Négationnisme : jusqu’où va la liberté d’expression ? | Recherche
Mise à jour le 24/09/2026
Peut-on sanctionner la négation de la Shoah ou d’autres crimes contre l’humanité sans porter une atteinte injustifiée à la liberté d’expression ? Cette recherche compare les réponses apportées par plusieurs systèmes juridiques afin de comprendre où et comment leurs limites sont fixées.
Infos clés
Dispositif : Bourses de recherche sur la xénophobie et l'antisémitisme
Chercheur-se : Thomas HOCHMANN
Établissement : Université Paris 1 Panthéon - Sorbonne
Statut : thèse soutenue (2011)
Discipline : droit public
Présentation
La liberté d’expression constitue un droit fondamental, mais son exercice peut être encadré par la loi. Les propos négationnistes posent à cet égard une question particulière : dans quelles circonstances un État peut-il les sanctionner ?
Cette recherche compare les règles appliquées en France, en Allemagne et aux États-Unis, ainsi que la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme.
L’objectif n’est pas de défendre ou de contester l’interdiction du négationnisme, mais de comprendre précisément les principes juridiques qui permettent de restreindre certains propos et la manière dont ces restrictions sont inscrites dans la loi.
La recherche porte principalement sur la négation de la Shoah, tout en abordant d’autres cas, notamment la négation du génocide des Arméniens, ainsi que plus largement le traitement juridique des propos racistes et des discours de haine.
Méthodologie
La recherche repose sur une comparaison des règles de droit et de la jurisprudence relatives à la liberté d’expression et au négationnisme en France, en Allemagne, aux États-Unis et à l’échelle européenne. Cette approche permet d’étudier les différentes conditions dans lesquelles des propos négationnistes peuvent être sanctionnés et de comparer les limites apportées à la liberté d’expression selon les systèmes juridiques.
Résultats
La comparaison remet en question plusieurs idées courantes sur la manière dont le négationnisme et la liberté d’expression sont traités par le droit.
Les lois spécifiquement consacrées au négationnisme ont ainsi un champ d’application plus large qu’on ne le suppose souvent. À l’inverse, les différents systèmes étudiés ne garantissent pas la liberté d’expression de manière aussi absolue qu’on pourrait le penser.
La recherche montre surtout qu’il n’existe pas une opposition simple entre, d’un côté, la liberté d’expression et, de l’autre, l’interdiction du négationnisme. La possibilité de sanctionner certains propos dépend de plusieurs conditions juridiques, notamment des conséquences dommageables qui leur sont attribuées.
La comparaison permet ainsi de mieux comprendre les différents équilibres établis par le droit entre protection de la liberté d’expression et lutte contre certains discours de haine.
Apports pour la Ville
Cette recherche contribue à mieux comprendre les outils juridiques mobilisés dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, ainsi que les conditions dans lesquelles ils peuvent être conciliés avec la protection de la liberté d’expression.
La thèse a reçu en 2012 le prix René Cassin de l’Institut international des droits de l’homme et a été publiée aux éditions Pedone. Les travaux de Thomas Hochmann se sont depuis poursuivis dans le domaine du droit public et de la liberté d’expression.
Partenaires
La recherche doctorale a également bénéficié du soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et du DAAD (Office allemand d’échanges universitaires).
Pour aller plus loin
Les Bourses de recherche sur la xénophobie et l’antisémitisme
Cette recherche a bénéficié du soutien de la Ville de Paris dans le cadre des Bourses de recherche sur la xénophobie et l’antisémitisme, qui encouragent les jeunes chercheuses et chercheurs à mieux comprendre ces phénomènes, leurs formes et leurs évolutions.
À travers ce dispositif, la Ville de Paris soutient la production et la diffusion de connaissances afin de contribuer à la lutte contre le racisme, la xénophobie et l’antisémitisme et d’éclairer les politiques publiques.
En savoir plus sur les Bourses de recherche sur la xénophobie et l’antisémitisme
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