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Nouveaux quartiers: du côté de la place de Rungis

Mise à jour le 11/01/2017
Niché au sud-ouest du 13e arrondissement et de son fameux quartier chinois, le quartier de la place de Rungis est délimité au sud par les voies ferrées végétalisées de la petite ceinture, et à l’ouest par les abords du parc Montsouris. Outre la place, située en son cœur, et qui pourrait presque être celle d’une petite ville, le quartier comprend notamment un tout nouvel écoquartier, la ZAC de Rungis, ainsi que la «Cité florale», un petit coin de calme à l’abri des grandes artères et du périphérique.
Si la place de Rungis date du XIXe siècle, le visage du quartier a ces dernières années subi de grandes transformations. L’éco-ZAC de la gare de Rungis, dont l’aménagement a démarré en 2004, est ainsi le premier écoquartier dans l’histoire de Paris: 3,8 hectares entre le parc Montsouris et la porte d’Italie avec crèche, maison de retraite, jardin public, maison de quartier, immeubles d’habitation, résidence pour étudiants et chercheurs, bureaux, tout cela dans le respect des normes de haute qualité environnementale. D'ici à 2027, le quartier gagnera encore en attractivité, puisqu’il accueillera le nouveau terminus de la ligne 5 du métro, après son prolongement depuis la place d'Italie.
Mais le quartier de la place de Rungis, ce sont bien sûr les personnes qui le font vivre qui en parlent le mieux: militants et travailleurs associatifs, commerçants, étudiants, anciens de l’Ehpad… Paris.fr se fera l’écho de leurs voix, en parcourant ses lieux de vie les plus remarquables. Promenez-vous au gré de vos envies dans le quartier de Rungis en naviguant au moyen du sommaire sur la gauche de l’écran. De nouvelles rencontres seront ajoutées régulièrement dans les prochaines semaines.

Le jardin partagé Amiral-Mouchez

À la rencontre des locataires de la résidence Amiral-Mouchez à l'angle de la rue du même nom et de la rue des Longues-Raies, à deux pas de la place de Rungis. Des locataires heureux car nouvellement jardiniers de leur parcelle de terre, dans le jardin partagé, aménagé au cœur de leur résidence Paris Habitat.

Lydia, au cœur de la résidence universitaire Joliot-Curie

Si vous êtes déjà passé aux abords de l’éco-ZAC Rungis, vous n'avez pas pu rater cet étrange polygone de métal qui se dresse au cœur du quartier. Ce bloc anguleux un brin futuriste n’est pas un vaisseau en partance, mais la résidence universitaire Joliot-Curie, inaugurée en septembre 2012. L’originalité de l’établissement, c’est avant tout de réserver plus de la moitié de ses 183 logements à des étudiants-chercheurs. Ils peuvent y résider dans des studios d’environ 25m², et quelques deux-pièces de 35 à 40 m² disposant d’équipements de petit électroménager. Selon Adams Osseni, qui gère les lieux pour la société Espacil, la résidence a un taux d’occupation proche des 100%, tant la réputation de l’établissement est excellente, diffusée par le bouche-à-oreille dans la communauté étudiante.
Résidence Joliot-Curie
Olivier B.

Lydia, étudiante-chercheuse

Lydia y occupe un des logements réservés aux chercheurs, où elle peaufine une thèse en chimie théorique qu’elle soutiendra d’ici à la fin de l’année. Elle ne tarit pas d’éloges sur la qualité de vie et le confort de travail qu’offre la structure: après avoir eu son lot de galères pour trouver un logement, la résidence lui semble une oasis inespérée…
La jeune femme a passé son enfance en Algérie, où elle a décroché son bac, puis est venue en France pour y effectuer ses études universitaires. Dès son arrivée, elle a dû se confronter au casse-tête que rencontrent les étudiants non communautaires : impossibilité d’accéder aux logements du CROUS, marché du privé extrêmement tendu… De foyer étudiant en chambre de bonnes, Lydia aura testé presque tous les modes de logement parisiens.

À mon arrivée en France, trouver un logement m’a quasiment fait perdre une année d’études

Lydia
locataire de la résidence Joliot-Curie
C’est en 2012 qu’elle intègre la résidence Joliot-Curie, sur les recommandations d’amis occupant déjà les lieux. Grâce aussi, explique-t-elle, à la souplesse et à la disponibilité de la société gestionnaire. À mi-chemin entre le foyer, où le quotidien est pris en charge dans ses moindres détails, et le logement privé, la structure laisse une grande indépendance aux étudiants, tout en bénéficiant de nombreux services et avantages collectifs: laverie, accès internet, espace détente, salle de travail…
Studio résidence Joliot-Curie
Jean-Baptiste Gurliat/Mairie de Paris

Anatomie de la résidence

À l’image des autres aménagements de la ZAC, la conception de la résidence s’est inscrite dans une démarche de haute qualité environnementale. Par les choix énergétiques effectués, ses performances écologiques sont remarquables: panneaux thermiques sur le toit, récupération des eaux de pluie, haut niveau d’isolation… Elle est en outre construite autour d'un patio végétalisé ouvert sur le ciel, où une végétation descendante est plantée dans des jardinières suspendues.
Patio végétalisé
Olivier B.
Malgré les contraintes économiques du projet, l’ouvrage allie donc esthétique et respect de l’environnement. Mais il a bien sûr été pensé avant tout pour le confort de ses occupants, évitant le syndrome de «ruche» associé aux résidences universitaires. Notamment en apportant un soin particulier aux ambiances des «cellules» comme des espaces communs, ainsi qu’en valorisant la lumière naturelle.
Simple et tranquille. Ce sont les mots qui semblent de fait le mieux résumer la vie à la résidence. La cohabitation entre étudiants gagne ainsi en harmonie dans les étages supérieurs occupés par les chercheurs: des affinités s’y créent naturellement, favorisées par l’appartenance pour beaucoup à des facultés scientifiques alentour. Les locataires s’entraident, échangent conseils et astuces, qu’ils concernent la recherche ou le quotidien étudiant. Pour Lydia, cette solidarité de «voisinage» est précieuse, à plus forte raison lorsque, comme elle, on vit sa dernière année de contrat doctoral, la plus compliquée à gérer. Nul doute que l'environnement de la résidence l'aidera à passer brillamment ce cap!

Courant d’Art Frais: une compagnie qui connaît les ficelles

Marionnette géante
Courant d'Art Frais
Courant d’Art Frais est une compagnie de marionnettes qui voit le jour en 1998. Elle consacre ses trois premières années d'existence à l'expérimentation de la marionnette à gaine, recherche qu’elle concrétise à travers la réalisation de spectacles jeune public (de 3 à 12 ans) avec la complicité des habitants du quartier Kellermann dans le 13e. Programmée dans les festivals, sur des scènes nationales, communales ou privées, la compagnie se produit également dans des espaces qui ne sont pas dédiés au spectacle.
Actuellement, elle proposetrois créations: Les histoires de Pantella, Bizarre, Bizarre et Carton Pattes. Dans chacune de ces pièces, les nombreuses marionnettes forment le cœur d’un univers visuel qui porte à la rêverie et interpelle l’imaginaire des enfants. Dans sa démarche, la compagnie privilégie l’envie de stimuler des questions chez le jeune spectateur, de l’inviter à s’interroger sur son rapport aux autres, au monde et à l’existence.
À partir de 1999, la Compagnie intervient à l’Espace Bièvre, en fait son lieu de création et y engage des actions de médiation artistique et culturelle en direction des habitants du quartier Kellermann. La compagnie propose aux habitants de tous âges de nombreuses activités culturelles: atelier de fabrication de marionnettes géantes, réalisation de spectacles, visite de musées, sorties, spectacles, séjours culturels, actions autour de la mode et du design, rencontres avec des artistes…
Une relation de confiance et d’amitié avec les habitants et les associations s’est ainsi tissée tout au long de ces années.
Marionnette géante
Courant d'Art Frais
Courant d’Art Frais travaille avec différents artistes et associations sur la base d’échange de services, en contrepartie de la mise à disposition du local ou du matériel de construction de Courant d’Art Frais, les associations et artistes se voient tenus de proposer des ateliers et/ou la présentation d’un spectacle pour les habitants du quartier.

Les actions culturelles

La compagnie propose également des stages d’initiation à la marionnette sur table, à la fabrication de marionnettes géantes, des ateliers dans les écoles, et des ateliers d’été qui proposent aux jeunes du 13e arrondissement ne partant pas en vacances de participer à des activités artistiques gratuites.

«Les ateliers dans les écoles»

Depuis 2002, la compagnie anime des ateliers de fabrication et de manipulation de marionnettes dans les écoles élémentaires du quartier. Il s’agit de permettre aux enfants concernés de réaliser leur marionnette et leur décor, de les initier à la manipulation et de les amener à mettre en scène leur personnage à travers une histoire née d’un imaginaire collectif.

«L’atelier de marionnettes géantes»

Depuis seize ans, une quarantaine d’habitants de tous âges, enfants comme adultes, de toutes cultures et de toutes conditions se mobilise chaque mercredi pour fabriquer leurs marionnettes. Cet atelier donne lieu à un défilé de marionnettes géantes dans les rues du quartier. Cette action collective tisse des liens entre les familles, favorise la naissance de nouveaux échanges parents/enfants et valorise le rôle des aînés.

Les actions de découvertes culturelles

Chaque année, Courant d’Art Frais élabore un programme de sorties adressées aux familles en partenariat avec des musées et des théâtres de la région, comme par exemple le musée Guimet, le musée Bourdelle, le Théâtre de la Marionnette à Paris et le Théâtre de la Ville.
Courant d'Art Frais

Hall A - 19, rue de la Fontaine-à-Mulard - 75013 Paris

Tél.: 01 45 81 07 67

www.courantdartfrais.org

Au fil de l'atelier de Marie-Thérèse

Si chaque lundi après-midi, la bonne humeur gagne le centre socioculturel «Maison 13 Solidaire», c’est l’œuvre de Marie-Thérèse Séguier et des fidèles de l’atelier de couture «Du fil et des mots». Elles sont aujourd’hui une dizaine à fréquenter cet atelier gratuit qui s’est établi fraîchement dans le nouveau quartier Rungis.
A 82 ans, Marie-Thérèse, a consacré une belle partie de sa vie à «l’enseignement ménager». Du Gers au 20e arrondissement de Paris, en passant par la banlieue, cette habitante du 13e offre, à deux pas de chez elle, la possibilité à tout habitant du quartier de maîtriser les rudiments de la couture à la machine ou du tricot, grâce à l’atelier Du fil et des mots. Épaulée par Françoise, Loulou, Renée ou sa sœur Bernadette, la formule séduit et le bouche-à-oreille aidant, il y a désormais une liste d’attente.
«On prend en priorité des habitants du 13e et nous sommes ouverts à tout public: étudiants, retraités, personnes sans emploi… Mais il ne s’agit pas de cours classiques, c’est une formule plus souple qui s’adresse à une population qui a des demandes diverses. Il faut s’adapter».

C'est bête d'avoir une machine qui dort dans le placard!

Fatima
une élève de l'atelier Du fil et des mots
Les cours ont lieu dans la nouvelle rue Annie-Girardot, au centre socioculturel Maison 13 Solidaire et certaines personnes arrivent parfois bien chargées. C’est le cas de Fatima, une nouvelle élève, qui apporte sa propre machine. Un cadeau qui n’a jamais servi. Elle a entendu parler de l’atelier par une amie qui vient depuis trois ans et elle souhaite être guidée dans son apprentissage. «Ça peut toujours servir pour les ourlets et puis c’est bête d’avoir une machine qui dort dans le placard».
Pour les nouvelles qu’il faut guider, il y a la patience de Françoise ou les conseils avisés de Loulou, dite «l’experte». Cette ancienne «petite main» qui a travaillé pour les plus grands couturiers conseille et aide les moins expérimentées. Parfois un peu trop, au grand dam de Marie-Thérèse qui surveille qu’elle ne fasse pas tout le travail! À 70 ans, Loulou a toujours le goût des choses bien faites. «Je suis une perfectionniste… mais je regarde aussi. J’aime bien regarder.»
machine à coudre
A l'atelier Du fil et des Mots
Silvi de Almeida / Mairie de Paris
Depuis son arrivée, Caroline, 26 ans, a investi dans une machine à coudre. La benjamine de l'équipe coud chez elle, dessine, fait les patrons et fabrique même ses modèles seule. Son plus beau souvenir? «Le jour où elles m’ont appris à tenir une aiguille».
«On parle de beaucoup de choses ici, j’apporte d’autres problématiques. C’est une autre dynamique. Elles partagent leur savoir-faire et moi j’apporte internet et ses secrets, comme l’existence des forums, des tutoriels couture… Mais on se voit aussi à l’extérieur. On se fait des cadeaux, on coud parfois toutes pour le même objectif. La différence d’âge, je ne la vois pas», souligne-t-elle.
Couture à l'atelier Du fil et des mots
A l'atelier Du fil et des mots
Silvi de Almeida / Mairie de Paris
L’atelier offre de nouvelles perspectives à toutes les personnes. Bernadette, la sœur de Marie-Thérèse, anime la partie tricot et pour elle l’atelier hebdomadaire est un lieu social ou l’on s’entraide. «À la retraite si on sort, on continue de tisser un lien social. Voilà pourquoi il ne faut pas rester chez soi. C’est la retraite professionnelle, pas celle du corps et de l’esprit». «Et on commence bien la semaine, moi ça me donne du peps», s’empresse d'ajouter Renée.
Ensemble, ces femmes ont fait de ce rendez-vous couture du lundi après-midi bien plus qu’un simple atelier d’apprentissage, c’est devenu un lieu de vie qui repousse l’isolement. Pour Marie-Thérèse, qui anime un autre atelier rue de Rungis, il faut multiplier ce genre d’initiatives. Elle qui adore la pétanque pense qu’un terrain serait d’ailleurs idéal à côté du jardin, «pour faciliter les rencontres!»
Atelier de couture, tous les lundis de 14h à 16h30, à la Maison 13 Solidaire. 13, rue Annie-Girardot, 13e. Renseignements au 01 71 19 43 88.

Paris embaume à la Cité florale

À deux pas des tours de Chinatown dans le 13e, nichée entre la place de Rungis et le parc Montsouris, la Cité florale vous donne rendez-vous pour une flânerie parfumée.
Cité florale
Cité Florale – photo : GNU – LPLT
La Cité fut construite en 1928 sur un ancien pré régulièrement inondé par la rivière Bièvre qui coulait juste à côté. Pour cette raison il fut impossible d’y implanter des immeubles considérés alors comme trop lourds, d’où la particularité de ce quartier intégralement urbanisé avec de ravissantes petites maisons. Pour l’anecdote, ces anciens prés inondés par la Bièvre étaient complètement gelés en hiver. Du coup, les habitants récoltaient la glace pour la vendre dans les quartiers huppés. D’où le nom du quartier «Glacière», et de la station de métro !
Préservé des constructions modernes, ce petit coin de paradis s’ordonne autour d’une place qui dessert de jolies villas en briques aux murs colorés, ornés de glycine ou de vigne vierge, et où balcons fleuris rivalisent avec plantes en pot.
Chacune de ces maisons de poupée possède son propre jardin, les rues sont pavées, possèdent des arbres et portent des noms de fleurs.
Voilà un de ces coins dépaysants dans lequel il fait bon de venir lorsque le paysage bétonné parisien commence à vous peser. Laissez-vous aller à ce ravissant spectacle en vous promenant au gré des rues aux noms enchanteurs tels que glycines, volubilis, orchidées ou liserons… Là-bas, c’est tout un quartier qui fleurit.
Cité florale

Accessible depuis la rue Brillat-Savarin ou par la rue Auguste-Lançon - 75013 Paris
Métro : Maison Blanche, Tolbiac ou RER Cité Universitaire

Le nouvel écoquartier «Gare de Rungis»

Historique

Les vastes installations de la gare de Rungis ont longtemps accueilli des wagons de marchandises dont les colis étaient repris par les célèbres camions bleus de la Sceta (Société de contrôle et d'exploitation des transports auxiliaires) et les curieux tracteurs à un essieu et une seule roue directrice centrale tirant une remorque ; ces véhicules allaient ensuite faire «la distribution» dans les environs. Une scène du film Le Train (Pierre Granier-Deferre, 1972) a d’ailleurs été tournée dans cette gare.
Situé au sud-ouest du 13e arrondissement, le quartier de la Gare de Rungis était composé de friches industrielles et ferroviaires en bordure de la Petite Ceinture.
Tout cet ensemble a été récemment transformé de fond en comble (immeubles, centre de loisirs, écoles…).
Gare de Rugis avant, après
Gare de Rugis avant, après
Christine Baué / Direction de l'Urbanisme de la Ville de Paris et © Jacques Leroy / Mairie de Paris
Sur un terrain désaffecté de près de quatre hectares, la Ville de Paris réalise un nouveau quartier dans le respect des principes du développement durable.

Le souci d’allier l’écologie, l’architecture contemporaine et les déclivités de ce site plein d’attraits…

Bruno Fortier
architecte coordinateur de l'opération
L’ambition de la Ville a été la réalisation d’un quartier compact accroché sur la pente naturelle reconstituée. Le quartier se développe dans un mouvement d’ensemble de liaisons et de parcours autour d’un jardin public de 5.000 m² environ placé au centre de la composition. La perméabilité visuelle entre les espaces publics et privés, est rendue possible par une volumétrie du bâti variée qui alterne les volumes hauts, les volumes bas, les terrasses et les balcons.
Désenclaver l'espace de la Gare de Rungis, relier les quartiers riverains, faciliter l'accès aux transports en commun, autant de défis relevés avec succès. Des rues traversantes, principalement piétonnes, relient le quartier nord de la Gare de Rungis aux quartiers sud, le long du boulevard Kellermann où circule le tramway T3. Les espaces publics participent activement aux liaisons transversales du quartier, en composant avec les dénivelés.

Réalisations

Les premiers immeubles -la résidence pour étudiants-chercheurs et l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes- ont été livrés en 2012, la crèche en 2013, l'immeuble de bureaux, les logements familiaux et le centre social en 2014. C'est avec l'ouverture du jardin en février 2015 que se termine l'aménagement de ce premier écoquartier parisien.

Naviguez dans notre carte interactive en utilisant les flèches à gauche et à droite de l'animation ci-dessous pour découvrir en détails les équipements qui composent ce quartier.

Le chant pour apaiser les malades d’Alzheimer

Pôle d'activités et de soins adaptés  de l'Ehpad Annie Girardot
Pôle d'activités et de soins adaptés de l'Ehpad Annie Girardot
François Grunberg/Mairie de Paris
«Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux?» Au rez-de-chaussée de l’Ehpad (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) Annie Girardot, une dizaine d’hommes et de femmes chantent cet air célèbre du répertoire français, avant d’entonner des chansons de Piaf, Trenet ou de Luis Mariano. Derrière eux, ils peuvent apercevoir le jardin Charles-Trenet, installé au cœur du quartier de la Gare de Rungis (13e).

Le chant aide au maintien des fonctions cognitives en favorisant le lien social

Anne Cozler
Responsable du Pasa
Tous participent au pôle d’activités et de soins adaptés (Pasa), un lieu d’accueil pour les résidents souffrant de la maladie d’Alzheimer ou de troubles apparentés. «Notre but principal est de les apaiser, explique Anne Cozler, la responsable du Pasa. Pour certains, le fait de sortir dans un univers inconnu peut être très angoissant».

Une ambiance sécurisante

Les trois professionnels du Pasa cherchent donc à créer une ambiance sécurisante et familière pour la quinzaine de personnes concernées. Chaque pièce est ainsi équipée d’une horloge afin de leur fournir un repère temporel. Des petits panneaux rappellent également la date, la saison et la météo du jour. Le chant a des effets bénéfiques: «Ils chantent des airs qu’ils ont connu dans leur passé, précise Anne Cozler. Cela aide au maintien des fonctions cognitives en favorisant le lien social».
Outre le chant, de nombreuses activités sont organisées tout au long de la semaine : gymnastique douce, dessin, pâtisserie, agilité… Et une revue de presse pour démarrer la journée et aider les personnes âgées à se situer dans le temps.
Ehpad Annie Girardot (CASVP)
6-12, rue Annie Girardot
75013 Paris
Bus
57, arrêt Abbé-Georges-Hénocque ou Poterne des Peupliers 67 : arrêt Rungis
Métro
Ligne 7, Maison Blanche,
Velib
Station 13025, face 35 rue de la fontaine a mulard Station 13109, 16 rue brillat savarin Station 13028, 12 rue gouthiere
Tramway
ligne 3, arrêt Poterne des Peupliers ou stade Charléty

Abraham, au pied du premier immeuble de la place

La brasserie le Dôme de Rungis
Abraham
Johana sabroux
Silhouette fatiguée mais sourire au coin des yeux, Abraham vous accueille dans sa brasserie le Dôme de Rungis. Il tient cet établissement depuis plus de dix an, alors il en a vu des changements dans le quartier!
Le restaurant a été refait il y un an, plus moderne, les éclairages aux néons bleu et rose apportent une touche eighties qui tranche avec l’environnement extérieur. Les habitués sont là, au comptoir, commandent un café, papotent, prennent des nouvelles des uns et des autres. Le service est terminé mais qu’à cela ne tienne, quatre personnes s’apprêtent à casser la croûte en terrasse.
Abraham n’est pas avare de mots quand il s’agit de son quartier et de son affaire, fier de tenir un établissement dans le premier immeuble construit place de Rungis. Il fonce d’ailleurs dans l’arrière-boutique et revient avec un trésor, une photo d’époque en noir et blanc qui atteste ses propos. On y voit un immeuble qui se dresse au milieu de nulle part, le sien. Il aimerait agrandir sa terrasse avec de beaux et imposants pots de fleurs, seul moyen de la délimiter et la protéger à la fois, «La Mairie me les a promis, je m’occuperai moi-même des plantes, hein, je demande rien.» Alors tant pis s’ils ne sont pas arrivés au début de l’été, tant qu’ils sont là pour la prochaine saison estivale…
Le premier immeuble de la Place de Rungis, où se trouve l'actuel Dôme de Rungis
1er immeuble place de rungis
Le premier écoquartier parisien relie la place de Rungis au boulevard Kellermann, et Abraham a aussi son avis là-dessus. Il est d’ailleurs juste en face du jardin Charles- Trenet, un bel espace vert accessible à tous avec aires de jeux et jardin partagé, dernière pierre apportée au projet. Il pense que ça a dû coûter «beaucoup d’argent, trop peut-être». On lui répond qu’en plus du jardin et grâce à la réalisation de bâtiments tels qu’une crèche, un Ehpad, des bureaux, un centre d'animation, le quartier réunit les éléments propices au développement du lien social et intergénérationnel. Et que la circulation est privilégiée avec la réalisation de rues pavées. Il a un temps d’arrêt, acquiesce, puis ajoute «j’aurais quand même préféré un centre commercial, ça m’aurait ramené plus de clientèle!». Car pas évident de faire tourner une affaire, même avec des habitués. D’ailleurs chez Abraham, on travaille en famille, question de plaisir mais aussi de nécessité «sinon on s’en sort pas». On laisse Abraham derrière son comptoir, avec femme et enfants, et en guise d’au revoir il se fend d’un «si jamais vous pouvez faire quelque chose pour mes pots de fleurs…».

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