles dans un processus démocratique historique plus long ?

La démarche de la démocratie participative existe depuis plusieurs décennies : on a 30 ans d'expérience derrière nous. Elle devient de plus en plus banale, au sens où elle est quotidienne et que l'on se l'approprie facilement. Mais elle manque parfois de moyens, d'aides à la formation. On pourrait avoir le soutien de bureaux d'études pour aider les citoyens à monter les devis de leurs projets, par exemple. L'enjeu de cette démocratie participative est de suivre les transitions écologiques et numériques, les questions d'économie circulaire...

Paris pourrait-elle encore innover pour renforcer la participation citoyenne à la vie de la cité ? Et sous quelles formes ?  

Il faut ouvrir un nouvel âge pour la démocratie participative. Il faut la faire sortir de la seule consultation, de la seule audition. Il faut la faire rentrer dans l'évaluation, pour protéger sa durabilité. Tout ceci est inséparable d'une citoyenneté active et concrète.

J'aimerais, par exemple, que les Parisiens s'approprient le Conseil des générations futures. Il est susceptible de faire des propositions auprès du Conseil de Paris : ce n'est pas qu'une instance consultative.

Beaucoup de chemin a été parcouru depuis Porto-Alegre [Ndlr : une ville brésilienne où est né le premier budget participatif en 1989]...

Le budget participatif est devenu irréductible. C'est une manière d'entrer en citoyenneté. On quitté la question de la résistance et de la désobéissance civile de Porto Alegre, qui était déjà démocratique, pour aller vers un geste de régulation, en accompagnement des politiques publiques.

Dernière mise à jour le lundi 17 septembre 2018
Crédit photo : Guillaume Bontemps / Mairie de Paris

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