L’œuvre de Keith Haring retrouve Saint-Eustache
Mise à jour le 22/06/2026
Après plusieurs mois de restauration, la chapelle Saint-Vincent-de-Paul de l’église Saint-Eustache retrouve « La Vie du Christ ». Le célèbre triptyque de Keith Haring avait provisoirement quitté la paroisse des Halles le temps des travaux.
Dans la chapelle Saint-Vincent-de-Paul de l’église Saint-Eustache (Paris Centre), des œuvres anciennes dialoguent avec la création contemporaine : le triptyque en bronze La Vie du Christ, de l’Américain Keith Haring, est installé sous des peintures murales datant de 1634.
L’œuvre en bronze, recouverte d’or blanc, s’organise autour du Christ enfant, rayonnant, sous un cœur surmonté de la croix de la crucifixion, symboles d’amour, de souffrance et de rédemption. Plutôt que de laisser La Vie du Christ dans les réserves au moment des travaux, il a été décidé de la prêter au musée Dobrée, à Nantes (Loire-Atlantique), où la sculpture a été présentée dans le cadre de l’exposition « À cœur ouvert », du 17 octobre 2025 au 1er mars 2026.
Le triptyque est désormais de retour à Saint-Eustache, là où il a toujours eu sa place, à côté de Tintoret et Rubens.
Une œuvre comme un testament
C'est selon la volonté de l’artiste lui-même – figure du street art –, qui aurait souhaité offrir une œuvre à la ville qu’il aimait, que Saint-Eustache, sur proposition de la Ville de Paris, a reçu La Vie du Christ, message d’espoir, et sans doute aussi un hommage personnel à toutes les victimes du sida, dont il faisait partie. Keith Haring est en effet décédé le 16 février 1990 des suites de la maladie, à l’âge de 31 ans. Il avait achevé La Vie du Christ deux semaines avant.
À l’époque de l’épidémie en France, Saint-Eustache avait notamment refusé d’exclure les victimes du virus, accueillant patients, familles et proches quand d’autres portes leur étaient fermées. L’église était devenue un lieu de parole et de rassemblement pour tous ceux que la maladie touchait.
Une chapelle restaurée au cœur d’un monument historique
Construite il y a plus de huit-cents ans, Saint-Eustache a bénéficié à la Renaissance d’une ornementation renouvelée que l’on retrouve aujourd’hui dans ses vitraux, ses peintures murales et ses motifs en cœurs disséminés dans tout l’édifice.
C’est dans ce cadre exceptionnel que la chapelle Saint-Vincent-de-Paul a fait l’objet d’une campagne de restauration globale de plusieurs mois. Les travaux ont été conduits par Ariel Bertrand et son équipe, sous la supervision de la Ville de Paris, et financés par le World Monuments Fund , l’une des principales organisations non gouvernementales internationale de sauvegarde du patrimoine.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le WMF s’engage à Saint-Eustache : la chapelle Saint-Joseph avait déjà bénéficié de son soutien, pour une restauration achevée en 2023.
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