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Solitude, une statue emblématique de la lutte contre l'esclavage

Mise à jour le 16/05/2022
Solitude, héroïne emblématique de la lutte contre l’esclavagisme en Guadeloupe, a désormais une sculpture à son effigie dans le jardin du 17e qui porte déjà son nom. C’est la première statue d’une femme noire à Paris.
Les cheveux naturels et le ventre arrondi par la maternité, la représentation en bronze de Solitude brandit la proclamation de Louis Delgrès du 10 mai 1802, qui appelle à la lutte contre le rétablissement de l'esclavage en Guadeloupe.
Avec cette statue, Paris rend un hommage public à cette héroïne de l’histoire qui s'est battue, avec ses compagnons d'armes, pour la défense des valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité. C’est aussi la première statue d'une femme noire dans Paris.
Elle est située dans le jardin du 17e qui porte déjà son nom, les pelouses de la place du Général-Catroux, renommées et inaugurées en septembre 2020. C’est l’artiste Didier Audrat qui a conçu l’œuvre, après avoir remporté l’appel à projets lancé par la Ville de Paris en septembre 2020.
Statue Solitude jardin 17
Solitude brandit la proclamatoin de Louis Delgrès qui appelle à la résistance et au combat.
Joséphine Brueder / Ville de Paris

Le destin brisé d'une « mulâtresse »

Née en 1772, Solitude est la fille d’une esclave africaine, violée par un marin sur le bateau qui la déportait aux Antilles. Elle est pour cette raison appelée « mulâtresse », selon le vocabulaire utilisé alors par les colons pour désigner les degrés de « sang blanc » chez les Noirs. Solitude est séparée de sa mère et devient esclave de maison. À la première abolition de l'esclavagisme, annoncée sur place en juin 1794, elle rejoint une communauté d'esclaves et y trouve une famille.
En mai 1802, les troupes françaises débarquent en Guadeloupe sur ordre de Bonaparte pour rétablir l’esclavagisme. Les officiers Louis Delgrès et Joseph Ignace appellent à la résistance et au combat, soutenus par les anciens esclaves. Parmi eux, de nombreuses femmes, dont Solitude, enceinte de quelques mois. Après 18 jours d'un combat inégal, c’est la défaite. Solitude est faite prisonnière vers le 23 mai 1802. Elle est condamnée à mort et suppliciée le 29 novembre de la même année, le lendemain de son accouchement.
Statue Solitude jardin 17
Enceinte de plusieurs mois, Solitude s'est joint à la résistance et au combat contre le rétablissement de l'esclavage.
Joséphine Brueder / Ville de Paris
Au XIXe siècle, le seul ouvrage ancien faisant référence à Solitude est intitulé Histoire de la Guadeloupe, d’Auguste Lacour (1805-1869), paru en 1855. Il faudra attendre 1972 et un roman d’André Schwarz-Bart, La Mulâtresse Solitude, pour que la résistante guadeloupéenne sorte de l'oubli. En 1999, avec le 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavagisme (1848), l’histoire de Joseph Ignace, de Louis Delgrès et de Solitude est mieux connue. Une statue de cette dernière est d'ailleurs inaugurée par la commune des Abymes en Guadeloupe.

« Fers », la sculpture qui honore la mémoire des esclaves

La sculpture « Fers hommage au Général Dumas »
La sculpture « Fers », hommage au général Thomas-Alexandre Dumas (1762-1806), esclave affranchi, premier général d’origine afro-antillaise de l’armée française.
Jean-Baptiste Gurliat / Ville de Paris
Une des pelouses de la place du Général-Catroux (17e) abrite la sculpture « Fers », un hommage au général Dumas, œuvre commandée en 2009 par la Ville de Paris et destinée à rendre hommage à Thomas Alexandre Dumas, mulâtre lui aussi et père de l’écrivain Alexandre Dumas. Réalisée par le sculpteur Driss Sans-Arcidet, l'œuvre est une sculpture monumentale en fer rouillé.
Chacun des éléments représente un fer d'esclave circulaire. L'un des fers est ouvert et possède quelques maillons de chaîne attachés à la terre ; le deuxième est fermé, sa chaîne s'élevant vers le ciel. Ils symbolisent la vie du général Dumas : né fils d'esclave, devenu général de Napoléon Ier.
En savoir plus sur Solitude
Le Comité d'histoire de la Ville de Paris a mis en ligne une page sur l'histoire de Solitude. On peut la retrouver aussi, côtoyant d'autres femmes d'exception dans le blog « Les Monumentales ». Initié par le collectif du même nom et la Ville de Paris, ce projet démarré en 2018 a pour objectif de rendre visibles les femmes dans l'espace public.

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