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Actualité

Libraires, disquaires et cinémas se réinventent face à la crise

Mise à jour le 21/10/2020
Lors du conseil de Paris d’octobre, plusieurs subventions de la Ville ont été votées pour soutenir les professionnels touchés par la crise sanitaire, notamment les commerces culturels. Témoignage d'Hervé, de David et de Vincent, patrons d'une librairie, d'un cinéma et d'un disquaire.

Soutien aux libraires

315 000 euros de subventions d’investissement ont été attribués à 40 commerces culturels dans le cadre de l’appel à projets « Soutien aux commerces de librairies ».

« Nous nous battons comme des lions »

Hervé Béligné, La toute petite librairie, 2, rue Etienne-Marey (20e)
La Toute Petite Librairie 2 Rue Etienne Marey, 75020 Paris
La toute petite librairie, 2 rue Etienne-Marey (20e)
La Toute Petite Librairie
« Nous sommes vraiment sur le fil. Il ne faut pas que cela bouge ! Lors du déconfinement, nous avons eu un pic de fréquentation. Les lecteurs étaient là. Mais c’est un peu retombé en juin et nous sommes revenus à une certaine normalité. Aujourd’hui, nous sommes confiants mais tendus. Une librairie peut faire 75 % de son chiffre d'affaire en fin d’année, avec l’hiver et les fêtes. Nous avons donc énormément travaillé pour préparer cette période. Et malgré le couvre-feu, nous espérons que les clients passeront toujours, après leur travail.

Nous sommes prêts à être inventifs pour imaginer de nouvelles façons de vendre.

Hervé Béligné
La toute petite librairie (20e)
Comme nous avons reçu une aide d’investissement de la Ville, nous allons l’utiliser pour aménager un nouvel espace d’accueil et de conseils pour la clientèle. C’est quelque chose dont nous pourrons profiter dans la durée. Nous sommes aussi aidés par notre implantation car il y a ici une vraie vie de quartier. Nous faisons tout pour proposer des sélections qui puissent leur plaire. Nous respectons tout le protocole sanitaire pour que les clients se sentent en sécurité.
Avec Edouard et Hélène (photo en une), nous avons ouvert il y a deux ans et sommes presque parvenus à un équilibre que nous devons préserver. Alors nous nous battons comme des lions et restons confiants. Et nous sommes prêts à être inventifs pour imaginer de nouvelles façons de vendre afin de pouvoir continuer. »

Soutien aux salles de cinéma

438 000 euros de subventions de fonctionnement ont été votées au titre du plan de soutien aux acteurs culturels, pour les 35 cinémas indépendants de la capitale. Le montant est fixé de 5 000 à 40 000 euros maximum pour chacun de ces cinémas dans tout Paris. 150 000 euros de subventions d’investissement auprès de 10 établissements cinématographiques parisiens ont été également décidées.

« C'est une longue bataille et il va falloir tenir »

David Henochsberg du groupe Étoile Cinémas, propriétaire du Balzac, 1 rue Blazac (8e)
cinéma
Le cinéma le Balzac (8e)
François Grunberg / Ville de Paris
« Les cinémas ne vont pas bien. Nous sommes lancés dans une longue bataille, et il va falloir tenir. Au Balzac, les directeurs successifs ont su créer un vrai lien avec les spectateurs. Nous avons vraiment des fidèles de la salle, alors ils continuent à venir. Nous avons un protocole sanitaire très strict et cela leur inspire confiance. Mais la fréquentation générale est un peu moindre.

Avec le couvre-feu, on a adapté nos séances : une en plus en matinée et la dernière qui se termine à 20h30.

David Henochsberg
PDG chez Etoile Cinémas
Le souci principal est que, si le public continue à aller au cinéma, l’offre de films est faible. Il ne faudrait pas qu’elle s’affaiblisse encore. Beaucoup de distributeurs hésitent à sortir leurs films et les reportent. Même si le cinéma est un secteur très soutenu par la Ville, la Région et le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée), cela risque d’être compliqué dans la durée, compliqué de revenir à notre équilibre d’avant.
L’aide de la Ville est une aide de fonctionnement, donc cela permet de payer le personnel et les loyers. Cela met du beurre dans les épinards, c’est certain ! Nous travaillons beaucoup pour trouver l’équilibre entre le nombre d’entrée, le bon nombre de séances et le nombre de personnels. Avec le couvre-feu, on a adapté nos séances, une en plus en matinée et la dernière qui se termine à 20h30. Tant que nous pourrons ouvrir et proposer des films, nous serons là ! »

Soutien à la diversité culturelle

135 000 euros de subventions d’investissement ont été attribuées à 14 commerces (bouquinistes, librairies et disquaires) dans le cadre de l’appel à projets « Diversité des commerces culturels ».

« Tout un pan de la musique actuelle ne peut plus s'exprimer »

Vincent Privat, disquaire chez Dizonord, 9, rue André-Messager (18e)
Disquaire Dizonord, 9 rue André Messager, 75018 Paris
Disquaire Dizonord, 9, rue André-Messager (18e)
Dizonord
« Les chiffres ont bien baissé ! Nous somme à 50 % de fréquentation en moins depuis le début du déconfinement. Nous défendons les musiques actuelles, notamment la musique électronique en club, et avec tout ce qui se passe, celle-ci prend un grand coup. Nous ne proposons plus des animations avec des DJ qui mixaient dans les bars ou des artistes dans les grands salles. Notre clientèle, essentiellement issue du milieu de l'événementiel, est totalement démunie. Et nous avec ! Avec le couvre-feu, notre communauté qui se donnait rendez-vous chez nous avant de sortir et en profitait pour acheter des disques ne le fera plus.

Même si nous avons une super communauté qui nous soutient à fond, cela ne fait malheureusement pas tout.

Vincent Privat
disquaire chez Dizonord
Pendant le confinement, nous avions beaucoup développé notre site internet pour vendre à l'étranger et en province. Via le site, nous avons des demandes. Alors nous voulons profiter de la subvention de la Ville pour refaire tout notre mobilier de stockage. Il sera spécialement conçu pour les vinyles et cela nous permettra de mieux nous organiser, de mieux référencer et donc de mieux vendre. Nous avons un catalogue de 7500 références. nous voulons pousser jusqu'à 15000 pour avoir une vraie offre internet. Mais pour la boutique, je suis plutôt inquiet. Même si nous avons une super communauté qui nous soutient à fond, cela ne fait malheureusement pas tout. »

Les autres aides décidées en octobre

Trois ou six mois d’exonérations des loyers et des charges, dans le cadre d’avenants aux contrats immobiliers, ont été décidés par la Ville pour ses locataires. Paris dispose de biens immobiliers diversifiés occupés par différents professionnels, comme des associations ayant des activités répondant à l’intérêt général (crèches, centres sociaux, associations culturelles de quartier).
Une subvention a aussi été votée pour la Semaest, qui gère un parc immobilier dans le cadre de contrats confiées par la Ville et qui a exonéré les loyers de ses commerces, services de proximité de petite taille ou artisans, pour des durées de 3 à 6 mois.
« Relancer mon entreprise autrement »
La Ville de Paris a lancé l'appel à projets « Relancer mon entreprise autrement » à destination des entrepreneurs qui souhaitent effectuer différents types de travaux dans le cadre de la crise sanitaire et de la transition écologique. Six millions d’euros seront ainsi débloqués pour accompagner les entrepreneurs, commerçants, artisans, professions libérales, structures de l’ESS. L'appel à projets est ouvert jusqu'au 13 novembre.

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