On a cuisiné un poulet aux aubergines sauce pimentée avec Komi Ali, de l’asso Refugee Food
Série
Mise à jour le 15/06/2026
Au cœur de Ground Control, il est chef de partie à la Résidence du Refugee Food, l’association qui accueille et forme des réfugiés aux métiers de la restauration. Komi Ali, lui-même réfugié politique, est arrivé en France en 2017. Entre deux services, le cuisinier soudanais nous a reçus derrière ses fourneaux.
Un festival gourmand et engagé
Depuis plus de dix ans, le
Refugee Food Festival – organisé cette année du 6 au 28 juin à Paris et dans
onze autres villes françaises – convie des chefs reconnus à cuisiner avec des chefs réfugiés formés par l’association éponyme. Le principe ? Mélanger les
recettes et les savoir-faire pour créer des rencontres inédites autour du plus
partagé des plaisirs : la gastronomie.
Le 22 juin, Komi Ali sera aux fourneaux du Laïa Monceau (8e), au côté de la cheffe Fanny Herpin.
Le 22 juin, Komi Ali sera aux fourneaux du Laïa Monceau (8e), au côté de la cheffe Fanny Herpin.
En cuisine !
C’est parti pour la préparation d’un poulet aux aubergines, choisi par Komi.
Crédit photo :
Guillaume Bontemps / Ville de Paris
Tout commence par la bonne cuisson du blanc de poulet : Komi le dore à la poêle dans du beurre (qu’il adore !) avant de le mettre dans un four pas trop chaud pour préserver sa tendreté.
Crédit photo :
Guillaume Bontemps / Ville de Paris
Tandis que le poulet cuit, Komi prépare la sauce au fromage blanc, aubergines et herbes de Provence qui accompagne son plat. Il la saupoudre d’agashé, un mélange de neuf épices qu’il affectionne particulièrement.
Crédit photo :
Guillaume Bontemps / Ville de Paris
Il ajoute une mousseline de beurre de cacahuètes, un indispensable de la cuisine soudanaise.
Crédit photo :
Guillaume Bontemps / Ville de Paris
Komi a aussi préparé une sauce shatta, un mélange de vinaigre blanc, de concentré de tomates, d’échalotes, d’un bouillon de légumes et d’un peu de piment fort.
Crédit photo :
Guillaume Bontemps / Ville de Paris
Le poulet est cuit ! Komi commence son dressage dans l’assiette.
Crédit photo :
Guillaume Bontemps / Ville de Paris
Il le sert avec de délicieuses aubergines cuites et dorées à la poêle.
Crédit photo :
Guillaume Bontemps / Ville de Paris
Très délicatement, le chef compose l’assiette avec les éléments cuisinés. Une tagliatelle de courgette décore l’ensemble.
Crédit photo :
Guillaume Bontemps / Ville de Paris
Et voilà ! Komi est heureux d’avoir pu cuisiner ce plat typique soudanais, recette que lui faisait sa maman. On l’a goûté, on a adoré !
Crédit photo :
Guillaume Bontemps / Ville de Paris
Son ingrédient coup de cœur
« L’agashé, que j’utilise justement
pour mon poulet aux aubergines. C’est un mélange d’épices très répandu dans la
cuisine de rue soudanaise. Là-bas, on s’en sert plutôt pour la viande rouge,
plus consommée que la viande blanche. On y trouve du cumin, du paprika, de
l’ail confit, du sel, du gingembre, etc. Il y a environ neuf épices différentes
dedans ! »
Ses sources d’inspiration
« Je peux rester en cuisine
toute la journée, sans jamais m’ennuyer. Tout m’inspire : j’aime travailler les
ingrédients que j’ai à portée de main. J’imagine et teste des associations. Je me
souviens aussi des recettes que préparait ma mère au Soudan. Elle avait déjà ce
principe de faire avec les aliments présents dans sa cuisine. »
Son plat signature
« Au Soudan, on a un plat qui
s’appelle l’assida. Il est fait à base de pâte de farine de blé cuite, d’œuf
et de sel. On l’utilise plutôt en version salée, avec une sauce ou de la viande
hachée à la tomate, par exemple. C’est une recette typique, avec laquelle j’ai grandi.
Chez moi, j’en fais tous les deux ou trois jours. »
Son ustensile indispensable
« Un mixeur ! Franchement, tu ne
peux pas vivre sans. Une sauce ou une mousseline, sans mixeur, ce n’est pas
possible ! »
Si Paris était un plat ?
« Je dirais un pot-au-feu, ce
mélange de viande et d’une multitude de légumes. Cela me fait penser à Paris, une
ville qui concentre quasiment toutes les nationalités et où l’on peut goûter
toutes les cuisines du monde. »
Son parcours en 3 moments clés
Paris m’ouvre les bras, le 18 août 2017 > Au Soudan, j’étais traducteur. Je voulais être journaliste, mais le régime au pouvoir n’acceptait pas ce métier. Je suis alors parti et j’ai été reconnu réfugié politique en France, en 2017. À partir de là, une nouvelle vie commençait pour moi !
Je passe des diplômes en 2019 > J’ai suivi des cours de français avec la mairie de Paris, puis j’ai été admis à la Sorbonne. J’allais entrer dans un mastère du CELSA, mais il y a eu le Covid et ma maman était malade. Pour gagner des sous, j’ai fait des stages dans des restaurants gastronomiques, avant de tomber sur le site d’emploi du Refugee Food.
Je rejoins la Résidence du Refugee Food, le 25 juillet 2024 > J’ai réalisé que c’est là que je devais être ! J’encadre des personnes en insertion dont je connais le parcours, pour avoir moi-même vécu cette situation. Aujourd’hui, je suis très content d’être ici, et je ne regrette pas de m’être orienté vers la cuisine.
Je passe des diplômes en 2019 > J’ai suivi des cours de français avec la mairie de Paris, puis j’ai été admis à la Sorbonne. J’allais entrer dans un mastère du CELSA, mais il y a eu le Covid et ma maman était malade. Pour gagner des sous, j’ai fait des stages dans des restaurants gastronomiques, avant de tomber sur le site d’emploi du Refugee Food.
Je rejoins la Résidence du Refugee Food, le 25 juillet 2024 > J’ai réalisé que c’est là que je devais être ! J’encadre des personnes en insertion dont je connais le parcours, pour avoir moi-même vécu cette situation. Aujourd’hui, je suis très content d’être ici, et je ne regrette pas de m’être orienté vers la cuisine.
Où se faire plaisir ?
- Résidence du Refugee Food, à Ground Control, 81, rue du Charolais (12e)
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