Paris et l’État renforcent leur mobilisation dans la lutte contre le crack

Focus

Mise à jour le 13/05/2026

La préfecture de la région d'Île-de-France, préfecture de Paris, la préfecture de Police, le parquet de Paris, l'agence régionale de santé Île-de-France (ARS) et la Ville de Paris se sont réunis mercredi 6 mai pour un point d'étape. On fait le point sur les actions menées dans la lutte contre la consommation de crack.
Le Plan crack permet, depuis 2019, aux acteurs de l'État, de la Ville de Paris et des associations de terrain une mobilisation coordonnée. Objectif : apaiser l'espace public et renforcer l'accompagnement des usagers.
L'engagement des associations et leur travail quotidien auprès des publics les plus vulnérables sont indispensables à l'accompagnement vers le soin, l'hébergement et la réinsertion.

Une meilleure prise en charge des usagers de crack

Plusieurs mesures ont été prises par les partenaires dans le cadre du Plan crack pour renforcer la prise en charge des usagers :
  • Renforcement des maraudes auprès des usagers de drogues (10 équipes de maraudes quotidiennes) par la préfecture de la région d'Île-de-France, préfecture de Paris, l'ARS et la Ville de Paris ;
  • Extension des horaires d'ouverture des centres d'accueil par la Ville de Paris et l'ARS pour un meilleur accompagnement des publics consommateurs en situation de rue et souhaitant être accompagnés ;
  • Ouverture par l'État de 3 nouvelles structures d'accueil en 2024, dont une dédiée aux femmes ;
  • Renforcement par l'ARS des dispositifs médico-sociaux et hospitaliers, notamment à travers les dispositifs ASSORE (Accompagnement social et aux soins pour une orientation ensemble), qui visent à accompagner les personnes en cours de sevrage (environ 700 places d'hébergement déployées chaque nuit) ;
  • Mise en place d'une prise en charge en aval des personnes hébergées au sein du dispositif ASSORE à travers des projets de réinsertion sociale et économique développés par la préfecture de la région d'Île-de-France, préfecture de Paris et la Ville de Paris ;
  • Ouverture par l'ARS d'un deuxième dispositif d'observation et d'orientation (D2O) au sein du service d'addictologie de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à partir du 1er juin 2026, afin de renforcer la prise en charge et le suivi en addictologie des usagers de crack souffrant de comorbidités ;
  • Permanences d'une équipe dédiée de psychologues du Groupement Hospitalier universitaire Paris Psychiatrie et Neurosciences (GHU-PPN) au Tribunal de Paris dans le cadre de l'injonction aux soins (226 usagers de crack concernés en 2025).

Des actions pour protéger les riverains et apaiser l'espace public

Pour protéger les riverains des nuisances, l'action de la préfecture de Police se déploie sur la voie publique, sur le plan judiciaire et sur le plan administratif. Sa mission consiste à assécher les points de deal et les lieux de consommation sur la voie publique. 89 « cuisines » de transformation du crack ont été démantelées en 4 ans, dont 26 en 2025.
Le Parquet de Paris s'implique aussi dans la lutte contre le trafic et l'usage de crack. Il préside notamment le Groupe local de traitement de la délinquance crack depuis 2018.
La procureure de Paris a instauré une Cellule opérationnelle de coordination judiciaire (COCJ) dans un premier temps, consacrée au secteur des Halles, puis depuis mars 2026 au secteur de Rosa Parks. Cette cellule a pour objectif de partager les informations, de privilégier et structurer les opérations, et de favoriser l'efficacité de leur traitement judiciaire.
Le niveau de réponse pénale a été rehaussé de manière localisée, en privilégiant les défèrements (Ndlr : présentation d'une personne arrêtée devant un juge) des trafiquants afin de les présenter rapidement à une juridiction de jugement.

1000 procédures judiciaires liées au crack en 2025

Pour les usagers, le défèrement est également privilégié, dans le cadre d'injonctions thérapeutiques mises en œuvre directement au sein du tribunal. En 2025, plus de 1000 procédures concernant le crack ont été traitées par le parquet de Paris : 420 ont donné lieu à des injonctions thérapeutiques, et 420 à des défèrements pour poursuites pénales.
Lors de la réunion du 6 mai, la préfecture de la région d'Île-de-France, préfecture de Paris, la préfecture de Police, le parquet de Paris, l'ARS et la Ville de Paris ont souligné la nécessité d'aller plus loin et de renforcer le travail commun. Ils ont réaffirmé leur engagement collectif à amplifier les actions engagées pour protéger la tranquillité des riverains, améliorer la prise en charge des personnes concernées et apaiser l'espace public.
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