Tout savoir sur le réemploi, le tri et la valorisation des déchets de bâtiments

Focus

Mise à jour le 25/08/2026

Gravats, déchets de démolition

Issus des matériaux, équipements et produits utilisés dans les ouvrages de construction et dans l’aménagement des parcelles, ces déchets ont des modes de valorisation très différents selon leur catégorie.

Où trier mes déchets du bâtiment ?

Il est possible de déposer les déchets du bâtiment gratuitement, sous réserve qu’ils soient triés, dans des magasins de bricolage, des déchèteries professionnelles ou les déchèteries intercommunales du Syctom. 7 flux sont concernés : déchets inertes, plastiques, métaux, menuiseries vitrées, plâtre, laines minérales et bois.

Quels déchets sont concernés ?

Les déchets de bâtiment sont issus des matériaux, équipements et produits utilisés dans les ouvrages de construction, ainsi que l’aménagement des parcelles sur lesquels ils sont construits. Cette famille des produits et matériaux de construction du bâtiment dits PMCB fait partie des filières soumises à responsabilité élargie du producteur (REP) depuis le 1er janvier 2023 et impose donc aux producteurs et importateurs de participer à leur recyclage. En Ile-de-France, le gisement de déchets de bâtiment est estimé à environ 21 millions de tonnes.

On les décompose en 3 catégories :

  • les déchets inertes (pierres, béton, ciment, tuiles, verre, céramique…), qui ne se décomposent pas et ne brûlent pas : 76 %
  • les déchets non-inertes, non-dangereux (métaux, bois, plâtre, plastiques, laines minérales…) : 21 %
  • les déchets dangereux, nocifs pour la santé ou l’environnement (amiante, solvants, piles, huiles minérales, aérosols, déchets électriques…) : 3 %
  • les déchets de chantier sont souvent appelés « gravats » qui sont un mélange de ces 3 catégories.

Que deviennent ces déchets ?

En fonction des catégories de déchets, les modes de valorisation sont très différents. La réglementation hiérarchise les modes de traitement des déchets du plus au moins vertueux : la prévention des déchets (réemploi, réutilisation, éco-conception…), le recyclage matière, puis la valorisation énergétique et enfin le recours à l’enfouissement, uniquement pour les déchets dits « ultimes » c’est-à-dire qui n’ont pas encore de solution de valorisation.

Le réemploi et la réutilisation des déchets de chantiers

Le réemploi et la réutilisation dans le domaine du bâtiment représentent actuellement moins de 1 % des modes de traitement. Le réemploi sur site ou sur un chantier à proximité est le plus souvent pratiqué, mais il y a plusieurs conditions à son développement : mettre sur le marché des matériaux réemployables, disposer de plateformes de stockage des produits récupérés et former l’ensemble des acteurs de terrain à la réutilisation de ces matériaux.

La Ville de Paris mène des opérations pilotes pour favoriser la réduction de la production de déchets sur ses chantiers. En premier lieu, elle favorise la réhabilitation des bâtiments plutôt que leur démolition. Ensuite, elle réalise des diagnostics préalables aux chantiers afin d’identifier et de quantifier les produits qui pourraient faire l’objet de réemploi.

La valorisation des déchets de chantier

Pour valoriser un déchet, il doit être trié. Le tri est effectué soit sur le chantier, s’il ya assez de place pour installer des bennes de tri, soit dans un centre de tri industriel si les déchets sont envoyés en mélange. Les déchets sont souvent regroupés préalablement dans une plateforme de massification avant d’atteindre un centre de tri. La matière est ensuite triée, manuellement ou mécaniquement selon les flux, et subit une préparation avant d’être envoyée dans une usine de fabrication de produits. On parle de recyclage en « boucle fermée » lorsque le produit trié rejoint le processus de fabrication du même produit. En revanche, on parle de « boucle ouverte » lorsque le produit est utilisé pour une chaine de production différente.

1- Les déchets inertes

Environ 1/3 des déchets inertes, issus de gravats triés déposés dans des points de collecte, sont recyclés sous forme de granulats en travaux publics (couches de remblais, routes…), ou valorisés dans le cadre de réaménagement de carrière. Le béton recyclé se développe pour faire face à la demande croissante en granulats. Environ 7 % des déchets inertes ne sont pas valorisés et sont envoyés en installation de stockage de déchets inertes (ISDI).

2- Les déchets non inertes et non dangereux

Bois

Le bois (bois massifs, panneaux de particules, contreplaqué, parquets, coffrages, plinthes) qui contient des produits chimiques de traitement doit être incinéré dans des installations spécifiques en raison des risques d’émissions polluantes.

Les autres sont triés puis broyés suivant différents calibres. Les impuretés (métaux, pierres, plastiques…) sont ensuite éliminées et les granulats de bois passent au criblage, puis au contrôle qualité et sont orientés soit vers de la valorisation matière (87 %), soit en valorisation énergétique (13 %).

La valorisation matière : le bois est recyclé en panneaux de particules, produit de paillage, litière animale ou encore pour la fabrication de pâte à papier ou de charbon.

La valorisation énergétique : les déchets de bois peuvent alimenter un site industriel (chaufferie, serre), une chaufferie collective ou un incinérateur avec récupération d’énergie.

Métal

Les métaux (tuyaux en cuivre, zinc de couverture, aluminium, câbles, acier…) sont répartis en deux grandes familles de métaux : les métaux ferreux (acier, fer..) et les métaux non ferreux (cuivre, aluminium, zinc, plomb…). Les métaux triés sur chantier sont orientés vers des réseaux de récupérateurs. La préparation des métaux est réalisée sur des sites de cisaillage et ou de broyage où ils seront retriés par familles et conditionnés en « balles » pour faciliter leur transport.

Les métaux ferreux sont recyclés en fonderie ou en aciérie pour fabriquer de nouveaux produits (automobile, construction, électroménager…). Les métaux non ferreux sont valorisés de différentes manières : canettes aluminium, feuilles d’emballages, pièces automobiles, câblage en cuivre, tuyaux, équipements électroniques…Le taux de recyclage des métaux est de 100 %.

Plastique

Pour les plastiques, on distingue les rigides (gouttières, gaines, profilés, huisseries, tuyaux de canalisations…) et les souples (sols et dalles PVC, membranes d’étanchéité, liner de piscine…)

Pour les sols souples, les déchets repris et recyclés sont des chutes de pose propres. Elles sont recyclées en boucle fermée dans la production de nouveaux revêtements de sols.

Pour les plastiques rigides, ils sont triés puis broyés pour être transformés en paillettes, granulés ou poudre, puis intégrées en boucle ouverte dans la fabrication de nouveaux produits et matériaux en plastique. Le plastique est également valorisé en combustible.

Sur l’ensemble des plastiques collectés, 66 % sont recyclés, 13 % valorisés en énergie et 21 % enfouis.

Plus d’informations sur les techniques de recyclage : https://reviplast.fr/ et PAPREC.

Les menuiseries vitrées

Les menuiseries vitrées, avec encadrement en bois, PVC, aluminium ou acier peuvent être valorisées à condition que le verre ne soit pas cassé et qu’elles ne contiennent pas d’amiante ou de plomb.

Sur le chantier, elles sont entreposées dans des contenants permettant de préserver leur intégralité. Elles sont ensuite démantelées afin de séparer les différents constituants. Le verre « plat » est ensuite recyclé en boucle fermée dans un four spécifique afin de produire du nouveau verre plat.

Les autres matériaux (bois, PVC, métaux) suivent quant à eux des filières dédiées. Ainsi, 80 % des menuiseries vitrées sont recyclées, 16 % sont valorisées sous forme d’énergie 4 % sont enfouies.

Les laines minérales

Les laines de roches et de verre doivent être séparées car elles ne suivent pas le même procédé de recyclage. Seules les laines propres, provenant de chutes de pose, sont collectées et recyclées. La laine minérale est compressée en « balle », puis envoyée vers l’unité de recyclage. La laine de roche est quant à elle compactée en « briquettes » et est orientée vers l’usine de production. Les laines minérales sont recyclables à l’infini. Leur taux de recyclage est de 100 %.

Le plâtre (plaques et carreaux de plâtre, dalles de plafond, cloisons, enduit…)

Le plâtre est constitué de gypse naturel qui, transformé en poudre, sert de matière première pour fabriquer les différents produits destinés à la construction. Les déchets de plâtre collectés sont dirigés vers un atelier de préparation qui va conduire différentes opérations : broyage des plaques de plâtre, déferraillage, criblage afin de séparer les résidus de carton et autres matières indésirables. La poudre de gypse obtenue est vendue aux industries pour servir de matière première. Elle est mélangée avec du gypse « neuf » avant d’intégrer les chaines de production. 92 % du plâtre est recyclé de cette manière, 2 % est valorisé autrement et le reste est enfoui.

Pour l’ensemble des flux non inertes et non dangereux, lorsque le tri n’est pas possible sur le chantier ou dans le centre de tri, ces déchets sont incinérés ou enfouis en installation de stockage de déchets non dangereux (ISDND).

3- Les déchets dangereux

Les déchets dangereux représentent un faible tonnage dans le secteur du bâtiment mais leur diversité et leur impact environnemental sont élevés. C’est pourquoi ils doivent être triés, collectés et traités dans des filières spécialisées. Seuls quelques flux sont présentés ci-dessous car leurs modes de traitement sont très techniques (pyrolyse, régénération des solvants et des huiles…)

Sans solution de traitement spécifique, ces déchets sont enfouis en installation de stockage de déchets dangereux (ISDD).

Les produits chimiques dangereux (peintures - glycéro -, colles, vernis…)

Ces déchets dangereux de chantiers font partie des déchets diffus spécifiques (DDS) et sont pris en charge par l’éco-organisme Eco DDS. En fonction de leur nature, ils sont traités par des procédés physico-chimiques, afin de les neutraliser, par incinération, en tant que combustible de substitution (par exemple : en cimenterie), ou encore en recyclage pour ce qui concerne les métaux (pots de peintures) et les plastiques d’emballage.

L’amiante (faux plafonds, canalisation, flocage, revêtement de sols, toiture de garages…)

Il n’existe pas de procédé de recyclage de l’amiante dans la mesure où cette dernière est interdite depuis 1996. L’amiante a été couramment utilisée notamment pour ses qualités de résistance au feu mais elle s’est avérée dangereuse pour la santé. Dans les chantiers de travaux (démolition ou réhabilitation), une procédure spécifique à l’amiante est appliquée afin de l’extraire et la transporter dans un centre de stockage de déchets dangereux ou dans un centre dédié à l’amiante.

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