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Focus

Sur les traces de la sainte patronne de Paris

Mise à jour le 30/01/2020
Depuis 1 600 ans, Paris est sous la protection de sainte Geneviève qui sauva la ville de l'invasion puis de la famine. Croyants ou non croyants, les Parisiens en ont fait une figure familière, héroïque et sainte, et l'ont souvent représentée. Petite sélection de lieux où croiser ces représentations.
Croyants ou non-croyants, les Parisiens connaissent tous la bibliothèque ou la montagne Sainte-Geneviève, ainsi que la rue du même nom. Mais savez-vous où sont conservées les reliques de la sainte patronne de Paris, pourquoi le Panthéon est décoré de fresques célèbres qui illustrent sa vie et où elle est représentée dans Paris ? Tour d'horizon non exhaustif.

Bref portrait de sainte Geneviève

Sainte Geneviève, patronne de Paris, devant l'Hôtel de Ville; à droite, les Huns repoussés, vers 1620. Actuel 4ème arrondissement.  Anonyme , Peintre  Entre 1615 et 1625
Sainte Geneviève, patronne de Paris, devant l'Hôtel de Ville; à droite, les Huns repoussés. Actuel 4ème arrondissement. Entre 1615 et 1625
Anonyme , Peintre CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet
Geneviève, patronne des Parisiens, est née à Nanterre vers 420. Elle est réputée pour avoir détourné de Paris les Huns, conduits par le terrible Attila, qui menaçaient la ville en 451. Geneviève convainc les habitants de Paris de ne pas abandonner leur cité. Un document exceptionnel, écrit par un contemporain en 520, La vie de Sainte Geneviève, relate ses dires : « Que les hommes fuient, s’ils veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’Il entendra nos supplications. » De fait, Attila évita Lutèce (Paris).
Dans les années 470, la ville de Paris est assiégée par les Francs et la population affamée. Geneviève organise un convoi de bateaux et apporte du blé à Paris. Son rôle protecteur des Parisiens est aussi illustré vers 480 : elle obtient du chef franc Childéric, père du futur roi Clovis, la grâce de prisonniers qui allaient être exécutés à l’extérieur des murs de Paris. Dévouée à Dieu très jeune, elle a été déclarée Sainte Patronne de la ville de Paris par l'église. Le pape Jean XXIII l’a proclamé Sainte Patronne de la gendarmerie nationale : service et protection.

Une exposition rue Lobau

Estampe de Sainte Geneviève priant pour la ville de Paris
Estampe de Sainte Geneviève priant pour la ville de Paris
Brebiette, Pierre , Dessinateur Brebiette, Pierre , Graveur CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris
On pourra commencer la balade par les façades du 4, rue de Lobau. Du 29 janvier au 30 mars 2020, la Ville de Paris et son Comité d’histoire ont souhaité contribuer à la célébration des 1 600 ans par une exposition sur son histoire et sur la manière dont elle a été invoquée et célébrée depuis le Moyen Âge. Un cycle de conférences est aussi programmé à l’auditorium du Petit Palais. musée des Beaux-Arts de la ville de Paris (8e).

Dans l'Hôtel de Ville (4e)

Si certains pensent spontanément à la statue de pierre représentant sainte Geneviève sur le pont de la Tournelle (voir plus bas), peu de personnes savent que l'Hôtel de Ville de Paris conserve une miniature de cette statue dans ses locaux. Elle est située aujourd'hui au deuxième étage du bâtiment, dans la galerie entre le bureau de la maire de Paris et le bureau de son premier adjoint. Elle est visible lors des Journées du Patrimoine. Sa plaque stipule qu'elle fut donnée à la ville par l'Institut des dames de Sainte Geneviève, association établie à Saint-Etienne-du-Mont depuis 1853 qui assure la prière de Paris à sa sainte patronne.

Sur le pont de la Tournelle (4e)

Commandé en 1924, la statue de sainte Geneviève fut érigée en pierre en 1928, sur le pont de la Tournelle (4e). La sainte pose ses mains maternelles sur un enfant symbolisant la jeune ville de Paris. Celui-ci porte une nef, emblème historique de la capitale. Construit en 1928 sur les vestiges d'un pont en pierres rendu vulnérable à la suite de la grande crue de 1910, le projet du pont de la Tournelle prévoyait de surmonter la pile sud du pont, d’un socle agrémentée d’une statue de sainte Geneviève. Selon la commande, celle-ci regarde vers l’est, en direction des troupes d’Attila qui ont contourné Paris.
Sauf que son sculpteur aurait préféré la voir se tourner vers la cathédrale Notre-Dame, mais n'obtint pas gain de cause. Il bouda son inauguration et la considéra comme ratée. Ce sculpteur n'est autre que Paul Landowski (1875-1961) sculpteur français qui s'était beaucoup illustré avec la réalisation de nombreux monuments aux morts de la Grande Guerre et qui deviendra autrement célèbre avec sa statue du Christ Rédempteur sur le mont Corcovado à Rio de Janeiro (Brésil)

A l'église Saint-Etienne-du-Mont (5e)

Située sur la montagne Sainte-Geneviève (5e) à proximité du lycée Henri-IV et du Panthéon, l'église Saint-Étienne-du-Mont a remplacé l’église Saints-Pierre-et-Paul, construite sous le règne de Clovis (466-511). Selon la tradition, sainte Geneviève avait l'habitude d'y venir prier et empruntait pour cela un chemin devenu la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Elle y fut enterrée. Cette église devint, au Moyen Age, l’importante abbaye royale Sainte-Geneviève. Au cours du XIIIe siècle, l’église de l’abbaye qui servait aux habitants du quartier devint trop petite et un second édifice fut bâti. L’actuelle église Saint-Étienne était accolée à l’abbatiale Sainte-Geneviève.
L’abbatiale Sainte-Geneviève fut totalement dévastée durant la Révolution. Ce qu'il en resta fut transformé en lycée Henri-IV et l’abbatiale fut abattue en 1804 pour faire place à la rue Clovis. Il n’en reste que le clocher inclus dans l’enceinte du lycée.
Saint-Étienne-du-Mont hérita alors des reliques et du culte de sainte Geneviève.

Au Panthéon (5e)

Etude d'enfant pour "L'Enfance de sainte Geneviève"
Etude d'enfant pour "L'Enfance de sainte Geneviève"
Puvis de Chavannes, Pierre-Cécile , Dessinateur, 19e siècle CC0 Paris Musées / Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Petit Palais
En 1744, Louis XV décida de remplacer l’abbatiale Sainte-Geneviève, en mauvais état, par un édifice grandiose qui deviendra l’actuel Panthéon. Ce dernier était en effet prévu pour être une église qui abriterait la châsse de sainte Geneviève. Mais la Révolution française (1789) changea la donne et le lieu prit pour vocation d'honorer de grands personnages ayant marqué l'Histoire de France. En 1870 avec la chute du Second Empire et l'avènement de la République, Puvis de Chavannes (1824-1898) peintre français, précurseur du symbolisme, reçoit la mission de décorer les murs du Panthéon. Pour ce bâtiment situé sur la montagne Sainte-Geneviève, l’artiste décide d'y décliner la légende de la sainte locale. Il réalise d’abord une fresque sur son enfance puis une autre intitulée sainte Geneviève ravitaillant Paris. L’épisode renvoie au siège de 465 contre les Francs de Childéric 1er plutôt qu’à celui plus connu de 451 contre les Huns d’Attila. Sainte Geneviève veillant sur Paris endormi (1898) complète sa série.

Dans les musées de la Ville de Paris

Tête de Sainte Geneviève  Fusain Craie blanche Papier vergé
Tête de Sainte Geneviève Fusain Craie blanche Papier vergé
Puvis de Chavannes, Pierre-Cécile , Dessinateur 19e siècle CC0 Paris Musées / Musée de la Vie Romantique
Le musée Carnavalet - Histoire de Paris (4e), le Petit Palais - Musée des beaux arts de la ville de Paris (8e), le Musée de la vie romantique (9e) conservent dans leurs collections une riche iconographie représentant sainte Genevière (estampes, peintures, croquis ou esquisses pour des tableaux dans des églises) avec notamment ce superbe fusain de Puvis de Chavanne ( voir ci-dessus).

Dans les églises parisiennes

Le Jardin Nelson Mandela devant l'église Saint Eustache
Eglise Saint-Eustache
© Sophie Robichon / Mairie de Paris
Des représentations de sainte Geneviève ornent de nombreuses églises et chapelles de la capitale. on peut en trouver toute la liste sur le site de l'église catholique à Paris .

Au jardin du Luxembourg (6e)

Bien qu'elle ne fût jamais reine, une statue de Geneviève fait partie des statues des Reines de France implantées autour du bassin du jardin du Luxembourg. Elle est l’œuvre de Michel Louis Victor Mercier (1810-1894).

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