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Le Mur des noms : une mémoire vivante des victimes de la Shoah

Mise à jour le 23/01/2020
Le Mur des noms est composé d’un ensemble de trois murs en pierre où sont gravées les identités et années de naissance des 76 000 juifs, dont 11 400 enfants, déportés de France par les nazis avec la collaboration du gouvernement de Vichy. Sa rénovation complète a notamment permis de procéder à 4500 modifications orthographiques et de rajouter 226 noms manquants. Explications de Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah (4e).
Trois murs de pierres de Jérusalem marquent l'entrée du Mémorial de la Shoah (4e). Cette structure monumentale, où sont gravés les noms et années de naissance des 76 000 juifs déportés de France pendant la Seconde Guerre mondiale, a été totalement rénovée. Le monument est inauguré ce 27 janvier par le président de la République, en présence de la maire de Paris. Cette date marque également le 75e anniversaire de la Libération d'Auschwitz. Cette rénovation a notamment été rendue possible grâce à une campagne de dons inédite de financement participatif.

Entretien avec Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah

Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah
Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah
F. Grunberg/Mairie de Paris

Comment est né le Mur des noms ?

Le Mur et le Mémorial ont été inaugurés le 25 janvier 2005 par Jacques Chirac et Simone Veil. L’idée du Mur est de prolonger le lieu de mémoire que le Mémorial représente depuis sa création. Nous avions décidé d'y faire figurer tous les noms des personnes juives déportées depuis la France et de les remettre dans la lumière pour expliquer que, derrière un génocide, il y a des individus.
Un travail de mémoire initié dès 1943
Le Mémorial de la Shoah trouve son origine pendant la guerre, avec la création dans la clandestinité en 1943 d’un fonds d’archives visant à rassembler les preuves de la persécution des juifs par Isaac Schneersohn, un rabbin, industriel et archiviste juif russe. En savoir plus sur l'histoire du Mémorial

Quelles ont été les différentes étapes de sa rénovation ?

Depuis le jour de l’inauguration en 2005, nous avons collecté les différentes erreurs et les demandes de modifications faites par les familles. Les noms collectés viennent principalement des fichiers de la Gestapo, or nous savions que d’autres personnes avaient été déportées, par exemple sous leur nom d’emprunt, qu’il y avait des erreurs d’orthographe… Il fallait les réparer pour rendre au monument toute sa dignité. Cela représente 4500 modifications et l'ajout de 226 noms manquants.

Derrière une statistique, il y a des individus, des parents, des grands parents et 11400 enfants déportés de France.

Jacques Fredj
directeur du Mémorial de la Shoah
Depuis deux ans, nous avons intensifié les recherches auprès des familles. Le travail en atelier a démarré dès janvier 2019 où toutes les plaques ont été gravées. Le 3 mai 2019, le Mur a été fermé au public, puis le chantier a duré près de neuf mois. Il fallait refaire l’ensemble de la structure pour intégrer toutes ces corrections. On a aussi augmenté la taille de la typographie pour une meilleure lecture des noms, travaillé une nouvelle mise en lumière, amélioré le système d’écoulement d’eau de pluie pour éviter une détérioration trop rapide du monument.

Quelle est son importance pour la mémoire de la Shoah ?

Le Mur n’est pas qu’une pierre tombale. À travers les noms, c’est une histoire personnelle et familiale que l’on conserve et l’identité des personnes déportées et assassinées. C’est le seul monument en France qui vous permet, en un seul regard, de comprendre l’ampleur d’un génocide. Derrière une statistique, il y a des individus, des parents, des grands-parents et 11400 enfants déportés de France.

A l’extérieur du Mémorial, le Mur des justes porte les noms de plus de 3 900 hommes et femmes qui ont contribué au sauvetage de juifs en France pendant la Seconde Guerre mondiale. En 2020, quelle est son importance ?

Mur des Justes
Le Mur des Justes se situe sur le mur extérieur du Mémorial de la Shoah.
François Grunberg/Ville de Paris
Sur un plan historique, le Mur des Justes représente le second volet du Mémorial. Le premier est la mémoire d’un antisémitisme très fort, le second est le sauvetage de 75% des juifs de France pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est un hommage indispensable à tous ceux qui se sont levés pour sauver une ou plusieurs personnes. C’est aussi un bel exemple d’engagement et une belle leçon de vie. Je pense d’ailleurs qu’ils sont plus nombreux que ceux recensés sur le Mur des Justes.
Un cycle d'expositions
La réouverture du Mur des noms s’accompagne de plusieurs expositions. Découvrez dès le 26 janvier prochain "La voix des témoins" ainsi qu'une autre sur "Les déportés juifs de France rescapés de la Shoah". Sans oublier au Mémorial de la Shoah de Drancy (Seine-Saint-Denis), l'exposition intitulée "De la découverte des camps au retour des déportés". Plus d'informations ici

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